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La relève ne saurait tarder

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Dessin très inspirant réalisé par Eri Kel de la France

La relève ne saurait tarder

 

En cette nuit du 6 juin, 

Où tous ces hommes venus d’outre-mer, 

Sont venus libérer ma patrie, mon pays et ma mère. 

Ayant une seule pensée qui dans leurs cœurs et leurs âmes les rejoint.

 

Entendant au loin éclats d’obus et sifflements, 

Annonçant notre libération tôt ou tard assurément, 

Je sentis en moi grande fierté et immense espoir, 

De voir tomber ce rideau de haine et de désespoir.

 

Mais, j’ignore la raison. 

Je m’étais endormie sur le canapé, 

Entièrement nue sans être voilée ni drapée. 

Avais-je rêvé d’être courtisée par un charmant garçon ?

 

De ces garçons venus de l’Angleterre ? 

Qui firent la promesse de revenir vers mères et pères ? 

Ou de ces jeunes hommes venus du blanc pays appelé le Canada,  

Qui allèrent avec courage et bravoure refouler ennemis de ce pas.

 

Allez mes braves ! Venez vers moi qui vous attends. 

Me suis-je dite, croyant entendre une voix dans le firmament. 

C’est alors que je fus atteinte par une balle perdue ciblant mon corps nu. 

Sans retenu, sentant mes forces avec lenteur disparaître, je me  suis étendue.

 

Pas un mot n’ai-je prononcé ? 

À quoi bon ?! J’ai si souvent répété. 

Entendant cris divers, cela aurait été futilité. 

Je devins peu à peu semblable à une rivière desséchée.

 

Je levai alors les yeux vers le ciel pour implorer, 

Pour qu’avant de partir de ce monde on puisse m’exaucer, 

Accorder une dernière faveur pour ceux qui vont aussi tomber, 

Je ne demande qu’une chose : Que la relève ne saurait tarder.

 

De

 

Rolland St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada

 

En hommage aux civils tués lors du débarquement du 6 juin 1944 en Normandie 

Ce sein

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Par Sarah Saudek

Ce sein

 

 

Mon si tendre enfant, 

Ce que j’ai pensé à toi en dormant 

Ce que je te désirais chaque nuit en rêvant, 

Avec ton adorable père que j’aimais tant.

 

 

Il est maintenant porté disparu au front, 

Un jour, de nouveau nous nous retrouverons. 

Le jour où à jamais les canons se seront tus, 

Comme jadis ton père et moi nous étions souvent nus.

 

 

Dans une modeste maison, 

Où de bon cœur sans cesse nous rions. 

Entendant au loin le chant mirifique des oiseaux, 

À cette époque où tout était calme où tout était beau.

 

 

Nous ne connaissions pas la richesse vue par les hommes, 

Qui calculent leur bonheur par l’accumulation de sommes. 

Mais de notre liberté de quelques sous et de notre amour, 

Cela suffisait pour combler nos besoins de tous les jours.

 

 

Ce que j’étais bien dans ses bras, 

Jusqu’à ce jour fatidique où on le força, 

À servir le drapeau et apprendre à marcher aux pas. 

Quelle triste constatation que seul l’humble au front ira.

 

 

Maintenant que je suis avec toi dans cet immeuble, 

Dans ce logis avec pour tout quelques meubles, 

J’ai pour consolation de te tenir dans mes mains, 

Alors, je te donne avec grand amour mon sein.

 

 

De

 

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

Boire l’amertume !

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Dessin réalisé par Denis M. de Montréal 15 septembre 2018

Boire l’amertume  !

 

J’ai soif sur ma croix, 

Sur cette croix fabriquée par ma folie, 

Folie vécue de jour comme de nuit, 

Ébranlé par mes doutes sur ma foi. 

 

Sur ma foi envers l’humanité, 

Sur ma foi sur notre commune destinée, 

Sur ma foi envers toi et moi et nous, 

Sur ma foi qui a fait chacun de vous. 

 

Je bois ce vin amer, 

Venant des profondeurs des mers, 

De ces femmes qui ne deviendront jamais des mères, 

Et de ces hommes qui auraient désiré devenir des pères. 

 

Je bois cet élixir, 

Qui me fait tant souffrir, 

Je m’enivre de cette maudite boisson, 

Qui me soûle l’âme et me brise les veines tel un poison. 

 

Boire dans mon lit à la brunante du matin, 

Boire la cigüe tel le philosophe des temps anciens, 

Boire cet insipide venin servi par cette dame brune, 

Boire tout mon mal-être ! Boire simplement mon amertume ! 

 

De 

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

Recto

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Dessin par Eri Kel de la France

Recto

 

Rectitude sociale ?
Où les hommes ont un âge mental ?
D’un enfant à peine âgé de cinq ans ?
Où moral et éthique sont absents ?

 

Non merci, trop peu pour moi.
Je ne veux pas être comme ça.
Dire ce que les autres veulent entendre,
Serait pour moi joues gauche et droite les tendre.

 

Je suis du signe du verseau,
Signe divin à la recherche des égaux,
Je vis de mes sentiments et de mes idéaux,
Même si je sais que le monde ne sera jamais beau.

 

C’est en songeant ceci et à cela,
Que je m’installe devant vous tout droit,
Dessinez bien mes amis car il le faut,
C’est maintenant le temps du recto.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Mes seins

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Dessin par Noble Roro de la France

Mes seins

 

Mes seins vénérés,

Tels des saints sans cesse priés,

Par des hommes les mains jointes,

Ou encore occupées à des choses moindres.

 

Mes seins à la peau basanée,

Qui a fait le délice de nouveaux-nés,

Et qui maintenant attendent la douceur des doigts,

De ceux de mes nombreux amis et amants de bon aloi.

 

Allez-y! Gâtez-vous mes chéris!

Savourez-en jusqu’à plus soif le nectar exquis,

Admirez la rondeur de ces magnifiques mamelons,

Léchez-en leur pourtour pour votre plus grande satisfaction.

 

Point de plaisir là où il y a de la gêne,

Alors aussi bien en profiter si on est destiné à la Géhenne.

Car à notre dernier souffle regret sera pour ce que l’on a pas fait,

Regrettant d’avoir agit selon l’hypocrite vertu, voilà l’ultime secret.

 

Vie bien amère pour l’âme en peine,

De constater qu’amertume coule dans ses veines,

Et qu’au soir de sa vie sur la route de ces mondes inconnus,

Prendre plaisirs interdits l’on a pas connu aux moments venus.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Assoupie en liberté

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Primeur offerte par mon amie Angélina de la France

 

Un de mes plus beaux poèmes à ce jour

Assoupie en liberté

 

Je suis simple fille d’une mère,

Qui est née durant la dernière guerre,

D’un père mort sur les champs d’honneur,

Pour son malheur mais pour sa patrie son bonheur.

 

Je naquis dans un village de Provence,

Où j’ai grandi jusqu’à la fin de mon adolescence,

J’y ai fredonné des chansonnettes de mon enfance,

Tout en faisant la rencontre de mes premières romances.

 

Mais nécessité oblige j’ai quitté ces lieux,

Pour me diriger sous d’autres cieux,

Remplaçant le parfum des fleurs,

Par celui de la faim et de la peur.

 

Dans cette ville-lumière,

J’y ai vécu la pauvreté et l’enfer.

Mais, parfois, des mots tendres prononcés,

Par des hommes aux mains baladeuses et mal intentionnés.

 

Je n’en pouvais plus de satisfaire ces notables,

Aux dents blanches et à la parole si facile,

Pour qui tout devait leur être si docile,

Et pour qui tout leur était redevable.

 

Dans la bise de la nuit,

Je me suis rappelé mon village chéri,

Où les gens avaient un cœur toujours attendri,

Et une main toujours secourable pour les démunis.

 

Décidée de rejoindre gens de mon pays,

De cette contrée aux milles champs fleuris,

Où sonnèrent cloche d’église et mille clochettes,

Celle de mon église et de toutes ces charmantes biquettes.

 

Je fis ces quelques pas,

Toujours en allant tout droit,

Sans jamais un seul instant me retourner,

Car au fond de mon âme autre devait être ma destiné.

 

Quel beau village où je suis née,

Quel magnifique village où je suis retournée,

Quel prés vert de celui de mon ami Jacques et tous ses vers,

Que j’aimais tant écouter sans dire mots lorsqu’il prenait un verre.

 

Aussitôt arrivée à la clairière de la forêt,

J’ai préféré me diriger vers les champs et y faire un arrêt,

C’est en entendant les oiseaux de ces bois chanter,

Que je me suis finalement assoupie en liberté.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Sérénité

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Magnifique dessin par mon ami Eri Kel de la France

Sérénité

 

Savoir bien vivre

Savoir rire et sourire

Savoir tendrement aimer

Savoir en temps et lieu pleurer.

 

Chose plus facile à dire qu’à faire

En période de paix comme de guerre

Savoir regarder son passé et tourner la page

Est-ce là où l’on commence à devenir sage?

 

Savoir nettoyer ses regrets

Malgré tout le mal que l’on a fait

Car personne en ce monde est parfait

Voilà une vérité si noble tel qu’elle est.

 

Savoir reconnaître nos fautes

Sans en faire porter le blâme aux autres

Savoir pardonner car c’est là l’ultime qualité

Que les dieux ont aux êtres humains donnée.

 

Savoir apprécier ce que l’on a

Sans jamais regretter ce que l’on a pas

Car la vraie richesse réside à ouvrir nos mains

À ceux qui craignent pour leurs propres lendemains.

 

Mais qu’est-ce que le véritable bonheur?

C’est de reconnaître l’importance de chaque heure.

Car aux hommes appartient cette formidable capacité

De connaître au fil de leurs expériences le trésor qu’est la sérénité.

 

De

 

Rolland St Gelais

Québec (Québec)

Canada

Repli sur soi

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Dessin de Eri Kel de la France

Repli sur soi

 

C’est nécessaire,

Comme prendre une bouffée d’air,

C’est même, avouons-le sans gêne, vital.

Car il n’y a rien de semblable et même de normal.

 

De vouloir un instant se retirer,

Pour se sentir revivre, voire ressusciter.

Prendre un moment de recul, de repos et de retrait.

Pour prendre conscience qu’il faut savoir sur le passé faire un trait.

 

Point de honte de penser à soi,

Point de gêne à avoir de déposer un lourd poids,

Point du culpabilité à vouloir dans un coin se terrer,

Point de déshonneur devant la stupidité de ce monde s’en écarter.

 

Car il y en va de sa survie,

Comme bien d’autres questions de la vie,

Questions qui nous viennent à l’esprit dans l’enfance,

Et qui ne cessent de nous hanter durant notre adolescence.

 

Pourquoi, nous pensions, cela est-il arrivé?

Pourquoi, nous supposions, une telle destinée?

Pourquoi, nous croyions, une telle volonté divine?

Questions insipides aux diverses réponses que l’on devine.

 

Vous savez qu’à mon âge,

J’ai connu bien des coquines aventures,

Des hommes que j’ai embrassés sous les devantures,

Et, sans aucun regret, je reconnais que je ne fus pas très sage.

 

Voilà que maintenant cheveux argentés,

Prirent la place d’une chevelure jadis blonde et tant adulée.

Et de la jeune fille, je suis devenue dame à la silhouette si enviée.

D’un regard envoûtant accompagné par mes lèvres convoitées.

 

De grâce, mes tendres chéris en ce lieu en ce soir.

Ne m’en voulez pas si pendant la pose je ferme mes yeux noirs.

Je pense à tous ceux d’autrefois qui ont mis mon cœur en émoi.

Ah quel plaisir ! Ah quel bonheur ! De profiter d’un repli sur soi.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Entre chiens et loups

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Dessin par Eri Kel de la France

Entre chiens et loups

Parfois deux mondes s’affrontent en cette vie,

Deux mondes différents luttent pour leur survie,

Une survie au quotidien qui souvent n’a pas de lendemain,

Quel cruel sort décidé par les dieux envers les hommes et leur destin.

Homme civilisés habitants dans les cités,

Hommes barbares résidant dans les contrées,

Deux existences se combattent pour leur progénitures,

Pour un hypothétique avenir pour un bien incertain futur.

Mais au fond, de qui dépend leur avenir?

Avec qui peuvent-ils en réalité le construire?

Serait-ce avec violence à la limite telle de la démence?

Non car point de sang versé est nécessaire à donner sa semence.

Car c’est dans l’amour véritable envers l’être aimée,

Que se trouve la promesse d’une réelle éternité,

Chiens et loups peuvent bien s’entre-tuer autant que possible,

Car sans la volonté de la femme leur existence sera à jamais impossible.

De

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Hommes de tendresse

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Hommes de tendresse

 

Hommes bafoués par les temps qui courent
Hommes qui désirent vous faire la cour
Vous offrir une simple écoute
En cette vie tellement courte.

 

Hommes d’une époque bizarre
Où règnent gens éduqués mais ignares
Fiers de leurs théories mais sans avoir connu la vie
De leurs concepts venant des nuages au loin à l’infini.

 

Hommes de fleurs à la boutonnière
D’une ère où l’on pouvait aimer la jardinière
Faire l’amour avec passion de cœurs à en atteindre la petite mort
Hommes de tendresse! D’une richesse précieuse comme de l’or.

 

Est-ce encore permis d’être homme viril?
Sans passer pour un être tellement vil?
Mais je préfère encore être de ce nombre
Avant de perdre mon âme en devenant qu’une ombre.

 

Non, jamais je ne m’excuserai de ma masculinité
Comme jamais je ne manquerai de respect à la féminité
Car je suis de cette race d’hommes capables d’aimer
Sans être obligés au plus profond de leurs êtres se renier.

 

De

 

RollandJr St Gelais
Québec (Québec)
Canada