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La dernière dance

La dernière danse

 

Aujourd’hui,

Ou plutôt cette nuit,

Nous ferons l’amour comme jamais,

Car je dois te confier un magnifique secret.

 

Un bien étrange secret qui me pèse à te dire,

Car j’ignore réellement comment tu vas réagir,

Après ces quelques jours, j’ai enfin reçu les résultats médicaux,

Après quelques instants d’attente je les ai lus, je suis restée sans mots.

 

Je porte en mon sein le fruit de notre amour,

De cet amour que nous avons juré qu’il en sera pour toujours,

Au pied de l’autel de cette église où toi et moi nous nous sommes mariés,

En cette église de cette foi où nous avons été baptisés puis confirmés.

 

En souvenir de ce temps,

Je porte ce châle transparent,

Afin de te plaire comme en cette première journée,

Dès que nos regards se sont croisés et nos cœurs se sont noués.

 

Oui, je porte notre enfant.

De cet enfant que nous voulions tant,

Mais avant de te le dire, je ferai une dernière danse.

Maintenant, un tout nouveau chapitre s’ajoute à notre romance.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Je suis seule à la Saint-Valentin

Je suis seule à la Saint-Valentin Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par G.B. d’Allemagne Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/I-m-lonely-870295534

Je suis seule à la Saint-Valentin

 

Aujourd’hui, c’est la Saint-Valentin.

Je suis seule depuis le petit matin,

Depuis que tu es parti prendre le train,

Je prends mon café et j’essaie de ne penser à rien.

 

Ce qui est loin d’être facile,

En ces temps où tout semble difficile,

Où le temps d’aimer en secret sans cesse défile,

S’aimer comme des amants loin des yeux de cette file.

 

Cela fait maintenant deux ans que nous nous voyons en secret,

Toi l’homme à la chevelure d’argent et à l’éclat parfait.

Moi la femme remplie de cette jeunesse qui te plaît,

Quel drôle de couple loin des regards indiscrets!

 

Nous avons passé la nuit à faire l’amour,

Même si tu avais juré à ta femme fidélité pour toujours,

Telle étrange sensation de bien-être de sentir cette chaleur en moi,

Quand tu me pénètres de ces forces vives qu’il y a en toi.

 

Que de mots d’amour tu me chuchotes à l’oreille,

Qui me transportent dans un univers rempli de merveilles,

Sentant tes doigts parcourir tout le long de mon corps,

À la recherche inlassable d’un mystérieux trésor.

 

Te présentant cette zone défendue,

Car je sais à tel point tu aimes ainsi me voir nue,

Avec tout mon amour, je te laisse aller à tes pulsions.

Ainsi nous vivons avec l’immoralité consumée notre passion.

 

Quelle imagination débordante,

Pour accomplir cette posture satisfaisante,

De ces mouvements répétés jusqu’à la jouissance,

Qui comble à la perfection cette belle nuit de romance.

 

J’aurais tant aimé te serrer toute la journée,

Mais bien sûr, tu as cette autre femme à aimer,

Cette femme qu’au pied de l’autel tu as épousée,

Ce beau jour de la Saint-Valentin, avec elle tu vas le passer.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

À jamais envolée

À jamais envolée ! Photo par Vicki Savard-Henley Poème par Rolland Jr St-Gelais

À jamais envolée!

 

Je me souviens du soleil,

Qui éclairait une telle merveille,

Qui dominait allègrement la blanche forêt,

Et de ce vent qui, sur les arbres enneigés, soufflait.

 

Je me rappelle ce ciel si bleu,

D’où regardait celui qu’on appelle Dieu,

Qui saupoudrait d’une neige immaculée,

Les arbres éparpillés sur cette terre où je suis né.

 

Marchand le long des sentiers enneigés,

Habillé chaudement et raquettes aux pieds,

Je me laissais guider par le sifflement du vent,

Qui me chuchotait des mots inconnus jusqu’à présent.

 

Ah ! Comme j’étais si heureux en ce temps-là.

Car pour oublier mes tracas, je devais faire quelques pas.

Ces pas dans la fine neige où tombèrent de chaudes larmes.

Et me laisser embrasser par le vent qui réconfortait mon âme.

 

Remplir mon être de cet air frais me fit alors prendre conscience,

Que rien en ce monde ne soit plus précieux que l’enfance,

Voilà donc quel était le secret longtemps gardé de ma sérénité,

Qui s’est pour toujours envolée en nos temps si troublés.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Paysage enneigé

Paysage enneigé Par Maryse Veysseyre Poème de Rolland Jr St-Gelais

Paysage enneigé

 

Je me souviens,

De ce pays lointain,

Où je suis né et j’ai grandi,

Un pays tout blanc nommé la Russie.

 

Je suis né dans un village près de la Volga,

Comme nous étions fiers en ce temps-là,

Mes frères étaient de valeureux soldats,

Mes parents s’occupèrent tout ce temps de moi.

 

Que de beaux souvenirs !

Qui me font encore sourire,

Quand je marche dans le sentier blanc,

À chaque hiver qui revient tous les ans.

 

J’entends le vent souffler,

Souffler dans les branches enneigées,

Des arbres qui recouvrent nos modestes maisons,

Dans lesquelles sortent en chœur de vieilles chansons.

 

Des chansons d’amour,

Des amours et des peines de toujours,

Aux paroles transportées par des douces mélodies,

Qui voguent à travers les plaines vides de l’oubli.

 

Je suis un enfant de la Mère-Patrie,

Une patrie riche d’histoires à l’infini,

Parmi ces histoires, il y en a une qui est la plus belle,

C’est celle que me raconte les vents de ma contrée éternelle.

 

C’est un conte mystérieux, avec grand regret.

Que le vent m’a fait promettre de le garder secret,

Car pour le comprendre il faut écouter le vent d’hiver,

Le vent de ce paysage enneigé, protégé à jamais des Enfers.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Songeuse

Songeuse par Séléné Alsace Poème de Rolland Jr St-Gelais

Songeuse

 

En temps normal, je suis bien rêveuse.

Mais, devant la nouvelle année qui est à nos portes.

Je me sens réellement de moins en moins forte,

Je dirais même que je serais très songeuse.

 

Certes, rien n’est écrit à l’avance.

Nous ne sommes pas des pantins qui dansent,

Aux notes jouées par des maîtres d’un monde obscur,

Qui, devant tant gens perdus, ils en ont que cure.

 

Je suis songeuse face à toutes ces frayeurs,

Dont les médias les entretiennent de nos peurs.

S’abreuvant tels des vampires du sang de nos appréhensions,

Tout en se vautrant tels des porcs dans la boue des irrésolues questions.

 

Pourtant, il suffirait de peu de choses pour tout changer.

Se promettre quoiqu’il arrive de garder un sourire dès notre levée,

D’offrir dans le secret une main secourable aux humbles démunis,

De savoir en temps opportun tourner la page pour le bien de l’esprit.

 

Car aucune force en ce monde ne peut venir en notre âme pour le briser,

Si on ne lui a pas, de notre plein gré, toute notre attention donnée.

Je suis certes songeuse en ce jour tout en rêvant d’un monde meilleur,

Veuillez mes amis me pardonner pour mon absence de quelques heures.

 

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada