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Entends mon cri, mon frère !

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Photo prise à l’Espace Mushagalusa de Montréal

Entends mon cri, mon frère !

 

Entends mon cri, mon frère !

N’entends-tu pas l’appel de notre sœur, la terre ?

Qui nous implore de mettre fin à son triste destin,

Qui nous exhorte de choisir maintenant un autre chemin.

 

Écoute cette parole de sagesse !

Que m’ont transmise les âmes remplies de tristesse,

De voir ce que nous avons fait de ces rivières et de ces mers,

De constater jusqu’à tel point vous avez préféré nous faire la guerre.

 

Discerne le sens de mes paroles !

Que m’ont données les esprits sacrés telle une obole,

Une offrande d’amour qui nous transformera pour toujours,

Qui pourra peut-être si nous le désirons façonner de meilleurs jours.

 

 

Entends ma voix pendant qu’il est encore le temps,

Le temps de transformer la fatalité de nos descendants,

Un avenir toujours possible enfoui au plus creux de nos mains,

Car nous avons encore le pouvoir de transformer nos lendemains.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Dame blanche

 

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Modèle ? Katarzyna B. d’Italie

Dame blanche

 

Dame blanche !

Que vous êtes belle,

Êtes-vous encore pucelle ?

De vous, j’ai envie en voyant vos hanches.

 

Avec grande précaution,

Je me collerai sur vous avec attention,

Sans vous brusquer ! Sans vous heurter !

Je saurai vous satisfaire afin de mon amour vous prouver.

 

Que votre regard est si vivant,

Et qu’en mon âme il est si pénétrant,

De votre peau de satin, je couvrirai de baisers,

Afin d’ultimement et à jamais vous rassasier.

 

Voilà mon but ! Voilà ma raison de vivre !

Voilà ma raison d’exister ! Sans cela je ne fais que survivre.

Le temps d’une chanson ! Le temps d’un refrain !

Serait-ce simplement encore là demain ?

 

Que votre sublime féminité,

Ravive en moi cette masculinité,

Me rappelant que ce privilège n’est point éternelle,

Un véritable don du ciel semblable au vol d’une hirondelle.

 

Alors permettez-moi avec humilité de vous demander,

Puis-je dans mes bras meurtris et blessés vous serrer ?

Afin d’oublier et ne plus y penser qu’un de ces jours,

Inévitablement je quitterai ce monde pour toujours.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le monstre

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Séance de nudité artistique à l’U.Q.A.C. 14 novembre 2018

Le monstre

 

Je suis le terrible monstre,

Et de ces murs je les défonce,

Murs de pierre et d’ignorance,

De la haine et de l’arrogance.

 

Avançant à grands pas,

Ne crains pas de passer de vie à trépas,

Car mes jours et mes nuits sont déjà comptés,

Depuis mes cris lorsque dans les enfers je suis né.

 

Sorti des profondeurs des enfers,

Accompagné par mes dames de fer,

J’y retournerai bien volontiers,

Mais de ces crimes je dois châtier.

 

Seul l’amour d’une belle dame,

Tant de cœur comme d’âme,

Saura éteindre cette flamme,

Qui brise mon cœur telle une lame.

 

Je suis le monstre que vous avez fait,

Car de votre méchanceté j’ai été tiré.

À quand une femme pourra m’en libérer?

Celle qui saura m’apprendre à aimer.

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Ce soir

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Avec la permission de Katarzyna B. modèle nue

Ce soir

 

Ce soir, tu seras à moi.

Tu m’obéiras à chaque instant et aux pas.

N’est-ce pas là depuis longtemps ce que tu désires ?

Ce qui depuis bien des jours et des nuits te fait tant souffrir ?

 

De souffrir d’ignorer ce moment tant attendu,

Où dans cette nuit d’amants damnés, nous serons nus.

Nus et libres de s’offrir l’un à l’autre sans regret ni détour,

Et par de tendres gestes nous ne cesserons pas de se faire l’amour.

 

Tu seras en ces heures mon esclave soumise,

Car je connais ton vœu de ne plus être insoumise,

De connaître la chaleur de mes bras et la force de ma verge,

Qui t’amènera dans le royaume des nymphes pures mais non vierges.

 

C’est en évoquant mon divin nom,

En haletant en mon oreille mon prénom,

Que tu me supplieras de poursuivre mon rôle de maître,

Afin de te satisfaire en te faisant par le plaisir toujours renaître.

 

Jeune dame ! Jeune déesse d’une nuit,

Belle femme malgré les jours qui me fuient,

Attends-toi à savourer ces moments d’extase,

Car malgré mon corps meurtri et blessé, je suis un as.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Si

 

Pour toi, Victoria.

 

Si

 

Si je pouvais revenir
Ce que j’aimerais te dire
Comme je t’ai aimée
À toi, je m’étais attaché.

 

Si je pouvais comprendre
Cette crainte qui veut tout me prendre
Et par laquelle je perds tout y compris l’amour
Serais-je ainsi jusqu’à la fin de mes jours?

 

Si je pouvais revivre mon enfance
Y déceler cette faille qui englouti celles que j’aime
Revivre mon adolescence pour savoir qui je suis vraiment
Sûrement qu’aujourd’hui ma vie serait autrement.

 

Si je pouvais revenir sur mes pas
Et dire à mon père qu’un homme me suivait pas à pas
Sur le chemin de l’école qui allait devenir ma route de Damas
Route qui allait devenir fardeau à supporter telle une croix, hélas.

 

Si je pouvais arrêter cette culpabilité
Peut-être aurais-je moins peur d’aimer
Car il y a dans l’amour tant de raison d’exister
D’exister, de respirer et de sans cesse être émerveillé.

 

Avec des si, on mettrait Paris en bouteille à ce qu’il paraît.
Mais même avec tous les si en ce monde, mon mal de vivre est.
Si seulement je le pouvais, ce soir là je t’aurais serrée dans mes bras
Car vraiment je t’aimais plus que tout ma chère Victoria.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Ce sein

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Par Sarah Saudek

Ce sein

 

 

Mon si tendre enfant, 

Ce que j’ai pensé à toi en dormant 

Ce que je te désirais chaque nuit en rêvant, 

Avec ton adorable père que j’aimais tant.

 

 

Il est maintenant porté disparu au front, 

Un jour, de nouveau nous nous retrouverons. 

Le jour où à jamais les canons se seront tus, 

Comme jadis ton père et moi nous étions souvent nus.

 

 

Dans une modeste maison, 

Où de bon cœur sans cesse nous rions. 

Entendant au loin le chant mirifique des oiseaux, 

À cette époque où tout était calme où tout était beau.

 

 

Nous ne connaissions pas la richesse vue par les hommes, 

Qui calculent leur bonheur par l’accumulation de sommes. 

Mais de notre liberté de quelques sous et de notre amour, 

Cela suffisait pour combler nos besoins de tous les jours.

 

 

Ce que j’étais bien dans ses bras, 

Jusqu’à ce jour fatidique où on le força, 

À servir le drapeau et apprendre à marcher aux pas. 

Quelle triste constatation que seul l’humble au front ira.

 

 

Maintenant que je suis avec toi dans cet immeuble, 

Dans ce logis avec pour tout quelques meubles, 

J’ai pour consolation de te tenir dans mes mains, 

Alors, je te donne avec grand amour mon sein.

 

 

De

 

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

Le combattant

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Excellent dessin réalisé par mon ami Eri Kel de la France

Le combattant 

 

Né dans un pays envahi, 
N’ayant pour vœu que de le libérer, 
Voyant ma terre sacrée se faire massacrer, 
J’ai alors juré de tuer tous ces maudits. 

 

Très tôt, j’ai rejoint la résistance, 
Et de mes ennemis prendre la distance, 
Je me suis longtemps forgé le caractère, 
Car mon seul désir était de leur faire la guerre. 

 

J’ai appris la langue de mes ancêtres, 
Celle pour qui je me sentais renaître, 
Afin de comprendre mes frères d’armes, 
Dans le feu de l’action du sang et des larmes. 

 

Assauts répétés ! 
Guérilla sans cesse orchestrée ! 
De jours comme de nuits, nous n’avions pas de pitié, 
Pour nos ennemis qui nos femmes ont violées. 

 

Au bout de longues années, 
À force de voir leur sang versé, 
Et de leurs corps retournés vers leurs familles endeuillées, 
L’ennemi a décidé de déposer les armes sans aucune fierté. 

 

Enfin, la victoire fut acquise par notre volonté, 
Mais sans aucune hésitation nous avons accepté, 
Leur reddition pour le bien de nos deux nations, 
En rêvant que peut être un jour nous nous unirons. 

 

En mon cœur de combattant, 
Je souhaitais une chose ardemment, 
Vivre heureux et en paix avec les miens, 
Car un vrai combattant veut avant tout le bonheur des siens. 

 

De 

Rolland St-Gelais 
Québec (Québec) 
Canada 

 

Jeu de lignes

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Superbe jeu de lignes qui m’a fait réfléchir sur le sens de la vie. Réalisation artistique par mon ami et collaborateur de la France : Eri Kel

Jeu de lignes 

 

Depuis quelques jours 

Je réfléchis sur l’ensemble de mon parcours, 

Sur qui arriva, qui aurait pu arriver et qui n’arrivera peut-être pas,  

Inutile de se lamenter et de s’apitoyer sur la vie et ses lois. 

 

J’ai grandi comme tous les enfants de ce monde, 

Avec des membres en moins sans être pour autant immonde, 

Dans une région à l’hiver rude et dans une charmante petite ville, 

Un endroit délicieux où il faisait bon vivre appelé Sept-Îles. 

 

C’est là où j’ai grandi dans une maisonnée, 

Où joie et peine se manifestèrent à chaque année, 

Certains sont arrivés tandis que d’autres sont partis, 

Partis vers un endroit merveilleux appelé Paradis. 

 

J’ai connu dans ma modeste vie, 

Bien des gens parfois drôles, parfois méchants, 

Mais ils étaient plutôt indifférents la plupart du temps, 

Voilà pourquoi je n’en ai pas fait de cas puisque ce fut ainsi. 

 

J’ai aimé sans le savoir et surtout sans le vouloir, 

Parfois sur de belles dames, j’ai longuement fantasmé. 

Faisant des rêves inavouables dans le plus intime de mes idées, 

Maintenant je couche la tête libérée et tellement reposée. 

 

Me rendant-compte que tout n’est qu’un jeu, 

Où tout le monde gagne et perd toujours un peu, 

À chaque coup de dés ! À chaque carte laissée sur table ! 

Et puis nous recommençons jusqu’à ce qu’en être incapables. 

 

Épuisés de tenter un tant soit peu de comprendre, 

Ce qui nous est arrivé, ce que notre cœur a ardemment désiré. 

Malgré nos chagrins et nos vœux maintes fois exprimés, 

C’est alors qu’il faut accepter librement de se rendre. 

 

De se rendre à l’évidence, 

Que la vie n’est point une romance, 

Et que nos lignes tracées par notre existence, 

S’effacent comme sable du désert au grand vent. 

 

Jeu de lignes ! 

Lignes formant en nos esprits, 

Des jardins imaginaires pour nos cœurs épris, 

Finalement tout n’est qu’un jeu créé par une force divine. 

 

De 

 

Rolland St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

Déjà la fin

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Réalisation photo par Phylactère

 

Déjà la fin

 

Les jours raccourcissent, 

Alors que le temps rétrécisse, 

Dans le sablier au sable fin, 

Glissent les blancs grains.

 

Les couleurs vives de la vie, 

Sont remplacées la sombre nuit, 

À la chaleur de nos amours torrides, 

Prend place le froid de la solitude aride.

 

Les rires des enfants, 

Semblent se taire indéfiniment, 

Et le chant mélodieux des oiseaux multicolores, 

Quitte nos forêts boréales vers de lointaines aurores.

 

Et pourtant nous sommes immobiles, 

Figés dans l’encre du temps indélébile, 

Nus comme des vers surpris par l’arrivée de notre hiver, 

Mais en attendant, voici l’automne rougeâtre absent de vert.

 

C’est déjà le temps de se dire au revoir, 

À la pénombre mystérieuse du soir, 

Où se cachent farfadets de nos bois, 

Se cachant des animaux aux abois.

 

Dis-moi, chérie !  

Comment sera l’automne prochain ? 

Puis-je lire les lignes de ta tendre main ? 

Même si c’est la fin, rien n’est vraiment fini.

 

De

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

À l’abri des regards

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Dessin par Eri Kel de la France

À l’abri des regards

 

Que le temps passe!

Je vis cet instant et je trépasse.

Pas si longtemps je préparais mes pinceaux,

Alors que vous preniez grand soins de votre peau.

 

Sous la lumière d’un abat-jour,

Vous étiez à vos plus beaux jours.

Coups de pinceaux par-ci parfois par-là,

Découvrir votre beauté je n’en finissais pas.

 

Sous une chanson de ce groupe britannique,

Nous croyions vivre quelques moments sur le Titanic.

Un air ! Un refrain ! Qui nous mettait tout en extase.

En écoutant cette chanson métamorphosée en une phrase.

 

Une phrase toute simple mais si bien connue,

Pour un monde où l’amour est désormais inconnu.

Tout ce que nous avions besoin en ce temps-là fut d’aimer,

Aimer dans la joie ! Aimer pour aimer et simplement d’être aimé.

 

Mais qu’est-il donc arrivé à cette pauvre terre ?

Où règnent désormais vendeurs d’armes et maîtres de guerre.

Pouvez-vous chère dame, chère amie, me faire cette faveur ?

Puis-je être avec vous loin de ces regards en cette triste heure?

 

Oui, je veux être loin de tous ces regards.

Ici et maintenant avant qu’il ne soit trop tard.

Fermons ces pâles rideaux et éteignons les lumières,

Rejoignons cette époque où l’amour était l’unique mère.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada