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La tristesse de Pancho

La tristesse de Pancho Poème de RollandJr St-Gelais Dessin de Noble Roro de la France

La tristesse de Pancho

 

Je me souviens d’un village de mon enfance.

Un endroit parmi tant d’autres du Midi de la douce France.

Où, par une température clémente, il faisait bon y vivre.

Et de voir les magnifiques femmes aux beaux sourires.

 

Il y avait tant de couples très heureux.

Ils se promenèrent sur les trottoirs en amoureux.

Se baladant bras dessus, bras dessous, longuement sur les pavés.

Tout en écoutant les troubadours jouer de leur musique enjouée.

 

Or, il y avait un homme bien solitaire.

Qui, malgré ces temps joyeux, ne semblait guère,

Être comblé au milieu de ces villageois, jeunes et vieux.

Et, pour cause, puisqu’il n’avait pu réaliser son unique vœu.

 

Il était tombé amoureux de la nouvelle institutrice.

Celle que l’on surnommait avec entrain : « La belle Béatrice ».

Pancho avait un bon cœur, mais une maigre instruction.

Il était très vaillant tout en ayant une noble éducation.

 

Il lui avait fixé un rendez-vous galant sur la terrasse du café.

Un endroit pour savourer une limonade sous un soleil d’été.

Vous avez deviné que sa volonté était de lui faire la cour.

Il était en âge de prendre une épouse pour ses vieux jours.

 

Mais, notre pauvre homme souffrait de bégaiement.

Ce qui n’était vraiment pas à son avantage assurément.

Il a bien essayé de dire les mots pour exprimer son intention.

Un refus formel a été une réponse cruelle faite avec affront.

 

Avec réserve et silence, il prit congé de la dame.

Même si son cœur était transpercé par des lames.

Il pouvait être atteint d’un défaut de langage,

Mais, l’estime de soi faisait partie de son bagage.

 

Les gens du village le virent souvent sous le tilleul.

Il fixa de longues heures le ciel en paraissant bien seul.

Quelle tristesse pour Pancho qui cherchait l’âme sœur !

Pourtant, il avait au fond de lui, belle âme et bon cœur.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Je me rappelle une époque

Je me rappelle une époque Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo de Appetitive-Soul Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/1950-30-931859935

Je me rappelle une époque

 

Je me rappelle une époque pas si lointaine,

Où je prenais plaisir à lire les quotidiens,

Que j’achetais au kiosque du coin,

Situé près de la rue Verlaine.

 

Je feuilletais d’extraordinaires reportages,

Sur des héros légendaires jusqu’aux pires des malfrats,

Et, la plupart du temps, à propos d’événements d’ici et là.

Parfois, sur des gens bien banals qui ont traversé les âges.

 

Je me dépêchais de me procurer les journaux dès le soleil levé.

J’apportais quelques sous pour les payer et m’offrir des croissants.

Ainsi qu’un bon café que je rapportais à la maison en saluant les passants.

J’aimais être informée de ce qui se vivait dans le monde et dans mon quartier.

 

Aussitôt rendue en ma modeste demeure,

Je retirais avec entrain mes jolis vêtements,

Et je m’installais avec délicatesse sur mon lit confortablement,

À parcourir lentement chaque page telle une nonne en oubliant les heures.

 

Certes, les nouvelles n’étaient pas toujours des plus belles.

Ici, des guerres ! Là, des famines ! Là encore, des crises politiques !

Ces problèmes ont, de tout temps, intéressé les systèmes médiatiques.

Car ils élèvent leurs tirages et leurs profits aussi vite qu’un vol d’hirondelle.

 

Quoiqu’il en soit, je jouissais de ces moments,

Pour relaxer bien avant de me préparer pour le travail.

Où l’on ne doit au grand jamais de ressembler à un épouvantail.

Où la beauté et le charme devaient être à l’honneur à chaque instant !

 

Quel bonheur sublime de prendre le temps de lire,

De s’informer de ce qui se passe au fil de l’actualité.

Quel privilège extraordinaire de pouvoir vivre une telle liberté !

Quel avantage d’avoir eu des parents qui m’ont fait instruire !

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Je t’aime mon chat

Je t’aime mon chat Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par DirkBee Source : https://www.deviantart.com/dirkbee/art/lowkey-with-cat-930641464

Je t’aime mon chat

 

Je repense à ma journée,

Qui est semblable à celles du passé.

Dès mon réveil, quelques bouchées et un café,

Pour me rendre au boulot jusqu’au soleil couché.

 

Avoir un sourire impeccable pour la forme,

Faire attention à ne pas froisser mon bel uniforme.

Compter les heures passées au risque que je m’endorme.

Apercevoir par les fenêtres ces arbres magnifiques que sont les ormes.

 

Pause midi, aussitôt le travail recommence.

Être prête à recevoir un invité de marque ! Quel suspense !

D’où vient-il ? Du Royaume-Uni, des émirats arabes ou de la France ?

Question idiote pour laquelle j’éprouve une absolue indifférence.

 

Ça y est ! Ma journée d’hôtesse s’est bel et bien terminée.

D’un pas alerte, je me dirige vers mon casier pour me changer.

Costume de fonction prestement remplacé, par un vêtement plus léger.

Mais, en prévision d’une température automnale, mon manteau, j’ai apporté.

 

Une fois que je suis arrivée à la maison,

J’ai tout enlevé sans demander la permission.

Quel bonheur de ne pas être obligé de donner d’explication !

Quel plaisir d’agir selon notre seul désir sans aucune justification !

 

Assise nue près de la fenêtre de la table à manger.

Je sens mon ami fidèle qui vient avec douceur me frôler.

Sans faire de bruit, devant sa maîtresse, il a sauté.

Quel moment privilégié de pouvoir l’entendre ronronner !

 

Depuis que je t’ai trouvé, toujours, tu as été présent pour moi.

Depuis de nombreuses années, nous avons partagé le même toit.

Contre vents et marées, tu m’as suivi dans mes aventures, pas à pas.

Je profite de l’opportunité pour lui dire ceci ; « Je t’aime mon chat. »

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Fascination

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Fascination

 

Je suis réveillé depuis tellement longtemps.

J’ai fait un peu de ménage en prenant mon temps.

Tout en regardant avec admiration ton portrait accroché sur le mur.

Me remémorant la fois où j’avais été impressionné par ton attrait si pur.

 

Nous étions admis dans une école spécialisée en arts visuels.

Des cours de dessin, de peinture et de photo qui mirent ma vie si belle.

À mon grand étonnement, j’étais ravi de te voir assise à mes côtés.

Mes durées d’études ressemblèrent à des parcelles ensoleillées.

 

Puis, contre toute attente, nous devions travailler deux par deux.

Ne sachant trop pourquoi quelque chose nous rendait fort heureux.

Sans le vouloir, j’avais touché ta main en souhaitant prendre mon stylo.

Dès cet instant, en moi est apparu, dans le silence un jour nouveau.

 

Tu avais réagi à ma légère bévue par ton plus beau sourire.

Que ma vie si modeste m’a permis, avec joie, de découvrir !

Le travail accompli avec attention, nous l’avions remis au professeur.

Je t’avais offert de te ramener chez toi vu l’heure tardive et la noirceur.

 

Quelle allégresse en moi quand tu as accepté que je sois avec toi !

Car, sincèrement, je voulais te protéger tel l’aurait fait un roi.

Tu avais depuis le jour de la rentrée conquis mon cœur.

J’étais devenu, en cette occasion, un chevalier sans peur.

 

Au fil des jours et des nuits,

Tu m’as invité à passer un après-midi,

Chez toi, afin de faire plus amples connaissances,

J’imaginais à peine ce que tu m’avais donné comme chance.

 

Or, avant notre rencontre tant entendue, tu m’as conseillé.

Mon vieil appareil-photo apporter pour réaliser quelques clichés.

Sans me douter une seule seconde que j’y trouverais mon plus beau souvenir.

Qui allait devenir une consolation lorsque viendra le moment de vieillir.

 

Après avoir bu un bon café et grignoté quelques biscuits,

Du lustre de ta féminité, sur les films de mon engin, j’ai saisi.

Combien en ai-je pris? Et, à vrai dire, complètement, je m’en fous.

Mais, en ma mémoire, hélas, imparfaite, cet après-midi était si doux.

 

Une fois les études terminées, nous nous sommes avec regret, séparés.

Chacun de notre côté, comme est la vie, nous avons vécu notre destinée.

De tes nouvelles, de temps à autre, j’aurais tellement adoré en recevoir.

Mais, c’est un fait, l’existence humaine est parsemée par d’infinis au revoir.

 

Heureusement, j’ai conservé cet instantané.

Qui, dans mes temps de solitude glaciale, vient rallumer,

Le feu de mon amour pour toi toujours tenu dans le secret de mon cœur.

Et de cette présence bien modeste me rassure, face à la mort, de mes frayeurs.

 

Aurait-il une leçon à tirer de mon histoire ?

Je ne saurais quoi vous dire. Veuillez me croire !

Si, peut-être, en silence, nous nous aimions.

La réalité des choses est une fascination.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Je regarde vers demain

Je regarde vers demain Poème de Rolland Jr St-Gelais Dessin par Noble Roro de la France

Je regarde vers demain

 

Il est six heures du matin.

Je me prépare pour ne pas rater le train.

J’ai décidé de quitter pour toujours mon patelin.

Tournant la page pour construire un préférable lendemain.

 

J’ai connu des gens tout à fait gentils et avenants.

Je crois bien qu’il faut s’engager à autre chose maintenant.

Mon désir est d’avoir une meilleure vie lorsque viendra le temps.

J’ai adoré la région où j’ai grandi avec ses lacs et ses ruisseaux étonnants.

 

Vite, dans la douche pour me savonner et me laver de mon passé.

Après avoir terminé, j’ai pris deux rôtis et un café en guise de déjeuner

Que ma tendre mère eût fait avec des larmes, avec peine, dissimulées !

Elle avait deviné que pour toujours je quittais cette terre si éloignée.

 

Quelles sont les raisons d’une telle décision ?

Je vous en supplie, de grâce, ne me poser pas cette question.

Rien qu’à y penser, un seul instant, je crois perdre toute ma raison.

Quoiqu’il en soit, plus rien ne me maintiendra au sein de cette maison.

 

Le moment fatidique tant redouté de mon départ est enfin arrivé.

Quelle sera ma vie ? Quel sera mon avenir ? Quelle sera ma destinée ?

D’une main tremblotante, j’ai pris le téléphone et un taxi, j’ai commandé.

Un appel qui alla changer le cours de ma route telle une prière exaucée.

 

Les secondes passèrent dans un silence lourd.

Maman et moi entendions comme un bruit sourd.

C’étaient nos cœurs qui pleuraient tout notre amour.

« Vas-tu revenir ? » Ce à quoi j’ai répondu peut-être un jour.

 

Puis, un klaxon se fit entendre.

Je prie ma valise sans plus attendre.

Je lui ai fait une bise sur sa joue tendre.

Un souvenir que je ne pourrais jamais reprendre.

 

Le taxi prit le chemin de la gare de train.

Je chantais, pour dissimuler ma tristesse, un refrain.

Maintenant, pour le meilleur et le pire, j’ai ma vie entre les mains.

Tournant le dos à mon passé, à mes erreurs de jeunesse, je regarde vers demain.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada