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Une journée vraiment pas comme les autres

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Une journée vraiment pas comme les autres

 

Une journée vraiment pas comme les autres

Bonjour tout le monde,

J’espère que tout se passe bien durant votre weekend. Ici, au Canada, c’est le long congé de la fête du travail. Comme vous l’avez sans doute deviné, nous calquons souvent nos journées fériées sur celles des Etats-Unis puisque d’une part, nos relations commerciales et économiques sont intimement liées avec ce qui a lieu chez Oncle Sam et que, d’autre part, notre histoire est tout simplement imbriquée avec celui de notre voisin immédiat. N’oublions pas que nous avons également en commun la frontière la plus longue au monde. Pas étonnant qu’un vieil adage affirme ceci ;  » Les Etats-Unis ont la grippe mais c’est le Canada qui éternue. « 

857518Qu’à cela ne tienne, je vous parle dans ce présent article de ma dernière expérience vécue durant mon bref séjour dans la métropole du Québec, c’est-à-dire Montréal. Une expérience axée sur un domaine en parallèle avec celui de modèle nu et qui pourtant, croyez-moi sur parole, n’a strictement rien en commun. C’est bel et bien deux visions de la nudité opposées l’une à l’autre. Ce qui ne m’empêche pas, comme bien d’autres modèles nus tant masculins que féminins, d’être un sujet d’études ou de performance pour toute personne qui oeuvre dans le monde de la nudité artistique. Mon expérience avec la charmante Pénélope vécue jadis dans une chambre d’hôtel en plein cœur du centre-ville de Montréal est sans contredit la plus belle preuve que l’on peut en certaines occasions outrepasser l’art stricte de la nudité artistique en lui donnant un cachet purement érotique sans pour autant verser dans la vulgarité. L’exposition intitulée  » Festival d’art érotique de Montréal  » est sans contredit un incontournable à voir absolument dans le futur pour toute personne oeuvrant dans le monde du nu artistique et/ou érotique.

C’est ainsi, pour en revenir à cette journée exceptionnelle, que j’aiIMG_20170902_094553_687 décidé de visiter, et ce en en deux temps, une exposition axée sur l’art érotique. Qu’attend-t-on par érotisme ? Que pouvons-nous y découvrir sous le regard des auteurs ? Que pouvons-nous y percevoir avec nos sens ? Que voulons-nous y toucher avec nos propres yeux afin de se faire une idée, certes approximative, de l’évolution de l’érotisme au cours des âges ? Fait amusant, l’un des responsables de cette exposition m’a dit en référence avec ladite évolution que « chaque société a fait sa propre découverte, autrement dit redécouvre à sa façon, de la sexualité selon les critères propres au temps qui lui était alloué. » Bref, la nudité érotique est, à l’instar de la nudité artistique, tributaire de la société dans laquelle elle existe. Dis-moi comment tu vois ta nudité et ta sexualité, il y aura de fortes chances que je te dis dans telle époque tu vis. « 

IMG_20170902_071642_929Bref, j’ai passé toute la journée de ce vendredi à Montréal afin de mieux apprécier l’ensemble des oeuvres qui y étaient présentées. Toutefois, il m’est impératif de vous informer que ladite journée s’est déroulée en deux temps bien distinctes. En premier lieu, une bonne partie de mon après-midi fut consacrée à prendre le pouls des oeuvres choisies pour cette occasion. Que pouvais-je bien y trouver et dans quelle ordre ? Quels étaient les sous-thèmes liés à l’érotisme ? Étaient-ce le sadisme ou le masochisme ? Étaient-ce plutôt le fétichisme ou encore une vision plus perverse de la sexualité, voire le côté sombre qui réside, sans aucune exception possible, en chacun d’entre nous ? Je vous répondrai, et ce avec un plaisir à la fois coupable mais tellement délectable, que j’y ai retrouvé à peu près de tout. En second lieu, je suis retourné sur les lieux, un peu comme le ferait un pervert pour se délecter de voir les badauds être à la fois scandalisés et curieux face à une quelconque perversion aussi odieuse puisse-t-elle être, à l’occasion d’une double projection de films, sous formats de bobines, qui passèrent jadis de mains à mains afin d’éviter la censure au sein d’une Amérique puritaine. God bless America !

Quelles sont mes impressions d’une telle exposition ? Je vous répondsIMG_20170902_094842_736 en développant ces trois aspects précis et qui sont l’originalité de ladite exposition, la beauté des oeuvres exposées et  des thématiques inhérentes dans chacune des salles dédiées à cette exposition. Je dois dire à mon grand regret, et même si il m’est aisé de comprendre l’importance de préserver les droits d’auteurs, qu’il m’a été dans l’impossibilité de prendre des clichés de manière directe des oeuvres. Ce qui ne m’a guère empêché de réaliser soit des prises de vue d’ensemble ou encore des gros plans de certaines parties des oeuvres afin d’éviter tout manquement professionnel à l’égard des artistes qui ont participé à une telle exposition.

En ce qui concerne l’originalité d’une telle exposition, force m’est de constater qu’elle ne manque pas de panache. En effet, tout y est réalisé pour permettre aux nombreux visiteurs tant de sexe masculin que de sexe féminin de se sentir véritablement à l’aise en parcourant les cinq salles. Celles-ci ont d’ailleurs la particularité de monter d’un cran dans le degré, est-ce le bon terme à utiliser ?, de perversion sexuelle. Par exemple, la douceur de la licorne y est présentée à l’entrée alors que  la salle dédiée au sadomasochisme se trouve bien loin. Enfin, c’est là mon humble impression. Comme disent si bien les Suisses ;  » je dis çà ou je ne dis rien. »

IMG_20170902_094729_207Pour ce qui est de la beauté des oeuvres, elle y est présente en chacune d’entre elles. Tantôt, on y voit des oeuvres à caractères plutôt classiques et d’autrefois, la liberté de création se trouve accrue de manière, si j’ose m’exprimer ainsi, exponentielle. Chose étrange, et Dieu merci je ne suis pas le seul à avoir remarqué un certain élément, la présence d’oeuvres où le sexe masculin est présenté dans toute sa splendeur est quasi absente. Ce qui n’a guère exclu la chance incroyable de déceler quelques oeuvres dignes de mention parmi les créations exposées. Je pense notamment à une oeuvre précise où l’artiste semble s’être inspiré de l’image du bouc de Lucifer pour le réaliser. Qui plus est le phallus y est présenté avec grand soin.

Finalement, la thématiqueIMG_20170902_095000_017 des salles est aussi un élément qui a rendu ma visité tout à fait agréable. Que de richesses artistiques ! Que de créations aussi fantastiques les unes que les autres ! Quelle variété dans les oeuvres choisies !  D’ailleurs, et c’est là une preuve que la sexualité peut devenir une source incroyable d’inspiration, tout objet semble pouvoir devenir une interprétation d’une sexualité plus ou moins débridée ou tout simplement, disons-le avec honnêteté, hors normes ou encore sortie des sentiers battus. Autre preuve que la sexualité est à la base de nombreuses interrogations à la fois d’ordre morale et d’ordre de l’éthique non seulement propres à chaque époque mais aussi à chacun d’entre nous. En passant, je me suis quelque peu amusé en m’imaginant voir Sigmund Freud analyser chacune de ces oeuvres en essayant de comprendre le fonctionnement de pensées de leurs auteurs lors de leurs créations et, pourquoi pas ?, des réactions des personnes présentes à cette exposition. Bien évidemment votre humble serviteur ne fait pas exception à la règle.

IMG_20170902_065924_583En résumé, il est vrai que cette journée est loin d’être comme les autres. En effet, partir de Québec en autocar pour assister à une telle exposition et revenir dans la nuit relève d’une véritable passion pour la nudité sous toutes ses formes. Certes, j’y ai trouvé de véritables chefs-d’oeuvres dignes de mention. J’y ai aussi fait la rencontre de personnes réellement uniques dans leurs façons d’aborder et, par ricochet de vivre leurs sexualité et d’affronter leur nudité. Mais au-delà ces faits, le plus important c’est de constater jusqu’à tel point les libertés de conscience, d’expression et de circulation constituent le fondement d’une véritable société libre et démocratique. Qui plus est ! Sexualité et liberté vont de pairs dans les méandres de l’histoire.

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Une exposition impressionnante!

Rolland St-Gelais & Sandra Caissy

Rolland St-Gelais & Sandra Caissy

Bonjour tout le monde,

Je me rappelle qu’un des objectifs de mon blogue est de promouvoir le domaine artistique. Non pas de la même manière que nous sommes habitués de lire via les critiques artistiques, mais plutôt selon mes propres expériences personnelles ainsi qu’à travers les multiples rencontres que j’ai réalisées avec des artistes œuvrant dans des domaines variés. Pour se faire, je dois toujours être à l’affût d’expositions, de faire des rencontres avec de nombreux artistes et ne pas craindre de dialoguer avec eux. Dieu merci! Je reste dans l’une des plus belles villes d’Amérique du Nord où les arts sont bien représentés au sein de population de plus en plus cosmopolite. Ne dit-on pas que la diversité enrichit une nation mais qu’une nation sans diversité est vouée à une disparition certaine?

Une artiste formidable

Une artiste formidable

J’ai la chance d’avoir parmi mes amis et amies des artistes formidables qui œuvrent sur de nombreux projets dont les thèmes ne cessent de m’étonner. Tantôt triste, tantôt lugubre, tantôt rempli de joie allant parfois jusqu’à l’exubérance, leurs champs de travail sont d’une largesse quasi sans limite. J’admet volontiers que quelques-uns s’extirpent du lot tant leurs particularités les rendent uniques à mes yeux. De plus, j’ai la chance de côtoyer certains de ces artistes dans ma vie quotidienne. C’est notamment le cas d’une femme remarquable dont le talent artistique est des plus prometteurs. Et, j’ai nommé Sandra Caissy.

Elle a eu l’amabilité de m’inviter au vernissage de ses œuvres d’art dont le sujet est tout à fait inusité. Inusité à la fois sur la sensibilité qui s’en dégage que par le côté tabou présent dans notre société. En effet, le suicide est loin d’être un sujet de discussion animée autour d’une table entre amis et, encore moins, lors d’un réveillons de Noël ou du Nouvel An. Et, pourtant, il s’agit d’un des pires fléaux de notre époque. Époque, faut-il le rappeler?, où les commodités de la vie n’ont jamais été aussi accessibles pour la majorité de mes concitoyens. Le suicide est également rempli de mystère, de questions souvent sans réponses et de crainte. Crainte de l’inconnu, de l’autre qui a posé l’acte et de soi qui peut aussi le faire à son tour.

Je vous le dis d’emblée. Cette exposition n’a rien qui encourage les personnes qui le visitent à se suicider. J’affirmerais plutôt que

Magnifique!

Magnifique!

c’est tout le contraire. Elle favorise un nouveau regard sur les étapes que doivent monter de manière graduelle la personne au prise avec le désir de se priver du don magnifique qu’est la vie et qui aurait besoin simplement, ne fut-ce qu’un instant, d’une écoute sincère et d’une main tendue. Personnellement, j’y suis allé avec une certaine appréhension laquelle provient du suicide de l’un de mes cousins qui s’était fait enrôlé au sein d’une organisation machiavélique au début des années 1990. Aurais-je pu lui venir en aide lorsqu’il avait téléphoné afin de passer quelques temps avec moi? Je ne le saurai jamais puisque mes études universitaires m’avaient éloigné de ma famille durant ce temps. Dommage!

Mais, revenons à l’exposition intitulée « La Suicidée« ! Il s’agit d’un «… projet d’exposition transdisciplinaire abordant la question de l’idée de mort volontaire par l’intermédiaire de l’autoreprésentation.»

Poésie

Poésie

C’est justement cette autoreprésentation qui rend cette exposition vraiment intéressante. Je me suis promené allègrement dans les dédalles, tel un labyrinthe, où se trouvèrent des dessins, des photos, des poèmes et autres supports médiatiques alimentant ma réflexion sur le suicide. Pourquoi donc vouloir poser un tel geste de non retour? D’ailleurs, une telle réflexion semble avoir été vécue par l’artiste elle-même puisqu’elle affirme que c’est «… dans un contexte d’auto-observation de mes propres pensées et de mes états d’âme douloureux causés par des symptômes dus à stress post-traumatique (…) que j’ai utilisé l’art comme lieu d’amplification de la réalité pour la transformer en une histoire tragique inventée.»

Il va de soi qu’il est préférable d’avoir un temps suffisamment long prévu à notre horaire afin de pouvoir admirer l’ensemble des œuvres présentées à cette exposition et ce, pour les raisons suivantes. En premier lieu, c’est un plaisir de partager avec l’artiste. Une femme superbe dans tous les sens du terme. En deuxième lieu, chaque œuvre nous incite à nous interroger sur ce que peuvent ressentir les gens qui sont au prise avec des idées suicidaires. Et, en dernier lieu, les visiteurs doivent avoir la possibilité de prendre du recul face au sujet proprement dit: Ce n’est pas, et ce ne sera jamais, la promotion du suicide. En effet, le désir de vivre est omniprésent. Bravo à l’artiste!

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada