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Le roman inachevé

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Avec la permission de Sandrine C. Crédit photo : Jean Picselle

Le roman inachevé

J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines, 
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines,
J’ai tout appris de toi jusqu’au sens du frisson.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre,
Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant, 
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre,
Que serais-je sans toi que ce balbutiement …

Assoupie en liberté

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Primeur offerte par mon amie Angélina de la France

 

Un de mes plus beaux poèmes à ce jour

Assoupie en liberté

 

Je suis simple fille d’une mère,

Qui est née durant la dernière guerre,

D’un père mort sur les champs d’honneur,

Pour son malheur mais pour sa patrie son bonheur.

 

Je naquis dans un village de Provence,

Où j’ai grandi jusqu’à la fin de mon adolescence,

J’y ai fredonné des chansonnettes de mon enfance,

Tout en faisant la rencontre de mes premières romances.

 

Mais nécessité oblige j’ai quitté ces lieux,

Pour me diriger sous d’autres cieux,

Remplaçant le parfum des fleurs,

Par celui de la faim et de la peur.

 

Dans cette ville-lumière,

J’y ai vécu la pauvreté et l’enfer.

Mais, parfois, des mots tendres prononcés,

Par des hommes aux mains baladeuses et mal intentionnés.

 

Je n’en pouvais plus de satisfaire ces notables,

Aux dents blanches et à la parole si facile,

Pour qui tout devait leur être si docile,

Et pour qui tout leur était redevable.

 

Dans la bise de la nuit,

Je me suis rappelé mon village chéri,

Où les gens avaient un cœur toujours attendri,

Et une main toujours secourable pour les démunis.

 

Décidée de rejoindre gens de mon pays,

De cette contrée aux milles champs fleuris,

Où sonnèrent cloche d’église et mille clochettes,

Celle de mon église et de toutes ces charmantes biquettes.

 

Je fis ces quelques pas,

Toujours en allant tout droit,

Sans jamais un seul instant me retourner,

Car au fond de mon âme autre devait être ma destiné.

 

Quel beau village où je suis née,

Quel magnifique village où je suis retournée,

Quel prés vert de celui de mon ami Jacques et tous ses vers,

Que j’aimais tant écouter sans dire mots lorsqu’il prenait un verre.

 

Aussitôt arrivée à la clairière de la forêt,

J’ai préféré me diriger vers les champs et y faire un arrêt,

C’est en entendant les oiseaux de ces bois chanter,

Que je me suis finalement assoupie en liberté.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

L’entre-deux guerres

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Magnifique dessin de Gérard Teillot

L’entre-deux guerres

 

Dans ce temps-là, les femmes étaient belles tout simplement.

À cette époque où tout était permis assurément,

Pour les amoureux et les amants,

Avec un cœur gaiement.

 

On ne se souciait guère,

D’une possible nouvelle guerre,

Car des souvenirs de jadis nous n’avions que faire,

Et les larmes firent place aux rires aussitôt passé cet hier.

 

Les dames coquettes de Paris,

Étaient aussi jolies que celles de la Normandie,

Croyez-moi, c’est moi qui vous le dis mes chers amis.

Sans oublier celles du nord et bien entendu du chaud Midi.

 

À que ces années folles, ces années vingt!

Aussi enivrantes et joyeux que du bon vin,

Que je ne peux en y pensant un seul instant me taire,

En revivant dans mes pensées de jeunesse aux années de l’entre-deux guerres.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Dos

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Dessin par mon ami Eri Kel de la France

Dos

 

Vous savez quoi?

Je suis qu’une femme, moi.

Pas une héroïne de bande-dessinée.

De père et de mère je suis simplement née.

 

Étant jeune, je suis allé à l’école.

Où j’ai rencontré un garçon, un pot de colle.

Plus tard, lorsque je fréquentais le collège.

Où je devais décider mon métier mais qu’en savais-je?

 

Et puis un jour,

J’ai connu le grand amour.

Celui que l’on rencontre une fois dans sa vie,

Pour une question bizarre je l’ai connu une nuit.

 

Noces riches et majestueux gâteau

Ce que j’étais belle, ce qu’il était beau

Invités comblés et parents tellement heureux

De voir leurs enfants chéris voler sur de nouveaux cieux.

 

Nous avons fondé grande famille

Maisonnée simple aimant la camomille

Garçons espiègles et fillettes pas toujours sages

Voilà le début de ce qui semblait être un doux voyage.

 

Et puis vint la terrible guerre

Je m’en souviens comme si c’était hier

Celle tant voulue par un tout petit petit caporal

Un être assoiffé de grande puissance et si immoral.

 

C’est ainsi que furent enrôlés mes fils chéris

Qui quittèrent mon petit coin tranquille de Paradis

Pour s’engloutir dans l’enfer loin de leurs père et mère

Afin de combattre un homme qui allait devenir célèbre, un certain Hitler.

 

Fils furent tués aux combats

Mes larmes allègrement je versas

Que je versais encore bien des fois

Lorsque j’ai perdu mon mari, mon amour, mon roi.

 

Aujourd’hui, je revois les jours de jadis.

Alors je deviens, vous comprenez, bien triste.

Car je me rappelle d’avoir prié pour leurs âmes là-haut.

Que pouvais-je faire autrement sinon d’en avoir plein le dos?

 

De

 

Rolland St Gelais

Québec (Québec)

Canada

L’envol

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Dessin fort inspirant par mon ami Eri Kel

L’envol

 

Ce soir m’est venue cette envie

D’être devant vous mes tendres chéris

Simplement remplie de bonheur et de vie

Car j’ai rendez-vous avec un homme cette nuit.

 

Et pour me faire une idée

Nouvelles poses nues je ferai

Car je me sens tellement joyeuse

Que je voudrais rendre mes amies heureuses.

 

Malgré que je sois avancée en âge

J’aimerais encore vivre en filles pas très sages

Pendant qu’il en est encore le temps et le bon moment

Avant de quitter ce monde merveilleux que j’aime tant.

 

Oui, je sais! Oui, maintenant je sais!

Comme fredonnait si bien Jean Gabin.

Dans sa douce chanson mais un triste refrain

Aujourd’hui est et demain ne sera peut être pas, c’est un fait.

 

Voilà la raison de mon désir

D’être dans les bras d’un homme

De sentir en moi sa virilité en somme

Et puis d’entendre après son doux soupir.

Voilà pourquoi je peux vous paraître un peu folle

De vous raconter quelques folies quelques farandoles

Et puis? Ai-je commis un crime? Ai-je fait un meurtre ou un vol?

Je désire simplement pour une dernière nuit, une dernière fois prendre cet envol.

 

De

 

Rolland St Gelais

Québec (Québec)

Canada

Si seule dans cette foule

 

Avis aux intéressés !

Pour vous procurer un des ouvrages de ce photographe extraordinaire, veuillez écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de 

Si seule dans cette foule

 

Perdue dans mes pensées,

Malgré moi, elles ne font que passer.

Me sentant étouffer par mes vêtements,

Fabriqués par des êtres si méchants et si déments.

 

Finalement, n’en pouvant plus,

J’ai fait le pas et je me suis mise nue.

Afin de sentir l’air frais caresser sur ma peau,

Je me suis alors rappelé comment tu étais beau.

 

Lorsque nous étions ensemble cette nuit,

Dans la chaleur bienfaisante des draps de mon lit,

Où nous nous sommes librement avec tendresse offerts,

Loin des anges des cieux et des démons des lointains enfers.

 

Maintenant que tu es là, devant moi.

Avec grand sourire aux lèvres, je vais vers toi.

Je ressens ce désir surgir en moi telle une vague, une houle.

Ce désir de me donner car je me sens si seule dans cette foule.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le temps du repos

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Magnifique dessin de mon ami Eri Kel de la France

Le temps du repos

 

Bonsoir mes chers amis,

Comment allez-vous mes chéris?

Ce que je suis heureuse de vous revoir,

En cet instant où dame lune annonce le soir.

 

J’aimerais vous demander une faveur,

N’ayez crainte, rien qui vous fera bien peur.

Je souhaiterais tant prendre une simple pose,

Celle qui me plaira pour un court moment, si j’ose.

 

Car je sens mon corps rattrapé par l’âge,

Et qui ne cesse de me faire penser à cet adage:

“Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire”,

Voilà triste réalité qui me fait tant souffrir.

 

Quelle époque de ma folle jeunesse,

Où j’ai connu jeunes amants m’offrant leurs caresses,

De ce temps où herbes interdites garnissaient bien des stocks,

Dans les chansons d’amour et de liberté ici ou à Woodstock.

 

Quel temps méconnu à notre ère,

Où les plaisirs sont devenus si éphémères,

Où l’être humain a perdu son âme et ses valeurs,

En s’isolant de ses frères et ses sœurs au sein de leurres.

 

Maintenant que tombe la fraîche pluie,

Et que dans vos yeux brille votre légitime envie,

D’immortaliser la fragilité de ma nudité vieillissante,

Permettez-moi que je puisse rejoindre ce qui me hante.

 

Ce temps de jadis! Ce temps longtemps révolu!

C’est vrai, je suis une simple femme si frêle et si nue.

Permettez-moi que j’aille retrouver ceux qui sont là-haut.

Dans mes rêves en cet instant, en ce temps de repos.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Repli sur soi

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Dessin de Eri Kel de la France

Repli sur soi

 

C’est nécessaire,

Comme prendre une bouffée d’air,

C’est même, avouons-le sans gêne, vital.

Car il n’y a rien de semblable et même de normal.

 

De vouloir un instant se retirer,

Pour se sentir revivre, voire ressusciter.

Prendre un moment de recul, de repos et de retrait.

Pour prendre conscience qu’il faut savoir sur le passé faire un trait.

 

Point de honte de penser à soi,

Point de gêne à avoir de déposer un lourd poids,

Point du culpabilité à vouloir dans un coin se terrer,

Point de déshonneur devant la stupidité de ce monde s’en écarter.

 

Car il y en va de sa survie,

Comme bien d’autres questions de la vie,

Questions qui nous viennent à l’esprit dans l’enfance,

Et qui ne cessent de nous hanter durant notre adolescence.

 

Pourquoi, nous pensions, cela est-il arrivé?

Pourquoi, nous supposions, une telle destinée?

Pourquoi, nous croyions, une telle volonté divine?

Questions insipides aux diverses réponses que l’on devine.

 

Vous savez qu’à mon âge,

J’ai connu bien des coquines aventures,

Des hommes que j’ai embrassés sous les devantures,

Et, sans aucun regret, je reconnais que je ne fus pas très sage.

 

Voilà que maintenant cheveux argentés,

Prirent la place d’une chevelure jadis blonde et tant adulée.

Et de la jeune fille, je suis devenue dame à la silhouette si enviée.

D’un regard envoûtant accompagné par mes lèvres convoitées.

 

De grâce, mes tendres chéris en ce lieu en ce soir.

Ne m’en voulez pas si pendant la pose je ferme mes yeux noirs.

Je pense à tous ceux d’autrefois qui ont mis mon cœur en émoi.

Ah quel plaisir ! Ah quel bonheur ! De profiter d’un repli sur soi.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

En ce jour de la Suisse

 

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En ce jour de la Suisse (1er août)

Je désire par la présente souhaiter une bonne fête nationale aux citoyens de la Confédération helvétique. Vous avez amplement raison d’être fiers de vivre dans un pays si magnifique où règne une paix qui fait l’envie de bien des gens de par le vaste monde.

Qui plus est! Votre amour de la culture démontre sans aucune ambiguïté que vous êtes parmi les peuples les plus ouverts à la diversité sans pour autant renier votre passé et votre propre culture. Une culture de grande richesse.

Honneur à vous et longue vie à la Suisse!

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Avant que viennent les rayons du matin

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Avec la permission spéciale de Alice F.

Avant que viennent les rayons du matin

 

Maintenant, que la nuit est tombée.

Et que tu te sens si fatiguée, si épuisée.

Ce qui n’enlève rien à ta beauté et à ta sensibilité,

Car ton âme a su absorber de ce monde sa méchanceté.

 

Ce que tu es superbe en ce moment,

Quand je te vois t’approcher de moi doucement,

Et moi je ne dis point un mot pour calmer tes douleurs,

Car c’est dans le silence que se trouve remède de grande valeur.

 

Avec des pas de velours tu glisses sur le plancher,

Et de la douceur de mes lèvres, tu veux ta soif étancher.

Je ne sais que dire en vivant avec toi ce rêve éveillé,

De grande crainte de subitement me réveiller.

 

Oui, si tu le veux vraiment, je serai à toi.

Oui, si tu le désires, avec toi tu seras en moi.

De corps et d’esprit libres nous serons enfin unis,

Et j’extirperai de toi tout ce qui te fait souffrir et te détruit.

 

Je ne veux qu’une chose: te tendre ma main.

Celle de mon coeur car celles de mon corps sont disparues,

À tout jamais dans le néant bien avant en ce monde ma venue,

Prends-la, je t’en supplies. Avant que viennent les rayons du matin.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada