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Découvrir le modèle

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Avec la permission de Katarzyna B. modèle nue

 

Découvrir le modèle

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien. Pour ma part, je dois avouer que tout va à merveille pour moi. En effet, ma santé est impeccable, ma joie de vivre est à son maximum et la réalisation de nouveaux projets dans le domaine de la nudité artistique me comblent de bonheur. Ceci m’amène à vous parler d’un sujet qui m’a longuement interpellé cette nuit entre deux rêves.

Pourquoi croit-on à tord qu’il soit obligatoire de tout montrer lors d’une séance photo où la nudité sera, permettez-moi l’expression, au menu ? À vrai dire, rien est plus faux. Par ailleurs, s’il y a un élément essentiel à retenir d’une séance de nudité artistique c’est justement que ce n’est guère la nudité qui est recherchée mais plutôt la découverte de l’autre tant par la lentille de la caméra que par les interactions entre les parties concernées.

12208272_1031450326906741_7934140789677769399_n_thumb.jpgIl est à noter qu’il arrive en quelques occasions que votre humble serviteur revête un costume d’époque afin de personnifier un quelconque personnage venu d’un autre âge. Ceci a un double objectif. En premier lieu, permettre aux élèves en classe de se familiariser avec le modèle qui offre ses services pour cette occasion d’apprentissage. En second lieu, favoriser une ouverture graduelle du regard face à la nudité dudit modèle. N’oublions pas que c’est la recherche de la perfection qui est le motif principal d’une séance photo ou bien d’un cours de dessin. Sans celle-ci, lesdites séances perdraient leur raison d’être.

De mon point-de-vue, j’aime bien une telle approche. Ceci me donne la chance de découvrir tout le potentiel en chacun des élèves qui prennent de leurs temps, de leur énergie et de leur attention pour s’appliquer le plus sérieusement possible à leur tâche. Il en est de même pour moi à chacune de mes prestations lesquelles me permettent de me découvrir davantage en tant qu’homme et pleinement homme.*

Merci de m’avoir lu !

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

*Bon il y a aussi d’autres passions qui animent ma vie.

Que vous êtes bonne maîtresse

Dessin par Juste Angèle de la France

Dessin par Juste Angèle de la France

Que vous êtes bonne maîtresse

 

En cette fraîche soirée,

De vous rencontrer, ardemment, j’ai désiré.

Pour ressentir de nouveau ce si suave plaisir,

D’être entre vos mains votre jouet et en souffrir.

 

Avec attention, vous vouliez savoir.

Quelle punition devais-je selon mon désir recevoir.

Vous savouriez chacune de mes paroles pour bien comprendre,

Pour bien me punir d’avoir admiré ces dames sans me faire prendre.

 

Me préparant à recevoir cette correction,

Cette inoubliable et ô combien tendre punition,

Je me souvenais en compagnie d’une belle dame cette humiliation,

Où me tenant en laisse cette beauté me fit faire le tour de la maison.

 

Ô quel sublime délice, ce fut.

Ô quel divin châtiment, je m’en suis repu.

Deux maîtresses ! L’enseignante qui montra à son élève.

À devenir grande perverse ! Être si cruelle ! Une bien étrange Ève.

 

Puis, j’entendis ouvrir la porte des Enfers.

Où apparue dame de noir vêtue à la main de velours,

M’annonçant sans dire un mot que châtiment j’aurais en ce jour

Tout en manipulant avec grand soin son gant de fer.

 

Tout y passa !

Cordes, fouet, glace et tout le tralala.

Ô tendre maîtresse ! Que vous étiez bonne pour moi.

Ô divine tortionnaire ! Vous m’avez appris que je ne serai jamais roi.

 

Et sachant surmonter mes craintes et mes peurs,

Je désirais avec humilité recevoir sur ma peau de satin,

Cette peau que me légua avec amour un quelconque être divin,

Ce que vous y avez incrusté avec passion dans ma chair, tous ces cœurs.

 

Que cet instant de tourments,

Jamais ne pouvait se terminer tellement,

Tellement je ressentais en mon âme tout le bienfait,

Cette sensation bizarre où entre vos mains, je n’étais qu’un jouet.

 

Un jouet consentant,

Qui devint entre vos mains expérimentées,

Instrument tel un passe-temps de son corps si usé,

Un outil qui n’a connu que le sentiment d’avoir toujours été exploité.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Paysage

Dessin de Eri Kel de la France

Paysage

 

Je me souviens d’une caresse,

Du temps de ma tendre jeunesse,

Où tout était permis, où tout était beau,

D’une caresse faite sur mamelon bien haut.

 

Je le gravis avec grande précaution,

Évitant d’être brusque et d’y faire attention,

Je l’ai contemplé avec respect comme convenu,

Essayant d’être délicat de mes doigts frêles et menus,

 

Je le gravis tel un alpiniste suisse,

En admirant de la dame les belles cuisses,

Sans étourderie, j’y ai déposé ma main tremblante.

Car de tout son être elle était si douce et si vibrante.

 

C’est alors que je me rappelais,

D’une maxime que jadis on me disait,

Que peu importe de l’homme son âge,

Il faut à chaque instant prendre soin du paysage.

 

De

 

RollandJr St Gelais

Québec (Québec)

Canada

Humble opinion en tant que modèle masculin

Humble opinion en tant que modèle masculin

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Anatomie… graphite …pose 30 minutes Dessin par Monika Gailloux de Montréal (Québec)

« J’adore le fait que l’on ne cache pas le sexe masculin qui mérite autant d’attention et de respect que n’importe quelles autres parties du corps nu. »

Selon RollandJr St-Gelais Québec (Québec) Canada

L’art dans son essence la plus pure

L’art dans son essence la plus pure

de

Samuelle D.Henry

Bonjour tout le monde,

IMG_20180604_075052_219J’espère que vous allez bien et que le début du mois de juin se passe comme vous le souhaitez. Pour ma part, je suis passé par bien des émotions. En effet, le départ de ma minette que j’aimais tant a laissé un grand vide non seulement dans mon appartement, mais aussi dans mon cœur. Dame Plume a été une chatte adorable, affectueuse et toujours présente à mes côtés dans mes moments de joie comme dans mes instants de chagrin. Elle a été en une occasion bien précise un élément fort important qui m’avait empêché de commettre l’irréparable envers moi-même. Fait étrange ! Peu de temps après son départ vers le Paradis des animaux de compagnie, une charmante minette se cherchait désespérément un nouveau papa. Celui-ci devait être prêt à lui manifester de l’attention, voir à ses besoins et savoir la gâter de temps à autres tout en lui donnant de l’amour à chaque jour. C’est ainsi que princesse Goldy est entré dans ma vie. Sa venue est peut-être un présent que me fait dame Plume pour me remercier de lui avoir donné plus de neuf belles années. Neuf années où elle a été traitée comme une véritable petite dame.

La venue de princesse Goldy me fait penser à cette Maker:S,Date:2017-12-23,Ver:6,Lens:Kan03,Act:Lar02,E-Ydouce mélodie de Yann Tiersen et de Porz Goret. Mélodie magnifiquement interprétée par ces danseurs. C’est un peu comme si dame Plume avait discuté avec princesse Goldy afin qu’elle accepte de poursuivre avec moi sa route sur cette terre. Tout a été fait en douceur pour amoindrir la douleur qui allait transpercer mon cœur et mon âme. Merci dame Plume pour ces neuf années passées en ma compagnie. Sois la bienvenue princesse Goldy au sein de ma vie. Que le bonheur soit avec nous aussi longtemps que Dieu le voudra.

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Je ne t’oublierai jamais

Maker:S,Date:2017-12-23,Ver:6,Lens:Kan03,Act:Lar02,E-Y

Je ne t’oublierai jamais

 

Pendant mon voyage,
Alors que j’avançais en âge,
Une période de joie et de bonheur,
Tu avais choisi ce moment comme ton heure.

 

Dans le silence d’une nuit,
Tu as décidé de laisser ainsi la vie,
Sans faire de bruit tu as quitté cette terre,
Pour aller rejoindre celle de tes sœurs et frères.

 

Me laissant avec mes souvenirs,
Ceux qui me réconfortent et me font sourire,
De ce temps où tu étais légère comme une plume,
De ce temps qui disparaît de ma mémoire telle une brume.

 

Avec les journées qui ont passées,
Tu es devenue belle chatte apprivoisée,
Que j’aimais caresser avec mes mains imaginaires,
En écoutant ton ronronnement qui égaya les tristes soirs d’hiver.

 

De tes espiègleries bien innocentes,
Qui me récomfortaient de mes moments de solitude,
Durant les temps où mes amours ressemblèrent à des femmes si prudes,
Et que les jours passèrent dans des douleurs si accablantes et lancinantes.

 

Installée avec confort près de moi,
Je te flattais avec la douceur d’un noble roi,
Te prenant parfois dans mes bras l’espace d’un court instant,
En respectant ton désir légitime de ne point être trop insistant.

 

Puis vient le temps de nos étés,
De ces rares périodes de grandes festivités,
J’y allais avec plaisir mais comme de raison avec précaution,
De voir à tes besoins comme il se doit avec attention.

 

Car jamais il n’aurait été question d’oublier,
Toutes ces simples promesses auxquelles à toi j’étais lié.
De voir en tout temps à ton bien-être sans omettre de te choyer,
Ce que je fis avec amour à chaque jour où tu étais avec moi mon adorée.

 

Maintenant que tu n’es plus en ce monde,
Ni en mon cœur blessé et qui s’effondre,
Tu es partie sans me dire au revoir,
Alors que je te revenais au soir.

 

Sur la route du retour comme le voulait mon destin,
J’ai ressenti sur le pavé chaotique cet ultime chagrin,
Celui, ô combien cruel, ne pas t’avoir dit comme je t’aimais,
Et sache Dame Plume qu’au plus profond de moi je ne t’oublierai jamais.

 

De

 

Rolland St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

 

Une autre réalité méconnue : La prestation en classe

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Une autre réalité méconnue : La prestation en classe

Bonjour tout le monde,

J’ai eu l’idée en assistant à un match de hockey à Québec de donner suite à cette série de diaporamas concernant le déroulement de mes prestations de nudité artistique. En effet, il me semble tout à fait normal de créer et de vous présenter un diaporama à partir des photos prises dans le cadre du cours de dessin à l’université du Québec en Abitibi-Tesmicamingue (satellite Montréal) qui a eu lieu lundi le 19 février 2018. Certes, ce n’est pas la première fois que mes services ont été requis dans le cadre de ce cours de niveau universitaire. Toutefois, le fait de réaliser des photos à la fois du déroulement du cours et des œuvres réalisées par les élèves de madame Samuelle D.-H., dans l’optique de produire un tel montage est tout nouveau. À vrai dire, c’est aussi pour une question de justice à l’égard des ces élèves et de leur enseignante que ma décision de créer ce diaporama fut prise durant le match de hockey. Et, entre vous et moi, ils méritent bien une telle attention de ma part.

Bref, c’est avec un grand honneur que je vous présente ledit diaporama composé de photos prises par nul autre que madame Samuelle D.-H., lors de ma prestation en tant que modèle vivant (nu intégral) réalisé dans une institution académique de haut niveau. En effet, le réseau publique des universités québécoises, communément connu avec les sigles de U.Q.A. suivie de la première lettre de la ville où elle se trouve, est reconnu pour son excellence et sa rigueur d’enseignement.

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

En préparation…

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En préparation…

Bonjour tout le monde

Je me prépare avec fébrilité pour mon séjour à Montréal afin de donner le meilleur de moi-même aux étudiants qui seront présents lors de ma prestation de nudité artistique. En effet, une telle performance exige beaucoup de préparatifs si l’on désire que le tout soit fait dans les règles de l’art. Un art qui se veut être avant toute chose un don de soi envers ceux et celles qui regardent, contemplent et admirent notre nudité.

Voilà pourquoi une attention minutieuse est fort utile concernant les choix des poses qui seront choisies en prévision de ladite séance. Je dirais même de la double séance puisqu’elle se déroulera en une double période de 3 heures chacune. Quelles poses faire ou ne pas faire? Quelles sont leurs attentes? Quelles sont les miennes? Que puis-je leur offrir de particulier pour rendre notre expérience commune la plus agréable qui soit? Il va de soi que le fait d’être capable de s’adapter à quelle ou quelle personne est un pré requis pour une confiance mutuelle entre l’étudiant et votre humble serviteur.

Certes, ce sera ma troisième prestation de nudité au sein de cette école artistique spécialement axée sur la création d’arts visuels. Toutefois, le défi est sensiblement le même, c’est à dire susciter l’intérêt au delà du premier coup d’oeil. Pour se faire, oser provoquer les regards est sans conteste un excellent moyen pour arriver à cette fin. Bien entendu que respecter le code d’éthique est la pierre fondamentale de tout modèle nu digne de ce nom.

C’est à suivre…

Merci de m’avoir lu. RollandJr St-Gelais Québec (Québec) Canada

Une belle trouvaille

Une belle trouvaille :

Ils sont modèles vivants, et nous racontent : « La nudité donne de la puissance »

Par Chloé Pilorget-Rezzouk

Source : https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180115.OBS0618/ils-sont-modeles-vivants-et-nous-racontent-la-nudite-donne-de-la-puissance.html

Dans le murmure des ateliers, ils offrent leur corps nu aux fusains, crayons et pastels des artistes ou étudiants en art. Paroles de modèles vivants.

Un jour, un croquis a attiré notre attention. Le modèle, une femme aux cheveux blonds flamboyants, portait sur son corps nu un simple manteau rouge tombant sur ses jambes. Une forme de puissance se dégageait de l’ensemble. On s’est demandé qui était ce modèle vivant : on aurait bien aimé le retrouver, lui poser des tas de questions.
Il suffit de lancer le sujet autour d’une table pour aiguiser la curiosité, susciter une foule d’interrogations d’apparence triviale, mais qui trahissent bien l’aura de mystère, de fascination et d’incompréhension qui enveloppe souvent le modèle vivant : « Ça ne te gêne pas de te mettre nu(e) devant tout le monde ? » ; « C’est facile comme boulot, non ? »

Coups de froid, douleurs articulaires et musculaires… Prendre – et tenir – la pose n’est en réalité pas si simple. En 2008 et en 2014, les modèles vivants avaient manifesté pour faire entendre que poser nu était un « vrai métier », demander la reconnaissance de leur statut et une amélioration de leurs conditions de travail. Professionnels ou occasionnels, ils sont aujourd’hui payés de 20 à 30 euros de l’heure.

Il y a, comme dans tout corps de métier, des modèles courus plus que d’autres, des « stars » du milieu. Il y a d’ailleurs des « bons » et des « mauvais » modèles. Comprendre des plus inspirants que d’autres. Car pour ce qui est de l’art de la pose, l’enjeu ne réside pas tant dans la beauté du corps que dans le don d’une énergie, d’une créativité – celle de proposer, d’inventer des mouvements répondant aux besoins de l’artiste.

Dans « les Yeux nus » publié en 2016, Claire de Colombel, artiste et modèle, écrivait :
« Tant que le corps devant nous ne tremble ni ne transpire, on ne se dit pas que ce qu’il vit est éprouvant. Du modèle, on se demande juste parfois ce qui lui passe par la tête. A quoi tu penses quand tu poses ? »
On leur a soufflé la question, entre autres. Paroles de modèles vivants, d’habitude fort silencieux.

Maria : « Ma façon d’être modèle est très politique »
Maria Clark, 49 ans, 1,68 m, 58 kg. Artiste-plasticienne, et modèle vivant depuis 26.

Comment j’ai eu envie de faire ça

« La première fois, c’était pour mon compagnon peintre. J’avais 23 ans. Mais mes premières poses nues en école, c’était en 1997 aux Ateliers beaux-arts de Paris. C’est par la danse contemporaine que je suis arrivée à la pose. Depuis, j’ai toujours mené en parallèle mon activité de modèle et mon activité d’artiste.

Ce que je gagne
Pendant dix ans, j’ai été modèle professionnelle. Je posais entre 30 et 35 heures par semaine, une journée type se composant de deux séances de trois heures. Je gagnais environ 20.000 euros par an, avec un complément d’allocation chômage.

L’avantage, c’est d’abord une grande souplesse de planning et la chance de pouvoir choisir avec qui on travaille. Gagner ma vie ainsi m’a permis de rester libre pour mes projets artistiques. Au fil des ans, le corps trinque un peu. J’ai décidé de ralentir le rythme pour me consacrer à mon travail personnel.

Moi et mon corps
Je suis quelqu’un de tonique. Je me sens incarnée, engagée physiquement dans mon rapport au monde ; ça me plaît. Mon corps, c’est mon outil de travail, car j’ai également une activité de performeuse.
Je l’ai toujours considéré avec bienveillance. Bien sûr, il y a des parties que je préfère comme mon cou, mes épaules, et d’autres qui me plaisent moins, comme mes fesses.
Je me sens assez libre avec la nudité. Mais en dehors de la sellette, je ne me balade pas nue dans l’atelier. Je serais mal à l’aise. La nudité, c’est mon costume, un habit de peau. On pourrait croire que le modèle nu est vulnérable, mais c’est tout l’inverse : la nudité donne de la puissance.

Quand je suis en séance
16392383Pour m’imprégner de l’ambiance de l’atelier, j’arrive en avance. Derrière le paravent, j’enfile mon kimono de travail avant de l’ôter, une fois sur l’estrade.
Une, cinq, dix, 45 minutes… Je me renseigne sur les temps de pose, car on ne tient pas les mêmes postures en fonction du temps. La douleur vient se nicher dans différents endroits, selon la pose et son mouvement. Il ne faut pas se faire mal ! Le modèle possède une certaine fierté : il ne veut pas bouger, et tenir. Je me souviens d’un travail dans un atelier de dessin : pendant trois mois, quinze heures par semaine, je devais tenir la même pose assise. Au long cours, cette position est devenue douloureuse, les points d’appui finissent par faire souffrir. Je ne le referai plus. Lors des intermèdes de quinze minutes, j’enchaîne quelques étirements. Pour permettre aux muscles et aux articulations de respirer, j’effectue des micro-mouvements intérieurs pendant la pose. Un modèle qui souffre est tendu, et les élèves le sentent.
Durant la pose, je me concentre sur ma respiration, c’est un état proche de la méditation. Je peux passer 45 minutes sans penser à rien. Si les poses sont rapides, alors je pense à la suivante juste avant de changer.
Selon les cours, on est libre de proposer des poses inventives ou amusantes. Une fois, j’ai mis ma tête dans un seau ; une autre, j’ai utilisé des branchages, car la thématique proposée par l’enseignant était la forêt.

Ce que ça m’apporte
J’ai accueilli la pose comme une démarche philosophique qui nous questionne dans16392407 notre rapport au vivant, à ce que l’on est. Quand je pose, je suis Maria, avec mes spécificités ; mais j’incarne aussi, avec humilité, une représentation de l’humanité. Ma façon d’être modèle est politique ; ce qui me plaît dans la pose, c’est que par ma présence, les élèves et artistes peuvent s’épanouir. Je pense que l’art est un espace dans lequel chacun peut devenir qui il est. Or, je crois que c’est par l’épanouissement individuel qu’une société peut aller mieux.

Le regard des autres
J’ai tellement posé pendant dix ans que l’atelier est devenu mon terreau social ! J’oublie que cela peut encore choquer ou étonner les gens d’être nu. Cela plaisait moyennement à mes parents, je crois. Peut-être une peur du qu’en-dira-t-on… Mais ils ont fini par accepter, car j’ai développé, au fil des ans, une pensée artistique et engagée autour de cette activité. »

Christophe : « C’est magique de se voir dessiné par d’autres »
Christophe, 53 ans, 1,75 m, 58 kg. Consultant en environnement, modèle occasionnel depuis cinq ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Je ne suis pas devenu modèle par hasard. Ma mère était étudiante aux Beaux-Arts de Lyon, à la fin des années 1950. A l’époque, les cours de nus n’étaient pas mixtes. Parfois, il arrivait alors que les élèves prennent la place du modèle. Dans le carton à dessins de ma mère, on trouve ainsi à la fois des croquis qu’elle a réalisés et d’autres où c’est elle qui apparaît. Ça m’a marqué. Il y a toujours eu une sensibilité artistique dans la famille, dont j’ai hérité puisque je peins un peu à l’aquarelle.

Ce que je gagne
Avant je posais une journée par mois, ça représentait presque un treizième mois sur l’année. Mais depuis cet été, j’ai perdu mon emploi. Je me suis donné pour objectif d’en vivre. Pour l’instant, je gagne environ 500 euros par mois, en posant par-ci par-là. Je commence à être connu localement, mais il faut faire face à la concurrence, il y a beaucoup de modèles.

Moi et mon corps
J’ai un physique assez mince, plutôt apprécié dans les cours ou ateliers, car mes muscles sont bien dessinés. J’ai toujours fait attention à mon alimentation et, lorsque j’étais plus jeune, je pratiquais énormément de sport de plein air. Je ne pense pas être particulièrement beau, mais je suis bien dans mon corps. Petit, j’ai fait du naturisme avec mes parents.

Quand je suis en séance
Il faut trouver des poses confortables, du moins pas trop en déséquilibre. J’essaie16392311 d’avoir au moins trois points d’appui différents pour pouvoir basculer discrètement de l’un à l’autre afin de détendre un peu les muscles et faire circuler le sang. En plein hiver, c’est assez dur : il n’est pas rare d’avoir froid, malgré le chauffage. Dès que la pause survient, j’enfile mon peignoir. Je ne pose pas toujours à poil. Je viens parfois avec un chapeau, et même avec des vêtements originaux pour les cours de croquis de personnages. Un pantalon à motif écossais ou rayé permet aux élèves de travailler le pli des vêtements en plus du mouvement du corps. Ce que ça m’apporte
Je trouve cela magique de se voir dessiné par les autres, même si cela n’est pas toujours très fidèle. J’aime particulièrement lorsque les élèves sont peu nombreux et crayonnent par terre, à mes pieds, près de la sellette. C’est génial parce que je peux voir le dessin se construire au fur et à mesure.

Le regard des autres
En en discutant avec mes amis, j’ai découvert que l’une de mes copines avait envisagé de le faire quand était étudiante pour gagner un peu sa vie. Plus j’en parle, plus j’ai l’impression que ça choque de moins en moins. »

Sheraz : « Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien »
Sheraz, 38 ans, 1,62 m, 56 kg. Travailleuse sociale, modèle vivant occasionnel depuis bientôt trois ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Depuis très jeune, je dessine des nus d’après des reproductions ou mon imagination. Je trouve ça très beau, le nu. Il y a quelque chose de gracieux, d’inspirant. J’ai toujours beaucoup admiré les modèles. L’idée venait, partait, revenait… Je me répétais : ‘Quand je serai prête.’ À 36 ans, j’ai eu le déclic : ‘Faut que je fasse les trucs dont j’ai envie, sinon je vais le regretter.’ J’ai répondu à des annonces d’artistes indépendants. C’est comme ça que j’ai commencé.

Ce que je gagne
Je ne pose pas à temps plein, ça reste de l’ordre du plaisir. Le mois où j’ai touché le plus, j’ai empoché 300 euros.

Moi et mon corps
Poser nue ne me pose pas de problème, mais je n’irai jamais sur une plage naturiste ou me mettre « topless ». En séance, je me dis parfois que j’ai un peu de ventre, qu’il faut que je fasse gaffe pour être plus à l’aise devant les autres. En fait, les gens ne sont pas là-dedans. Entre mes 15-20 ans, j’étais très forte. Puis, je me suis affinée. Devenir modèle m’a permis de me percevoir autrement, de renouer avec un côté féminin. Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien, ça valorise. On me dit que je suis harmonieuse, que je dégage de la sensualité. Avant, je me voyais moins.

Quand je suis en séance
À chaque fois, j’ai le trac. J’espère inspirer. Dès le moment où l’artiste pose ses yeux16392309 sur moi, l’appréhension s’en va. Au début, j’avais besoin d’être guidée pour les poses. Il y en a certaines à ne pas faire : à genoux sur les orteils repliés, les bras levés au-dessus de la tête… Ça fait trop mal. Quand je pose, j’essaie de penser à autre chose. Je me remémore de bons moments pour ne pas penser, justement, au fait que je ne dois pas bouger. La douleur passe et revient, mais il faut tenir. En atelier, je n’écarte jamais les jambes. Ça ne se fait pas trop. Je me le suis permis seulement avec deux artistes, je me sentais à l’aise. Certains peuvent être un peu dans la séduction. Une fois, j’ai senti le regard changer : il devenait lubrique, pervers. J’ai lâché de manière ferme : ‘Ta façon de me regarder, ça ne va pas être possible.’ Au fond, j’avais hyper peur. Je suis partie.

Ce que ça m’apporte
Le fait d’être passée de l’autre côté, c’est fort. En entrant dans l’atelier d’un artiste, j’entre dans son monde. Chacun a son univers : ça m’a ouvert à des styles ou des œuvres que je ne voyais pas auparavant. Et puis, une sorte de co-création s’opère, alors qu’en regardant un tableau on ne pense pas forcément au modèle derrière.

Le regard des autres
C’est un peu compliqué avec les hommes. Le dernier, il fallait toujours que je le rassure sur la façon dont ça s’était passé. Beaucoup ne comprennent pas que le désir est sublimé par l’art, qu’on n’est pas dans une démarche de drague. ‘C’est obligé que le mec ait envie de toi’, me disent certains. En fait, je n’en parle pas, pas même à mes amis. Quand je vais poser, c’est mon moment, mon espace à moi. »

Sensible

 

 

Sensible

 

Il y a parfois en ce monde,
Des instants et des moments,
Où les mots sont tellement insuffisants,
Pour exprimer tout le mal qui nous inonde.

 

Tout ce que je voulais,
Tout ce que mon cœur désirais,
C’était ton bonheur sans arrière-pensées,
Un peu de sérénité en cet univers insensé.

 

Mais, je craignais revivre,
Ces rejets et ne pouvoir y survivre,
Sachant la femme belle que tu es en toi.
Jamais je ne voulais te blesser je te le jure sur ma foi.

 

Tu es trop sensible,
Sensible telle une feuille au vent,
Je ne t’ai jamais menti sur mes intentions,
Car en toi je portais toute ma précieuse attention.

 

J’ignore ce que l’on dit sur moi,
Je laisse courir les rumeurs sur les voies,
Car ma volonté était pure pour nous deux,
Sans t’avoir promis que nous vivrions tels des dieux.

 

Sensible ! Je ne sais vraiment pas quoi dire,
Sensible ! Je ne peux simplement rien écrire,
Sensible ! Je voulais de bonne foi que tu sois heureuse,
Sensible ! Dû à mes peurs, c’est toi qui es si malheureuse.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada