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Les fissures du temps

Les fissures du temps. Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Eri Kel de la France

Les fissures du temps

 

Bien le bonjour mes précieux amis,

Je poursuis ma promenade en votre compagnie.

Une balade en cette forêt en ce début du printemps.

Un moment propice pour une réflexion en ce triste temps.

 

N’allez surtout pas croire que je suis du genre à me lamenter.

Vous savez depuis longtemps que j’adore la vie l’hiver comme l’été.

Voyez-vous ? Les situations actuelles me poussent à réfléchir.

Sur les multiples raisons de vivre bien avant de mourir.

 

Tout comme vous, je ne possède pas les réponses aux questions.

Je suis qu’un être humain qui tente au jour le jour de ne pas perdre la raison.

Une raison partagée avec la foi donnée par mes parents et transmise par leurs aïeux.

Ce sont des atouts pour découvrir en ce monde tout ce qu’il a de merveilleux.

 

Au fil de mes pas sur la terre fraîche, j’ai fait la rencontre d’un vieux chêne.

Un arbre qui, à mes yeux incrédules, semblait vouloir se libérer de ses chaînes.

Un témoin de l’histoire jonchée parfois d’illustres héros, plus souvent d’inconnus.

Des gens, comme vous et moi, qu’ils soient riches ou pauvres, naissent pourtant nus.

 

Contre toute attente, un miracle se produisit sous mon regard tel un inquisiteur.

Ma mère me disait jadis, face à mes questions, qu’à chaque chose arrive son heure.

Elle avait raison, car une chose prenait vie, sous l’écorce asséchée, de cet être si sage.

La réponse à la question que les êtres humains se posent depuis le fond des âges.

 

Pourquoi vivre si notre finalité est d’embrasser la froideur sidérale du néant ?

À vrai dire, la mort n’est pas la fin de la route, car il y aura toujours un printemps.

La vie existera toujours tant dans nos souvenirs qu’en nos espoirs en l’avenir.

Et ce, en dépit des mensonges colportés par les devins qui ne font que rire.

 

C’est au pied d’un arbre qui a connu aussi bien l’amour que la guerre.

Un chêne qui a grandi au fil des années sur les terres de mon grand-père.

Que j’ai compris que c’est souvent en nous promenant et en chantant !

Que nous résolvions nos questions à travers les fissures du temps !

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

Dans ses mains

« Dans ses mains » Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo & modèle féminin : Jenovaxlililth

Dans ses mains

 

Me promenant un matin,

Un matin sans penser au lendemain.

Écoutant les chants des oiseaux dans les bois,

Tout était calme dans mon cœur jusqu’au moment où je la vois.

 

Elle était là, assise bien sagement, sur une pierre.

Je la regardais bien silencieusement en humant l’air.

J’admirais son visage bien candidement avec délicatesse,

En me demandant d’où pouvait bien provenir cette princesse.

 

Elle avait les yeux clos et le visage tellement beau.

Elle avait la peau blanche et douce comme un roseau.

Elle portait une robe de satin qui lui allait si bien.

Elle portait une chevelure rouge comme le vin.

 

Mon regard se dirigea alors sur ces mains.

Jamais je n’ai vu de pareilles merveilles, c’est certain.

Des signes magiques y étaient étrangement représentés.

Des symboles de la kabbale venue de l’antiquité.

 

Voilà pourquoi, j’ai été envoûté.

Voilà pourquoi, mon cœur a été charmé.

Que pouvais-je faire pour m’approcher d’elle?

Que pouvais-je faire qu’elle ne s’envole telle une hirondelle?

 

Que la vie est parfois si indue !

Moi, qui à mon âge, je croyais avoir tout vu!

C’est par un matin d’été que je découvre une telle beauté.

Alors qu’il me reste peu de jours à vivre avant de partir pour l’éternité.

 

Plus jeune, j’aurais pu l’inviter au bal pour danser.

Plus jeune, j’aurais pu l’amener dans des pays si étrangers.

Mais, maintenant que je suis rendu vieux, tout ce que je peux faire.

C’est de me remémorer mes plus beaux souvenirs comme si c’était hier.

 

Ô, mon Dieu, veuillez exaucer cette humble prière.

Moi, homme qui a parcouru des pays en paix ou en guerre.

Veuillez déposer mon corps en ces mains lorsque le moment sera venu.

De quitter ce monde si magnifique et ainsi retrouver mes aïeux dans les nues.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Sous les couleurs

Sous les couleurs Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Pajunen Source : https://www.deviantart.com/pajunen/art/Lazarus-Tree-849876865

Sous les couleurs

 

En cette belle journée,

En un lieu calme, je suis allé.

Pour me souvenir, me rappeler,

De ces gens qui sont venus en ma vie essaimer.

 

Des souvenirs tendres, des souvenirs éternels,

Qui me fait prendre conscience comme la vie est belle.

Qui me fait apprécier chaque journée qui passe sous le soleil,

Jouir tout autant de celle sous la pluie telle une merveille.

 

Sur des pierres grises,

J’y ai découvert quelques surprises,

Des mots et des écrits soufflés par la brise,

Des paroles qui me revinrent en mon âme éprise.

 

Ne jamais revivre dans le passé,

Ce qui n’interdit pas de se rappeler,

De tous ces gens qui à jamais nous ont quittée,

En espérant qu’un jour, nous les rejoindrons pour l’éternité.

 

Vivre l’instant présent,

C’est aussi en nos vie penser à ces gens,

De nos aïeux, qu’ils étaient chevaliers ou paysans.

Une journée en leurs noms n’est-elle pas consacrée une fois l’an?

 

C’est dans la quiétude de ce lieu,

Que j’ai compris qu’il ne faut jamais dire adieu,

Car, de toutes les richesses en ce monde, la vie est un don de Dieu.

En cette journée, c’est avec mon cœur que j’ai pu contempler les cieux.

 

Sous les couleurs d’automne,

Qui, ma foi, sont loin d’être monotones.

Et que le vent à travers les branches ronronne,

Qu’en chaque endroit une certaine beauté m’étonne.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Seule dans ces bois

Seule dans ces bois Poème de RollandJr St-Gelais Photo par Gbd62 Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/The-chieftainess-863860011

Seule dans ces bois

 

Seule en cette forêt, seule dans ces bois

J’entendais le toc-toc-toc du pic-bois

Qui cognait avec son bec sur les chênes

Avec un rythme qui, avec entrain, s’enchaîne.

 

J’imaginais mon peuple qui jadis habitait ces lieux

Qui vivait de pêche et de chasse sous les cieux

Un peuple vivant sous des tentes de peau

Et qui naviguait sur les ruisseaux.

 

Je discernai le vent soupirer

Sur l’herbe tendre et verte de cette terre

De cette terre qui appartenait à mes frères

Et à mes sœurs qui s’occupaient de leurs maisonnées.

 

Je suis issue d’un clan beau et fier

Qui appréciait le temps qui passe tel un courant d’air

Vivre le présent sans pourtant autant faire fi des dangers

Mais à chaque chose en son temps en utilisant son savoir-faire.

 

Dans ces bois, je suis isolée

Mais quelle sensation de bien-être

D’être simplement sous les nombreux hêtres

Qui protègent des regards indiscrets mon intimité.

 

Les cheveux dansants dans le vent bienfaisant

Qui virevoltèrent sur mes épaules paisiblement

Soucieuse de respecter le caractère sacré des lieux

Le silence était de mise par respect envers mes aïeux.

 

Il faut parfois se taire pour mieux se connaître

Il faut parfois être seul pour de ses cendres renaître

Il faut parfois être isolé pour davantage apprendre

Car c’est en soi que l’on finit par mieux comprendre.

 

Je suis entièrement seule dans cette forêt vierge

Dans ces bois qui s’étendent à des milliers de verges

Où les animaux sauvages errent sous les feuillages

De ces arbres dont on ne saurait deviner leur âge.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Nous devons faire preuve d’humilité

Nous devons faire preuve d’humilité poème de RollandJr St-Gelais Photo par Gfriedberg Source : https://www.deviantart.com/gfriedberg/art/Passio-secundum-G-860207202

Nous devons faire preuve d’humilité

 

Je t’en prie Dieu,

Je suis prêt à accomplir un vœu,

N’importe lequel que tu réclameras des Cieux,

Quitte à aller le rejoindre, si tel est ton désir, avec tous mes aïeux.

 

Pourtant, cette année avait pour moi bien commencé.

Mais personne en ce monde n’est à l’abri de bien étranges fatalités,

Que s’est-il donc passé pour voir ainsi la terre arrêter de tourner?

Et de voir les rêves de tant de gens innocents dans le vent s’envoler.

 

Toutefois, un tel événement me fait comprendre,

Qu’à notre jeu, on risque un jour ou l’autre de se faire prendre,

À force de jouer tels des anges déchus avec ta belle création mère-nature,

Que nos sciences, notre fierté, soient les causes de bien nos tortures.

 

De toutes pièces un virus a été créé,

Dans un laboratoire militaire il fut élaboré,

Des mains de savants malintentionnés, il s’est échappé,

Se répandant tel un fléau sur cette terre atteignant des gens désabusés.

 

Maintenant, tu oses menacer celui qui m’a montré à marcher.

Mes premiers pas qui ont été pour moi la chance de ce monde l’explorer,

Saleté de virus! Par les rituels d’exorcisme je t’ordonne de nous quitter.

Retourne là où ces savants fous dans leurs fioles infectées t’ont créé.

 

Sois détruit pour toujours et ne reviens plus jamais, je t’en conjure.

Toi qui as enlevé tant de vies, sur ton chemin tu me trouveras, je le jure.

Toutefois, tu nous enseignes une grande leçon, je dois bien l’avouer.

Devant Dieu et la nature, sans cesse nous devons faire preuve d’humilité.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada