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Un séjour de nudité artistique en Montérégie

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Un séjour de nudité artistique en Montérégie

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien et que la canicule ne vous aFB_IMG_1530021192301 pas trop affecté. Pour ma part, tout va bien et même très bien puisque j’arrive d’un petit séjour dans la région de la Montérégie. Une région riche en activités culturelles en tous genres. Et que dire de la gastronomie des nombreux restaurants qui jalonnent les rues principales des villes et des villages de cette région axée sur le tourisme ? Un tourisme qui a pour appui l’importance  de la région dans l’histoire dite de “la Nouvelle-France”. Toutefois, je reconnais que l’objectif premier de ma présence en ces lieux réside dans la réalisation d’une double séance-photos avec Mélanie Dufresne, photographe professionnelle.

Maker:S,Date:2017-12-23,Ver:6,Lens:Kan03,Act:Lar02,E-YC’est ainsi qu’au lendemain de mon arrivée à Chambly, et après avoir au préalable passé une nuit reposante dans une chambre de motel ayant vu sur le Richelieu, j’ai eu la chance de rencontrer Mélanie Dufresne et un assistant afin de pouvoir réaliser un tel projet prévu de longue date. L’emploi du terme “double séance » fait référence que pour la toute première fois, une séance photo de type plus conventionnel avait été programmé dans le cadre de notre activité. En effet, et pour suppléer une certaine carence parmi mon portfolio, une séance photo où votre humble serviteur portera des vêtements haut de gamme était prévue au programme.

Ici, un aspect assez cocasse mérite d’être mentionné. IlMaker:S,Date:2017-12-23,Ver:6,Lens:Kan03,Act:Lar02,E-Y est d’usage habituel lors d’une double séance-photos que le modèle travaille ses poses d’abord habillé et, seulement ensuite, que le reste se fasse dans la nudité la plus totale. En ce qui me concerne, et avec l’accord de Mélanie Dufresne, j’ai opté pour un déroulement inverse. En effet, il m’est paru plus logique tant au plan technique que celui de l’efficacité dans le bon déroulement de la journée que les réalisations de nu aient lieu en premier. Et, une fois qu’elles furent achevées selon nos attentes, il nous était davantage aisé d’utiliser mes vêtements haut de gamme pour la suite des choses. Qui plus est! Cela me permettait de terminer le reste de la journée habillé de mes plus beaux atours.

IMG_20180705_215511_143Il me semble important de vous donner une brève description du déroulement d’une telle séance. Cependant, et afin de susciter en vous une curiosité sans cesse grandissante, je m’en tiendrai qu’aux points principaux. La première partie de cette double séance eut lieu à deux endroits différents. Quoi de mieux qu’une forêt pour débuter un travail artistique où la nudité sera mise à l’honneur par l’entremise d’une photographe soucieuse de trouver chez son modèle ce je-ne-sais-quoi qui fait de celui-ci une espèce unique en son genre ? Ici, tout a été fait dans les règles de l’art et, peut-être même un peu plus. L’autre lieu qui servit à la créativité artistique de ladite séance est nul autre que les abords de la rivière Richelieu. Et pour cause puisque sa force herculéenne accompagnée par la quiétude de l’endroit constituent des éléments incroyables d’inspiration tant pour les poses prises par votre humble serviteur que par les photos réalisées par Mélanie Dufresne. Croyez-moi sur parole ! Je n’avais jamais ressenti autant de plaisir, parfois coquins, à poser nu depuis le début de ma carrière dans ce domaine. Un domaine qui est somme toute une véritable passion à mes yeux.

Néanmoins, ce fut qu’à la seconde partie de la séanceIMG_20180706_065144 que votre humble serviteur a posé avec ses vêtements haut de gamme. Par ailleurs, je me dois d’expliquer pourquoi avoir posé avec de tels vêtements. La réponse est fort simple… pour faire changement. C’est bien beau, agréable et souvent même d’une grande utilité de poser en tenue d’Ève un cadre artistique. Mais, puisque il y a un mais, une carence importante était de plus en plus visible au sein de mon portfolio. En résumé, tant pour vous que pour moi, enrichir ses expériences quels qu’elles soient est un facteur crucial dans son développement personnel. Il en est de même dans toutes les sphères de l’activité humaine.

À suivre…

Merci de m’avoir lu.

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

L’importance des témoignages

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L’importance des témoignages

Bonjour tout le monde,

Comme vous le savez déjà, il m’arrive souvent d’être à la recherche d’articles publiés sur le web où le sujet central est nul autre que la nudité artistique. C’est ainsi que je passer des heures, parfois des journées entières, à essayer de dénicher des articles sur ce sujet. Un de mes sujets de prédilection au sein de mon blogue. Parfois, je découvre des témoignages de modèles nus sur leurs parcours professionnels et, d’autrefois, des annonces d’évènements qui auront lieu à tels ou tels endroits. Bien entendu qu’il m’est un devoir de mettre en annexe les liens d’où les articles originaux sont tirés afin de respecter le droit d’auteur. C’est d’ailleurs la moindre des choses.

C’est ainsi qu’il me fait plaisir de vous présenter un texte fort intéressant où plusieurs modèles nus ont accepté de donner un aperçu de leur travail et de leur cheminent dans une voie où peu sont appelés et qu’encore très peu acceptent d’y mettre les pieds à nu. C’est là une expression fort appropriée au sein d’un tel article.

Je vous souhaite une bonne lecture !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

La nuit des corps vivants

Dites «je suis modèle vivant pour des artistes», et vous aurez aussitôt une flambée de regards plus ou moins égrillards, plus ou moins perplexes, subordonnés aux clichés suivants : «Le modèle couche-t-il avec son artiste ?» «Le modèle est quand même tout nu devant tout le monde, faut pas être bien pudique.» «Faire modèle, c’est pas compliqué, tu fais tas de viande devant une classe ou un peintre-photographe-sculpteur, pas besoin de talents particuliers.» Voire pire, comme cette jeune femme que sa mère, apparemment bloquée sur le puritain XIXe siècle, traite limite de prostituée et se garde bien de dire à son entourage ce que fait sa fille dans la vie. On serait tenté de les comparer à des mannequins qui, eux aussi, vendent et donnent à voir leur image. Erreur : le modèle propose une pose et, à travers elle, une interprétation du corps, pas sa beauté ou uniquement sa plastique. Pour un tarif oscillant entre 15 et 25 euros de l’heure – pas tout à fait les prix des tops.

«Tout le monde peut être modèle, ça n’est pas comme mannequin, tous les corps sont intéressants, c’est hétérogène, ouvert à tous», explique Claire de Colombel qui gagne sa vie avec cette activité depuis trois ans, et vient de sortir un livre sur cette nudité associée à un autre regard, «très particulier, qu’on ne retrouve pas ailleurs : ni sexuel, ni dans le jugement, ni curieux, ni exhibitionniste». Un travail en fait très physique, à la fois sportif, méditatif – essayez de tenir la même pose pendant trente minutes et on en reparle – et artistique. Et qui n’est pas reconnue comme profession, malgré des manifestations de la corporation en 2008 et en 2014 pour obtenir un statut, au même titre que danseur ou comédien. Ce vendredi, jusqu’à samedi tard dans la nuit, se tient le premier marathon de dessin d’après des modèles vivants, organisé par la galerie itinérante Agnez Art Gallery et Maria Kuzma-Kuzniarska, la créatrice de Life Drawing Montmartre (des cours de dessin sans professeur, ouverts à tous les publics). Quatre modèles nous détaillent les grandeurs et misères de leur art.

«A deux, c’est magique»

Patrick Berton, 56 ans, pose aux Beaux-Arts

«Ce que j’aime dans ce métier, c’est son éternité : me dire qu’ici, aux Beaux-Arts, il y a cent ans, un modèle a vécu et ressenti les mêmes choses que moi en posant. Je suis un maillon de plus de cette même chaîne, sensible à la mémoire des lieux. L’intensité avec laquelle les gens dessinent me porte et m’inspire aussi. N’importe quel corps peut l’être, les corps ronds plus facilement. Ils peuvent se voir comme des paysages. Au total, entre les Beaux-Arts et le reste, je pose entre cinq et huit fois trois heures par semaine, debout, assis, allongé, cinq à vingt minutes, parfois quarante-cinq minutes. Il faut supporter les douleurs physiques dues à l’immobilité.

«Je m’adapte aux besoins pédagogiques des profs et des élèves, en choisissant mes poses en fonction de ce que je ressens, de mon humeur. On est créatif de manière éphémère et dans l’instant présent. Parfois on pose à deux, c’est magique : on partage le regard des dessinateurs et cela devient plus facile, léger. Il se passe tout de suite un truc, une histoire. Aujourd’hui, poser me correspond totalement, bien que l’on vive dans la précarité. Mais si on organisait trop ce métier, il perdrait cet aspect bohème, ce côté artistique. C’est cette grande liberté qui m’est précieuse.»

«On ne cherche pas à être jolie»

Florence Rivières, 25 ans, modèle pour photographes

«C’est aujourd’hui mon activité principale. Je travaille pour une trentaine de photographes, trois séances photos par semaine d’une heure à quatre heures. Au début, j’ai fait ça pour gagner de la confiance en moi, ensuite je me suis rendu compte que ça pouvait être un projet artistique.

«C’est différent avec un photographe d’avec une classe de 30 élèves : eux ne bougent pas, vous non plus. Avec le photographe, si. Il y a une communication constante, c’est un échange d’énergie ; on n’a pas à tenir les poses quinze minutes et il faut savoir trouver la lumière, l’angle, comprendre ce que veut l’autre. On ne cherche pas le beau, on ne cherche pas à être jolie, on se détache de sa propre apparence. Parfois je me dis, « je suis horrible mais la photo est géniale ». A force d’en jouer, de poser pour tellement de regards différents, ça désacralise le corps : mon image n’est pas ma personne. Ce n’est pas dans le regard du photographe qu’on valide son être ou son image. Quand je suis nue, c’est comme une tenue : la nudité c’est une autre façon d’habiller son corps.»

«Poser, c’est se poser»

Claire de Colombel, 31 ans, modèle d’écoles d’art

«On travaille dans des endroits très variés, il y a un grand nombre d’institutions ou d’associations qui ont besoin de modèles : écoles d’art, ateliers privés, cours pour adultes. Le vivant, c’est la base de l’apprentissage du dessin. Le corps est observé de manière sensible et technique, le regard n’a rien de voyeur. On choisit nos propres poses en fonction des temps annoncés. Elles vont de cinq à quarante-cinq minutes, parfois plus, mais il y a un repos indispensable de quinze minutes tous les trois quarts d’heure. Je travaille de quinze à trente heures par semaines, pour un taux horaire entre 15 et 25 euros. Immobile et silencieux, c’est pourtant un travail très physique qui demande beaucoup de concentration et de créativité. Il faut habiter son corps, être là.

Je cours souvent d’un atelier à un autre, c’est drôle quand on y pense : courir pour aller arrêter le mouvement. Poser, c’est se poser. Dans l’atelier, on entre dans une autre temporalité, il n’est plus question d’efficacité, de productivité. Rester immobile, c’est aller à contre-courant. Et c’est un véritable engagement, il y a les douleurs musculaires, articulaires, les problèmes de circulation du sang. Je m’aide de techniques de visualisation et de méditation pour soulager les tensions, c’est beaucoup d’énergie à fournir, tout le temps, comme un athlète, mais sans bouger d’un iota. Puis on pose avec sa forme ou sa fatigue du jour, sans artifices, sans Photoshop.»

«Nus par – 5°C dans la cour de la Drac»

Maria Clarck, 40 ans, fondatrice de l’association «Modèles d’art»

«Etre modèle est un état d’être qui implique une réelle qualité de présence, un engagement philosophique. C’est un métier très exigeant, physiquement et mentalement, à la croisée de la méditation et des arts martiaux. Savoir respirer est la clé. Mais contrairement aux danseurs par exemple, rien n’est prévu pour la santé des modèles vivants. Nous sommes salariés vacataires. Donc pas mal de paperasse, parfois difficile à obtenir. En 2008, il y a eu la manif des modèles, nus par – 5°C dans la cour de la Direction régionale des affaires culturelles [Drac] de Paris. La mairie avait supprimé le cornet, c’est-à-dire une vieille pratique qui consiste à faire passer une feuille de papier roulée pour récolter de l’argent complémentaire, ce qui correspondait quand même à 20 % de mes revenus. C’est à ce moment-là que les modèles se sont regroupés et mis en réseau. Au sein de notre association, nous œuvrons pour que notre activité soit mieux reconnue. Idéalement, il faudrait prendre place dans une convention collective et être dissocié des mannequins. Poser, c’est accompagner le processus artistique, c’est une histoire de rencontre et de générosité.»

Source : http://next.liberation.fr/arts/2016/04/28/la-nuit-des-corps-vivants_1449230