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Et de tes berceuses …

Et de tes berceuses
Photographer: Marc Brosius Model is JenovaxLilith on DeviantArt Avec la permission de JenovaxLilith. https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/lullabies-822301072

Et de tes berceuses …

 

Dans la noirceur de ma chambre,

Peinte à la couleur d’ambre,

Je me suis mise à danser,

Pour me réconforter.

 

De ces nouvelles d’hier,

De mes craintes imaginaires,

De ces rumeurs face à la guerre,

Où était parti depuis longtemps mon père.

 

Doucement sur la pointe des pieds,

Vers mon vieux tourne-disque je suis allé,

Pour y faire jouer quelques chansons de mon enfance,

Afin que je puisse me sortir de ma douleur et de ma démence.

 

Dès les premières notes entendues,

Bien lentement, avec délice, je me suis détendue.

Sans aucune retenue et sans gêne, je me suis dévêtue.

Avec un étourdissement libérateur, je me suis retrouvée nue.

 

Sois courageuse ma fille !

Mon tendre père me répétait-il.

Je reviendrai solennellement je te le promets,

Mais, voilà qu’en dépit de tout et malgré lui, le mal est fait.

 

Jamais plus je ne sentirais ses vigoureux bras,

Me serrer délicatement quand j’en ressentais le besoin,

Lui seul savait me consoler et me traiter aux petits soins,

Depuis qu’une balle ennemie l’a tué, je sais qu’il ne reviendra pas.

 

Pour toi papa cette danse je ferai,

Pour toi papa une dernière fois je sourirai,

En revoyant les beaux souvenirs que tu m’as laissés,

En revoyant tous ces beaux pays que nous avons visités.

 

De tes leçons de vie, je m’en souviendrai.

De tes aventures que tu me racontas pour m’endormir.

Je les raconterai à mes enfants comme mes plus beaux souvenirs,

Et de tes berceuses que tu me chantas, avec grande tristesse, je fredonnerai.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Aqueuse éclipse

Aqueuse éclipse
Photographer: Matt McGee Model is JenovaxLilith on DeviantArt Avec la permission de JenovaxLilith. https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/watery-eclipse-815356271

Aqueuse éclipse

 

Devant l’inévitable situation,

J’ai accepté librement de prendre cette décision,

Un décret pris en toute bonne foi et avec toute ma raison,

Devant une telle réalité, j’ai jugé bon d’aller vers d’autres horizons.

 

Car voyez-vous, je n’en pouvais plus de cette souffrance.

Qui grugea mes espoirs, mes rêves depuis ma lointaine enfance.

Qui envenima la moindre parcelle de ce qui devait être mon adolescence,

Cherchant dans les substances illicites un semblant d’une douce romance.

 

Une douce chanson qui allait penser mes blessures,

Une balade d’amour qui allait soigner mes nombreuses meurtrissures,

Dans les bras de purs inconnus, je m’y suis précipitée souhaitant être aimée.

Dans leurs lits l’instant d’une nuit, je m’y suis blottie espérant y être protégée.

 

Être enfin défendue de tout ces démons,

En être enfin libérée maintenant et pour de bon.

Réponds-moi : Qu’ai-je fait pour mériter ce qui m’était arrivé?

Réponds-moi : Pourquoi de mon innocence et de mon corps as-tu joué?

 

Tu étais pourtant là pour me consoler et voir à mes besoins,

Tu devais me traiter comme une reine et de moi prendre grand soin,

Quelle atroce douleur j’ai ressenti quand tu osas franchir cette voie interdite,

Tu ignoras tant mes cris que mes pleurs en cette journée si terrible et si maudite.

 

Maintenant de cette douleur qui pénétra ma chair.

Et avec laquelle tu me précipitas jusqu’en enfer à la vitesse de l’éclair,

Je vais pour toujours et à jamais du haut de cette falaise de ce pays m’en défaire,

Dans cette eau noire comme la plus sombre des nuits, je plongerai libre comme l’air.

 

Une poussée vers l’avant, voilà qui est fait.

Sentant tout autour de mon corps un vent frais,

Glissant dans le tourbillon effréné de mes pensées,

Dans cette eau ressemblant à un puits sans fond bientôt j’y serai.

 

Me sentant couler avec ma robe blanche pour linceul,

Je n’éprouvai point de crainte ni de peur même si j’étais seule,

Mon corps lentement s’enfonça et de mes bras je forma une ellipse,

Par une sérénité jamais connue de ma vie, j’ai disparu telle un aqueuse éclipse.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Obéissance

Obéissance
Superbe photo réalisée par James Fraser Voir son site sur https://www.deviantart.com/mtl3

Obéissance

 

C’est le temps,

Prépare-toi, mon Rolland.

Vas-y ! Enlève tous tes vêtements.

De cette séance tu t’en souviendras longtemps.

 

Ce soir, je vais t’apprendre à m’obéir.

Je t’enseignerai comment réellement souffrir,

Et t’entendre crier de douleur, j’en prendrai plaisir.

Ce gibet, pour toi je l’ai construit avec un grand sourire.

 

Maintenant que tu es nu et à ma merci,

Installe-toi confortablement sur la table, je t’en prie.

Laisse-moi t’installer les chaînes aux extrémités de ton corps,

Des chaînes faites sur mesure car ton physique vaut son pesant d’or.

 

Garde-toi de me supplier de m’arrêter,

Savoure mes coups de fouet jusqu’au dernier.

Apprécie chacun de mes coups de griffes sur ta douce peau,

Sais-tu quoi? Chaque fois que tu cries de douleur, je te trouve si beau.

 

Je te caresserai avec mon gant d’écrin les fesses,

Alors que devant le miroir tu ne verras qu’un esclave et sa maîtresse.

Ta propriétaire tant adorée mais que tu crains par-dessus tout,

De son corps un jour tu pourras en jouir car je sais comme tu en es fou.

 

Mais avant d’en arriver là,

Sois rassuré que je te mettrai aux pas.

Tu devras me concéder sur toi droit de vie et de mort,

Alors, mon chéri, un conseil : serre bien entre les dents, ton mors.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

Tiens-moi bien !

Tiens-moi bien
DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Tiens-moi bien !

 

Maintenant, c’est bien décidé.
À toi, je vais avec liberté entière me donner.
Je serai ton jouet avec lequel entre tes mains tu pourras jouer,
Mais vas-y doucement car être soumise je n’y suis point habituée.

 

Dans ta chambre de torture, je vais y entrer.
Tout contre le mur, nue et soumise, je vais m’y coller.
Je te laisserai installer sur mon corps cordes et lacets acérés,
Afin de ressentir chaque coup que tu me donneras avec générosité.

 

Dans cette chambre à la couleur d’ébène,
Tu verras, ô maître adoré, le sang couler dans mes veines.
Tu prendras plaisir à entendre mes gémissements de douleur,
Tu verras dans mes yeux tant mes craintes, mes pleurs et mes peurs.

 

Dans cette chambre, je m’installerai là où tu le souhaiteras.
Dans cette chambre, tu me feras tout ce que bon te semblera.
Dans cette chambre, je serai celle que tu as sans cesse désirée.
Dans cette chambre, par amour pour toi, je me laisserai écarteler.

 

Mais, avant de m’enfoncer dans cette mystérieuse pièce,
Puis-je t’implorer comme le ferait une esclave bien soumise?
Te le demander ainsi? J’avoue que longtemps j’en était indécise.
Par ce collier que tu m’as mis et par ta main, je veux entrer en liesse.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Ça me blesse

a me blesse
Photo par G.B. d’Allemagne Instagram gb62da et DeviantArt https://www.deviantart.com/gb62da

Ça me blesse

 

Qui a dit que les mots sont sans importance ?
Croyez-moi ! Ils peuvent tuer aussi bien qu’une corde de potence.
Je buvais ses paroles trompeuses comme l’on boit à la claire fontaine,
Moi qui lui offrais mon corps sans broncher à chaque nuit pour faire ma vilaine.

 

Que de gestes d’amour pur, je lui ai donnés.
Que de baisers sur le long de son corps je lui ai prodigués,
Que de ses fantasmes dont j’en ignorais même l’existence j’ai réalisés,
Toujours souriante, toujours belle, toujours prête tel qu’il me l’a demandée.

 

Ne me doutant point ce qui allait arriver en cet instant en cette nuit,
J’ai voulu lui faire une grande surprise qu’il s’en souviendrait toute la vie,
Arrivée dans son appartement, j’y ai trouvé une missive écrite par une étrangère,
Quelques feuilles parfumées et griffonnées à la main dont la teneur je n’en savais guère.

 

Quelques phrases à la main de jeune femme si bien composées,
Que de ma simple compréhension, je pouvais certainement pas en douter,
Des mots sensuels tournés en phrases sans équivoque pour la femme que je suis,
Des tournures de phrases que j’aurais pu faire tellement mon coeur comme le sien fut épris.

 

Coeur si épris mais comme on lui avait menti,
Mensonge, cruauté, hypocrisie sans omettre l’envie.
L’envie de tout quitter, de tout abandonner pour en finir,
Pour en finir avec cette douleur, cette torpeur qui m’a envahie.

 

Oui, cette lettre m’a blessée, presque tuée.
Alors que je lui avais donné mon attention sans compter,
Sans rien demander en retour si ce n’est qu’être entièrement blanc,
Mais ces phrases imprimées à l’eau de rose a enlevé en moi mon amour assurément.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada