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Dualité

Dualité
DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Dualité

 

Mirage ! Mirage ! Tout n’est que mirage !
Depuis que l’on a relégué les paroles des sages,
Et que la nature fut depuis longtemps oubliée par l’humanité,
Celle qui depuis les temps anciens nous a nourris et abreuvés.

 

L’homme a remplacé le réel par le surnaturel,
La beauté authentique par tout ce qui est artificiel,
La fragilité signe de la nature propre de toute grâce de vie,
Par la force brute illusion suprême d’existence vouée à l’infini.

 

Qui sommes-nous réellement devant la glace ?
Des êtres qui devant la destinée perdent la face ?
Soyons francs, qui sommes-nous face à notre destiné ?
Des êtres de chairs et d’os cherchant un astre dans le ciel étoilé ?

 

La dualité régit tout notre être,
Sans cesse sourire pour bien faire paraître,
Larmes qui coulent sur les parois de notre coeur,
Afin de survivre on doit souvent affronter dure labeur.

 

Notre amour ne doit jamais être déclaré,
À l’être qui en un instant de folie nous a ensorcelés,
Même si toutes les guerres ont été faites sans aucune gêne,
Semant dans leurs sillons des larmes, du sang et bien des peines.

 

Devant le miroir où se reflète notre pauvre âme,
Se trouve un corps si perdu glissant sur une lame,
Un corps souvent tatoué comme pour effacer sa fragilité,
Un corps qui de son âme cherche à lui accorder un peu de liberté.

 

Drôle de dualité que de vivre ici-bas,
Œuvrant à la sueur de son front et d’espérer en l’au-delà,
En prenant conscience dans le miroir glacial sa réalité provisoire,
Dualité suivant l’humain dès l’aube de sa vie jusqu’à son dernier soir.

 

Dualité formant tout son être de chair,
Depuis que l’âme s’y incrusta en un éclair,
Crainte de mourir de partir même si c’est son destin,
Malgré ses prières, de ses oeuvres il n’emportera rien en ses mains.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Femme liée

Femme liée
Avec l’autorisation de Tastethewine.

Femme liée

 

Depuis la nuit des temps,
De mon corps a jailli les larmes et du sang,
Car on me craignait pour ce pouvoir étrange,
De donner la vie tel le feraient les précieux archanges.

 

Je connaissais bien des médicaments,
Qui apportèrent aux malades du soulagement,
J’ai pris soin des pauvres et des indigents,
Sans oublier les nouvelles mamans.

 

Puis vinrent des religieux,
Qui parlèrent au nom de leur Dieu,
Avec des mots incompréhensibles,
Tirés de leur livre, de leur Bible.

 

Alors j’ai perdu mes droits,
Et j’ai dû succomber à toutes leurs lois,
Devenu au fil des années un être sans âme,
Condamné à brûler en Enfer grugée par les flammes.

 

Maintenant que la lutte est commencée,
Plus question de se sentir trahie ni blessée,
Car être d’os, de chair et de sang je suis faite,
Et jamais plus mes sœurs et moi connaîtrons la défaite.

 

Liée, je le suis actuellement,
Combattrai je le ferai éternellement,
Pour éviter à mes descendantes ces tourments,
Car, femmes nous le sommes à jamais et fièrement.

 

Ces courroies je m’en débarrasserai,
Et sans aucune gêne devant vous nue je serai.
Car c’est mon corps et c’est ma chair remplis de vie,
Une vie voulue par mère nature pour les temps infinis.

 

Femme liée ! Femme pécheresse !
Qui aimer ses filles n’aura jamais de cesse.
Ses filles qui naîtront désormais pour la liberté,
Dès cet instant, cette saison et pour le reste de l’éternité.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Si tu t’appelles Mélancolie

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Réalisation de mon ami Eri Kel de la France

Si tu t’appelles Mélancolie

 

Si la nuit pouvait enfin se transformer,

En cette journée où nous nous sommes rencontrés,

En ces temps de jeunesse où tout sans fin nous souriait,

De ces instants de fou-rire, de ces jeux interdits que l’on aimait.

 

Si les grains du sablier du Titan Cronos,

Pouvaient par miracle cesser de broyer nos os,

Nous laissant quelques répits pour revivre ces bonheurs,

Qui ont illuminé le parcours de nos vies malgré quelques erreurs.

 

Si mes cheveux gris peuvent prendre de la valeur,

De leur couleur d’argent malgré mes craintes et mes peurs,

Sachant fort bien que les traces de pas dans la neige de nos hivers passés,

Sont depuis belle lurette disparues dans les méandres de ma mémoire épurée.

 

Si je n’éprouve plus ce plaisir de te voir nue,

Parce que par l’usure de mes larmes j’ai perdu la vue,

Alors-là, je saurai ce que signifie ne point avoir un sens à la vie,

Tout ceci m’arrivera en mon âme si et seulement si tu t’appelles Mélancolie.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Seule devant cette cruelle évidence

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Dessin réalisé par mon ami Eri Kel de la France

 

Seule devant cette cruelle évidence

 

Seule devant cette cruelle évidence,

De voir s’effacer les souvenirs de son enfance,

Des douces caresses de sa tendre mère,

De la voix réconfortante de son père.

 

Sachant qu’un jour ou une nuit,

Elle ira bientôt les rejoindre vers l’infini.

Sans oublier ses premiers amours longtemps interdits.

Qui lui donnèrent tant de plaisirs et de non-dits.

 

De son adolescence sous l’Occupation,

Dont souffrirent les enfants de la nation,

Jusqu’au jour béni de la grande Libération,

Que prit naissance en les terres divines d’Albion.

 

Puis vinrent les noces,

Et cette nuit où elle s’offrit à son époux,

Dans des ébats langoureux tels des fous,

Vécus par des êtres faits de chair, de sang et d’os.

 

Des nuits d’amour suivirent dans le temps,

Qui donnèrent naissance à de beaux enfants,

Qui firent fierté et honneur à ses entrailles,

Et à son époux bonheur d’avoir cette marmaille.

 

Puis vinrent le jour tant redouté,

Qu’ils allèrent à leur tour fonder leurs foyers,

Afin d’y répandre leurs amours à leurs enfants choyés,

Mais n’était-ce pas là leur ultime destiné ?

 

Puis le sablier du temps s’écoulant,

Elle vit partir son époux, son ami et son amant,

Dans ses bras fatigués après l’avoir soutenu,

Il est parti là-haut vers une terre inconnue.

 

Voyant grandir ses descendants,

Tout en les chérissant comme il se doit,

Elle comprit alors qu’ils vivaient sous d’autres lois,

Celles d’une autre époque loin de celles de jadis et d’antan.

 

Et pourtant elle ne redoute pas la fin de vie,

Car elle a su boire à la coupe jusqu’à la lie,

En savourant ses multiples saveurs en admirant ses couleurs,

Voilà pourquoi elle partira paix en son âme et joie en son cœur.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le vieil homme…

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« Le vieil homme… »

 

Montant les marches péniblement,

Le dos courbé tourné de tous ces gens,

Se remémorant du temps de ses tendres amours,

Qui lui donnaient raisons de vivre et joies à chaque jour.

 

N’ayant point honte de sa nudité,

Témoin de sa lointaine et noble virilité,

Qu’il partagea avec dames en leurs contant fleurette,

Ha! Ce qu’il aime se souvenir comment elles étaient si coquettes.

 

Regardant de ses yeux fatigués,

L’eau de ce bassin brassée par tant de gens agités.

Ne sachant que faire de bien de cette seconde d’accalmie,

Brisée par quelques rires de ses rares et imaginaires amis.

 

Se souvenant de ses vacances d’autrefois,

Où tout était possible ! Où tous avaient la foi !

De son enfance mystérieuse et de sa  jeunesse brumeuse,

Qui firent place à la fleur de l’âge éphémère en sa mémoire ténébreuse.

 

S’appuyant sur la rampe,

En guise de canne, en guise jambe.

Affrontera-t-il cette eau qui lui glacera les os ?

De ses os jadis couverts d’une peau caressée en des temps plus beaux.

 

De cette main maternelle,

Qui fut remplacée par celles plus sensuelles,

Jours s’écoulant sans cesse amenèrent inlassablement,

Son cortège de rides et de cheveux perdus inévitablement.

 

Allons ! Se dit-il alors.

Je suis bien vivant. Voilà mon trésor !

Que cet instant soit celui du plus grand plaisir,

Car, bien que je sois vieil homme, je désire encore vivre.

 

Poème de RollandJr St-Gelais
Dessin de Eri Kel

Prendre un court moment

 

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Modèle nue ? Carrolanne Boies

 

Prendre un court moment

 

Prendre un court moment,

Vivre le temps ici et maintenant,

Afin de savoir où nous sommes rendus,

Sur les aiguilles d’une montre suspendue.

 

Temps arrêté par Chronos,

Qui me broie allègrement tous les os,

De ces multiples inquiétudes qui me brisent,

Qui me glacent le sang sur mon visage telle une bise.

 

Qu’adviendra-t-il de mon âme à mon heure ?

Devrais-je affronter ma destinée malgré mes peurs ?

Ce que j’aimerais tellement reculer ces aiguilles,

En mon esprit mes souvenirs sans cesse défilent.

 

Prendre conscience de ces lointains plaisirs,

Ne cesse de me faire languir et souffrir,

De ces pays et de ces contrés,

Avec celles que j’ai aimées.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada