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Vite fait !

Vite fait

 

Réalisation de Benoit Dufour de la France

 

Vite fait !

 

Vite fait !

Vite fait, bien fait !

Vite fait, bien fait et tout est parfait !

 

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

Je suis parfait.

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Modèle nu ? RollandJr St-Gelais

 

 

Je suis parfait.

 
Je suis parfait dans mon imperfection.
Là réside mon acceptation de mon corps unique en son genre

 
RollandJr St-Gelais de Québec

L’harmonie dans la diversité des corps nus

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L’harmonie dans la diversité des corps nus

Les hommes ont de tous les temps été fascinés par la diversité des corps. En effet, chaque personne possède un corps qui le différencie de ses pairs lui conférant ainsi une unicité quasi-absolue. Bien entendu, il est possible que cela soit à peine perceptible dans certains cas. L’on a qu’à penser aux jumeaux dits « identiques » pour se faire une petite idée même si il existe chez ces derniers des points qui les différencient les uns des autres mais que seul un œil averti saura les trouver. La génétique n’a pas fini d’en étonner plus d’un.

De plus, le corps est l’unique véhicule avec lequel notre entité spirituelle peut communiquer avec son environnement et nouer des relations avec ses congénères. Il est tout de même triste de constater qu’une proportion considérable des croyances religieuses aient préféré condamner le corps au détriment de l’âme alors qu’ils sont en réalité complémentaires à tous points de vue. En effet, l’âme est le siège des émotions, des sentiments et de tout ce qui compose, pour reprendre l’expression d’Antoine de St-Exupéry, « … l’essentiel qui est invisible pour les yeux ». Posons-nous cette question : Peut-on montrer ce que sont les sentiments de l’amour, de la haine et du désespoir, pour ne nommer que ceux-là? Bien sûr que non. Ils font intrinsèquement parti de ce qui se trouve au sein du cœur de l’être humain.

Toutefois, ces mêmes sentiments peuvent se manifester de diverses façons par le biais du corps. Il est d’ailleurs démontré qu’aucune technologie aussi performante puisse-t-elle être ne remplacera jamais le contact physique. La main maternelle sera toujours précieuse pour le nouveau-né, et ce, peu importe le jouet que l’on lui offrira. Il en est ainsi des relations interpersonnelles où aucun, j’ai bien écrit « aucun », gadget ne saura combler le vide créer par la solitude. Une solitude qui est, trois fois hélas, de plus en plus présente dans notre société dite, quelle ironie!, de « communication ». Les sites de rencontre qui sont en nombre quasi-exponentiel sur le web prouvent indubitablement à la fois la solitude omniprésente chez bon nombre d’Occidentaux et le besoin de nouer une liaison avec autrui qu’il soit ou non du sexe opposé.

Bref, le corps est l’entité à la fois physique et physiologique qui nous différencie de nos congénères mais qui paradoxalement nous en rapproche le plus. Ce qui est encore plus vrai en ce qui concerne le corps nu débarrassé des signes imposés à la fois par les valeurs de la société et par les strates qui la composent. Allez-vous avoir le même comportement envers une personne nue qui se trouverait devant vous alors que dans un autre contexte elle porterait un blouson médical?  Probablement pas! Je le répète: les vêtements, outre leur utilité à nous préserver du froid et des intempéries, véhiculent le système de valeurs qui composent le fondement de la communauté à laquelle appartient l’être humain. Ne reconnaît-on pas les policiers, les pompiers, les ambulanciers et bien d’autres personnes en lien avec leurs fonctions par le biais de leurs uniformes? Il est d’ailleurs souhaitable qu’il en soit ainsi. La diversité des uniformes favorise de manière importante la compréhension du rôle que chacun s’attend à jouer dans les rapports sociaux.

IMG_3276Que peut-on alors affirmer en ce qui concerne l’harmonie dans la diversité des corps nus? A-t-elle une quelconque importance? Les pressions sociales ont-elles un poids véritable sur l’image de sa nudité, sur l’idée que l’on se fait de son corps, sur la valeur liée à son intimité? Peut-on, en avons-nous même le droit?, se trouver beau alors que les médias de masse, sans parler des réseaux sociaux, inondent le peuple de photos de stars de cinéma ou autre qui ont un physique refait maintes et maintes fois par le bistouri? Voilà ce que je tenterai d’éclaircir dans ce qui suit, et ce, dans l’optique de démontrer que c’est dans une diversité pleine et entière qu’une véritable harmonie peut exister. Ce qui est davantage vrai pour ce qui est des corps nus.

L’harmonie des corps a-t-elle une importance plus ou moins réelle de nos jours? Je vous répondrai humblement, et ce à partir de mon expérience personnelle en tant que modèle nu, que la véritable harmonie se retrouve dans la sérénité que peut avoir la personne dans l’acceptation totale de son corps. D’ailleurs, mon expérience vécue avec l’extraordinaire modèle nue vendredi dernier fut pour moi plus que bénéfique. Une femme au corps, que je qualifierais de parfait, a accepté de réaliser une séance photo de nudité artistique avec votre humble serviteur. Un corps féminin versus un corps masculin! Un corps ayant tous ses attributs physiques versus un corps atteint de difformités causées par la Thalidomide! Deux corps diamétralement opposés mais qui ont su aller bien au-delà de leurs différences afin d’emprunter une voie peu fréquentée par le commun des mortels. Le résultat a été exceptionnel sous bien des angles.

IMG_3281Autre question à laquelle je désire répondre se rapporte aux pressions sociales: Peuvent-elles avoir d’une manière ou d’une autre un poids véritable sur l’image de sa nudité, sur l’idée que l’on se fait de son corps, sur la valeur intrinsèque liée à son intimité? C’est sans contredit que je vous réponds par l’affirmatif. Et, croyez-moi sur parole! J’en sais quelque chose. Est-il utile de vous rappeler que je suis l’une des nombreuses victimes de la Thalidomide? Cette situation m’a amené à vivre des événements qui sont dans plusieurs cas loin d’être agréables. À cela s’ajoute l’image colportée dans l’ensemble de la société selon laquelle les personnes vivant avec une situation de handicap sont des êtres asexués. J’imagine bien que vous vous doutez que je n’abonde pas du tout dans une telle affirmation. D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps l’Église catholique refusait de manière systématique de célébrer l’union entre des personnes où l’une des deux avait un handicap physique. Cette législation du droit canonique a été rendue caduque lors du concile Vatican II (11 octobre 1962 au 8 décembre 1965). Aujourd’hui encore, l’image angélique de la personne handicapée est présente au sein de la société quoique ce soit beaucoup moindre. Dieu merci!

Nous vivons dans une société où les critères de beauté sont transmis, pour ne pas dire galvaudés, à la fois par les médias de masse et les réseaux sociaux présents sur le web. Peut-on se trouver beau même si nos caractéristiques physiques ne répondent pas impeccablement aux critères de perfection socialement acceptables?  En avons-nous même le droit? Je me rappelle une petite anecdote qui a eu lieu sur la terrasse Dufferin de Québec en juillet dernier. Un charmant artiste-peintre pour qui j’ai posé m’avoua bien candidement, un peu comme un enfant qui confierait un secret à son meilleur ami, que la beauté existe en chacun d’entre nous. Non pas une beauté qui attire le premier regard mais celle qui accroche les yeux du cœur, de l’âme et du plus profond de soi. L’artiste, le véritable, sait où trouver la perle rare qui dévoilera la beauté authentique du modèle. Ce qui est loin d’être le cas des nombreux magazines où la plasticité est devenue le critère de base d’une beauté plus que parfaite, c’est-à-dire une beauté inhumaine et inaccessible pour le commun des mortels à moins d’être fortunés et de ne pas craindre les cliniques de chirurgie esthétique au risque d’y laisser sa santé et même, parfois, sa vie.

IMG_3267Pour terminer mes propos, je vous dis simplement ceci; une harmonie authentique résidera seulement, et seulement si, une diversité des corps nus soit rendue possible parmi le système de valeurs qui forme le fondement idéologique de notre société dite « civilisée ». À cela s’ajoute l’image réellement humaine de la nudité débarrassée de toutes formes de pornographie et d’une fausse pudeur inculquée, pas nécessairement pour des mauvaises raisons, par la moralité héritière du judéo-christianisme. Je fais référence aux pays occidentaux évidemment.

En résumé, être en harmonie avec les autres commence d’abord et avant tout par l’acceptation de nos capacités et de nos limites, par la reconnaissance de nos différences corporelles et par notre aptitude à faire face aux regards de l’autre.

C’est souvent un travail de toute une vie.

Merci de m’avoir lu! 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada