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Les lutteuses

Les lutteuses Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Appetitive-Soul Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/10468135-518190761617489-548748301322142751-O-923684337

Les lutteuses

 

Je vous confie un secret.

Hier soir, je suis allé en un lieu.

Où l’on y jouait à de sombres jeux.

Un endroit comme jamais je n’imaginais.

 

De pauvres bougres fatigués de la vie,

S’y trouvèrent seuls ou accompagnés.

Par leurs semblables de cette terre de damnés.

Cherchant ici et là à satisfaire leurs obscures envies.

 

Des diseuses de bonne aventure aux allures peu fiables,

Lisèrent les lignes de la main de dames esseulées.

En glissant, dans les sacoches usées par le temps, leurs doigts légers.

Afin d’y trouver de quoi satisfaire leurs existences peu enviables.

 

Certaines vendirent leurs charmes illusoires pour quelques dollars.

Aux passants qui, sur le trottoir trempé par la pluie, cherchèrent une autre voie.

« Allez, mon beau ! Je saurais bien te satisfaire », dirent-elles d’une seule voix.

« Non, merci. Peut-être une autre fois. » Ils répondirent avec un visage blafard !

 

Puis, le clou de la soirée arriva avec deux merveilles de la nature !

Deux jeunes dames se placèrent face à face devant la foule médusée.

Une rousse et une noiraude ! De quoi rendre fort agréable la fin de soirée.

Elles possédèrent à ma grande surprise deux corps d’une perfection la plus pure.

 

« Faites vos mises, mesdames et messieurs. Un dollar au minimum »

La vainqueure remportera la moitié des gains et l’autre sera divisée.

Entre les gagnants sans autre forme de lot que de s’être bien amusé.

Quel joli spectacle à assister en buvant quelques verres de rhum !

 

Au coup de sifflet, les deux comparses s’engagèrent dans un combat.

Qui ébahit la foule en liesse par tant de rages folles et meurtrières.

Car, elles luttèrent telles des amazones, ces légendaires guerrières.

En particulier, la grande rousse qui d’ardeur et de volonté redoubla.

 

Mea culpa, Mea culpa, Mea culpa !

Je reconnais mon péché devant toi Seigneur.

J’ai pris un vilain plaisir à vivre cet instant, cette heure.

Devant ma faute avouée, je t’en prie, ne me punis pas.

 

Tu sais bien mon Dieu que j’ai un faible pour le plaisir de la chair.

Alors je suis venu en ce quartier pour y trouver de quoi combler.

La solitude qui me pèse sur l’âme depuis que mon père est allé trouver.

Ma tendre mère et mon défunt frère qui sont sans cesse dans mes prières.

 

Deux lutteuses ont offert un joli spectacle en ce dimanche soir.

Grâce à la vainqueure, j’ai remporté un bon magot.

Que j’irai offrir dans un tronc d’une église bientôt.

Pour la délivrance des âmes du purgatoire.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada