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Juste une accolade

Juste une accolade
DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Juste une accolade

 

La vie peut parfois nous sembler très grise,
La vie peut parfois nous faire de belles surprises,
La vie peut parfois nous être très difficile à supporter,
La vie peut parfois nous être vide d’un amour à trouver.

 

Quoi de plus pénible d’être prisonnier de nos pensées?
Quoi de plus cruel de se sentir enchaînés et ne pas se libérer?
Quoi de plus mortel que ces regards qui nous fuient ou de nous rient?
Quoi de plus insignifiant qu’une vie vide de sens et où rien nous sourit.

 

Faut-il alors pour toujours désespérer?
Faut-il alors finir pour toujours tout abandonner?
Faut-il alors penser que le soleil cessera de briller?
Faut-il alors se convaincre qu’à jamais tout est terminé?

 

Pourtant il suffit de si peu pour tout changer,
Pourtant il suffit de si peu pour la souffrance l’atténuer,
Pourtant il suffit de si peu pour se mettre à la place de l’autre,
Pourtant il suffit de si peu de briser la peur et devenir nos hôtes.

 

Il suffirait de regarder l’envers du décors,
Il suffirait dans le train de la vie monter à bord,
Il suffirait d’un peu de compassion face à l’étranger,
Il suffirait simplement de lui tendre l’oreille pour l’écouter.

 

Juste quelques coups de mains,
Juste pour faire un meilleur lendemain,
Juste une main sur une épaule pour un peu de chaleur,
Juste une accolade pour lui dire de ne plus enfin avoir peur.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

 

Poème inspiré du film « Joker » de Todd Phillips

Une oeuvre remarquable : La femme nourrissant son père

Le sein
« La charité romaine » par Jules Lefebvre (1836-1911)

Une oeuvre remarquable : La femme nourrissant son père

L’image ci-jointe pourrait faire rire certains et en amuser même d’autres. En fait, il s’agit d’un tableau vendu à plus de 30.000.000 d’euros à un collectionneur qui en connaît toute la valeur. Il s’agit d’un pauvre vieil homme du temps de Louis XIV qui a été reconnu coupable d’avoir volé un pain et condamné à la peine de mort. Mais une mort tragique qui était de mourir de faim.

Sa fille ayant su sa peine demanda l’autorisation d’aller le visiter. À chacune des ses visites, les gardiens fouillaient minutieusement la jeune dame ainsi que le bébé de 6 mois qu’elle portait. Puis la laissait entrer, et ce une fois par jour! Au bout du quatrième mois, ayant constaté que le condamné n’est pas mort, ni n’avait maigri, les autorités décidèrent de le faire surveiller minutieusement et le constat fut fait. La fille est la seule visiteuse de son père.

Or, à chacune de ses visites quotidiennes, elle nourrissait son père au lait maternel destiné à son nourrisson. Informés, les juges au lieu de se fâcher et de la condamner furent pris de compassion pour cette femme devant l’amour qu’elle a porté à l’égard de son père mais également devant les émotions D.M.,Maroc, d’une femme face à la vie. En effet, d’une part, elle donnait la vie malgré sa propre souffrance et, d’autre part, elle désirait plus que tout la protéger au détriment de sa propre vie. Par conséquent, les juges ordonnèrent la libération à la fois du père et de sa fille.

C’est ainsi que ce fait hors du commun  arriva aux oreilles du grand et célèbre peintre qui, par un souci d’immortaliser cette fabuleuse histoire, décidera de réaliser cette peinture magnifique.

Cette histoire nous amène aujourd’hui à nous poser ces deux questions fondamentales de l’image de la femme : En premier lieu, est-elle seulement l’être frêle et fragile que nous utilisons selon notre bon vouloir ? Et, en second lieu, lui reconnaissons-nous toujours ses nombreux sacrifices pour sauvegarder la vie des êtres qui lui sont chers ?

Texte tiré de D.M. du Maroc

Sacré cœur : Source de vie et d’espoir en chacun de nous ; un hommage à mon père ( Une analyse théologique )

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Sacré cœur :

Source de vie et d’espoir en chacun de nous ;

Un hommage à mon père

( Une analyse théologique )

 

Depuis la nuit des temps les hommes se sont questionnés sur les multiples facettes qui composent la vie. D’ailleurs, les expériences de l’existence humaine auxquelles nous sommes tous confrontés sont si nombreuses qu’il me paraît illusoire de tenter de les énumérer même si certaines d’entre elles peuvent sembler être d’une injustice flagrante à notre endroit. Je pense notamment à la maladie, à la pauvreté et à la perte de personnes chères à nos yeux. Qui d’entre nous n’a pas vécu à un moment donné de sa vie des situations où tout lui paraissait injuste, voire absurde, tellement sa souffrance l’accablait ? C’est un fait, aucun d’entre nous n’y échappe. C’est là le lot de l’humanité, et ce peu importe les époques.

Plusieurs questions apparaissent au fil des événements auxquels nous sommes confrontés. Parmi celles-ci ; devrions-nous nous révolter ou tout simplement abdiquer ? Serait-il plutôt à notre avantage de se relever et de porter sa croix de manière libre et pleinement conscients vis-à-vis à son propre destin ? C’est un fait indéniable ! Oui, nous avons le choix de parcourir ou non la route plus ou moins sinueuse qui se dresse devant nous. Oui, nous avons également l’option de se fermer les yeux et de faire comme si rien était. Or, dans ce cas-ci, le seul résultat possible est un appauvrissement au sein de son être, voire ici de son âme, qui l’amènera inexorablement dans les profondeurs de l’Enfer. Un Enfer où il nous sera impossible d’en sortir étant donné le vide qui nous entourera et qui nous étouffera sans ménagement. Est-il utile de vous rappeler qu’il n’y a pas pire vide que celui provoqué par l’absence d’amour ? Et où se trouve la véritable source d’Amour, basé sur une pureté sans égale et à peine concevable pour le commun des mortels, sinon en Dieu seul ?

Voilà pourquoi l’image dite « du Sacré-Cœur », une des images qui possèdent une sacralité hors du commun au sein même des grandes églises chrétiennes telles que l’église catholique, anglicane et les églises orthodoxes, revêt une importance indispensable auprès de votre humble serviteur. Et pour causes ! Prendre la position du Christ sur la croix, et de surcroit entièrement nu, ne se fait pas sans raison.

En effet, cela embrasse un symbolisme qui unit à la perfection l’être humain au caractère divin qui l’habite, lui octroyant ainsi un aspect sacré. Une sacralité qui nous rappelle que nous sommes tous et toutes sensibles face à la souffrance, la nôtre et celle que l’on éprouve par la compassion ou l’empathie à l’égard des gens que nous pouvons rencontrer dans nos vies. Est-il utile de vous dire que nos souffrances et nos limites peuvent en maintes occasions nous rapprocher de nos frères et de nos sœurs en cette humanité ? D’ailleurs, une telle photo renferme plusieurs caractères liés à la sacralité.

En premier lieu, la posture reflète en elle-même tout le respect dû à la fois à la nudité totale de mon corps, voire ici la partie dite « profane », et l’allusion directe du Christ mourant sur la croix afin de racheter, voire ici la partie « sacrée », l’humanité de ses péchés tel qu’enseigné selon la théologie chrétienne toutes dénominations confondues. Croyez-moi sur parole ! La décision de prendre une telle position est apparue en mon esprit aussi subitement, je dirais même un peu à la blague de manière presque miraculeuse, que la voix du Christ qui interpela l’apôtre Paul sur le chemin de Damas lors de ses démarches de persécutions contre les premiers chrétiens.

En deuxième lieu, une telle photo contient plusieurs éléments qui se rapportent au Christ souffrant sur la croix. Je pense, entre autres, aux quelques cicatrices qui se démarquent sur mon thorax. Cela ne vous rappelle-t-il pas cette grande et noble vérité : Qui d’entre nous n’a pas ses propres cicatrices, visibles ou non à l’œil nu, que l’existence lui a infligées suite à des expériences plus ou moins douloureuses lesquelles laissèrent des blessures au cours de la vie ? D’ailleurs, une de mes cicatrices se situe exactement au niveau de mon … cœur. Fait étonnant quand je pense au titre même de l’exposition tirée de cette photo : Sacré-Cœur.

En troisième lieu, la nudité qui y est présentée l’est tout de même de manière tout à fait sereine et dépourvue, Dieu merci, de fausse pudeur. Particularités que je qualifierais de rarissimes où la nudité est malheureusement exhibée sous forme de marchandise au sein de la grande majorité des médias de masse, en particuliers les sites pornographiques mais pas seulement. Une telle sérénité démontre une fois de plus qu’il ne peut y avoir, en aucun temps et en aucune façon, de honte à l’égard de ce que nous sommes au plus profond de soi. Voilà pourquoi, et c’est là mon opinion et rien d’autre, nous avons tous nos limites, nos barrières et nos infirmités parfois psychologiques et parfois physiques, qui peuvent se transformer en un catalyseur de force incroyable à la condition sine qua none que le désir de se surpasser est présent en soi. Quoi de plus fort que de voir au-delà de nos premiers regards sur soi ? Quoi de plus magnifique, voire extraordinaire et même parfois mystique, de faire la découverte d’une puissance insoupçonnée cachée au plus profond de nous ? C’est ainsi, prenez-le à titre d’un simple exemple, que l’absence de mes mains n’empêche pas de les imaginer clouées sur une croix. Il y en va de même pour le commun des mortels puisque voir au-delà du premier coup d’œil peut être le début d’une nouvelle vie, voire même d’une résurrection.

L’absence de fausse pudeur démontre aussi de manière claire et sans ambiguïté que la nudité possède également une sacralité qui lui est propre. Ma masculinité, admettons-le bien visible, nous rappelle que le Christ était avant toute chose un homme vivant dans un corps mortel au sein d’une communauté ayant ses règles et ses codes de conduites sans oublier sa foi en un livre où le récit d’Adam et d’Ève qui ont été créés nus occupe une place prépondérante dans le récit, avouons-le modestement, hautement symbolique du début de l’histoire de l’humanité. Là encore, la nudité des deux protagonistes est empreinte d’une grande pureté tout en reconnaissant de manière subtile, par le désir du Créateur de les voir féconds et prospères, que la sexualité leur est un droit inaliénable.

Enfin, le dernier point que je souhaite aborder dans ce texte concerne l’élément le plus crucial sur cette photo. Il s’agit de ne jamais craindre de tomber puisque cela est propre à chacun d’entre nous. Un vieil adage affirme avec raison que ce n’est pas le nombre de fois que nous tombons qui importe le plus mais bien celui où nous nous relevons afin de poursuivre notre route jour après jour jusqu’à la victoire finale, celle où nous allons découvrir le sens véritable de notre existence. Rien de plus facile que de tomber, mais rien de plus ardu de prendre sa croix et se relever !

Mon père m’a déjà raconté qu’il avait décidé de me montrer à marcher afin de faire mentir les plus sombres pronostics de certains médecins à mon endroit. C’est ainsi qu’il m’avait placé à l’extrémité du couloir de la maison familiale alors qu’il se tenait à l’autre extrémité. Il m’ordonna de venir vers lui debout et non pas à genoux comme j’étais habitué de le faire. C’est après ma troisième chute que j’ai eu assez de force pour me tenir debout et d’aller ainsi vers mon père et, fait intéressant, de n’avoir plus jamais rampé du reste de ma tendre enfance. Cela ne vous rappelle-t-il pas un certain récit des évangiles ? Le Christ a tombé trois fois avant d’être cloué sur la croix afin de revenir sous une forme totalement différente après sa résurrection. J’ai aussi tombé trois fois mais en bout de ligne cela a permis à mon père de m’aider à découvrir le monde qui s’ouvrait désormais devant moi. Or, un tel événement a eu lieu à la même heure où la célébration eucharistique était célébrée en ce dimanche. Comme quoi la foi transporte des montagnes. Merci papa ! Merci mon Dieu !

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Recevoir le katana

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Recevoir le katana

 

En ce temps si incertain,

J’accepte de vous tendre les mains,

De ces bras meurtris par la douleur et le sang,

Par cette arme ancestrale vous protéger j’en fais serment.

 

Contre vos ennemis qui deviendront les miens,

Je lutterai jusqu’au dernier jour contre ces vauriens,

Levant avec force mon bras valeureux contre les puissants,

Me baissant avec compassion vers les miséreux et les tendres enfants.

 

À genoux devant vous avec humilité,

Ne remettez jamais, je vous en conjure, mon entière intégrité,

Cette lame remise en cet instant sacré je la manierai avec prudence,

Sans faillir à ma tâche chaque jour comme chaque nuit avec vaillance.

 

Comme en témoigne la pureté de ma race,

Et de mes ancêtres ayant exterminé les rapaces,

Puisse la lumière céleste illuminer chacun de mes pas,

Dès le premier souffle où vous m’offrirez cet inestimable katana.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Mes souhaits pour 2017

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Mes souhaits pour 2017

Bonjour tout le monde,

Aujourd’hui, je désire simplement partager avec vous mes souhaits pour la prochaine année. Pourquoi donc vouloir écrire un tel article? Tout simplement parce qu’il y a eu un événement qui m’a quelque peu attristé concernant la publication au sein d’un journal à Québec. Une publication qui a démontré, bien malencontreusement toute la haine, l’ignorance et l’avidité qui existent en ce monde. Un monde qui se veut être pourtant si beau.

En effet, certaines personnes malintentionnées ont profité du fait qu’un article soit publié sur une femme qui porte le foulard parce qu’elle est musulmane pour l’insulter de tous les noms. Or, le sujet se rapporte plutôt sur sa passion pour le hockey, le sport national du Canada, et pour ses aptitudes à jouer à ce jeu qui est, avouons-le, aux antipodes de son pays d’origine. Quel dommage qu’il existe tant de gens incapables de voir la beauté chez l’autre et qui se contentent à se fier à toute cette désinformation qui pullule sur les réseaux sociaux.

Mes souhaits ne concernent pas en un monde de paix et d’amour mais plutôt sur le fait que l’on soit capable de s’ouvrir aux autres tout en mettant un bémol sur tout ce qui est écrit dans les divers choux-gras. D’ailleurs, j’ai remarqué qu’un échange fructueux est pratiquement impossible lors qu’il est question de donner ses idées basées non pas sur ce qui est rapporté dans les médias mais davantage sur nos expériences de vie. Oui, je souhaite que les gens apprennent, ou plutôt réapprennent, à lire de manière structurée et indépendante de ce qui est montré, notamment à la télévision. Oui, je souhaite que nous soyons capables d’aller vers l’autre afin de le comprendre, mais aussi de se comprendre soi-même. Car, voyez-vous?, c’est par la sève du savoir que l’on arrivera à vaincre le mal qui ronge notre monde actuel.

Bref, il faut savoir aller au-delà des montagnes de la peur, de l’ignorance et du repli sur soi afin de remplacer la sève de la haine par celle de la compassion.

Merci infiniment de m’avoir lu

RollandJr St-Gelais
Canton de Vaud
Suisse

Homme sans mère! Homme sans terre!

Homme sans mère! Homme sans terre! 
 

Il serait bien de savoir, c’est mon humble opinion, ce qui établi la valeur d’un homme.  

Serait-ce par sa richesse, par sa beauté ou par tout autre avantage donné par dame nature?  

Voilà la question sans laquelle nulle guérison n’est possible, ni plaie se refermer sans suture. 

Les sages de ce monde le savent bien du sorcier de village jusqu’à l’humble prud’homme. 

 
Le regard d’une mère envers son enfant fera de ce dernier un être bon ou méchant. 

Et de sa main bienveillante et aimante, l’amènera vers l’avenir avec assurance et entrain. 

Pour découvrir de la vie ses milles beautés, elle n’hésitera pas à être d’exemple assurément. 

Et de l’amour, elle lui dira que tout doit commencer par un tendre baiser sur la main. 

 

L’homme depuis la nuit des temps peut vivre sur les terres et naviguer sur les mers. 

Et, pourtant, malgré toute sa bravoure il ne le peut sans d’abord avoir été aimé par sa mère. 

Homme sans mère! Homme sans terre! Homme sans amour! Homme perdu pour toujours! 

C’est là l’un des trop nombreux secrets que l’on doit tôt ou tard se l’avouer sans détour. 

 

Ces quelques mots sont dédiés à la première femme qui m’a aimé. 

Certaines personnes dites bien intentionnées avaient décidé à jamais de nous séparer. 

Ton amour pour ton dernier-né t’a empêché de leur donner raison. 

Et appuyée par ton conjoint qui t’adorait, tu as lutté contre tous ces démons. 

 

Je me rappelle tout ce que tu déployas pour donner à tes enfants la foi en la vie. 

Mais aussi de toutes ces larmes que tu versas lorsque mon frère ainé y perdit la sienne. 

Tu ne baissas jamais les bras en y continuant de relever de nombreux défis. 

Et de nous faire entendre les douces mélodies des jours comme si nous étions à Vienne. 

 

Tu nous enseigna à ne jamais rendre le mal que l’on pouvait nous faire, 

Mais plutôt de tourner chaque page sombre afin de son emprise nous en défaire. 

« Faites confiance en votre destin. » Tu nous répétas allègrement. 

« Si vous voulez être heureux. » Comme tu avais raison vraiment. 

 

De penser à demain sans vouloir nuire à son prochain. 

Et selon notre possible et sans tourner le dos de lui tendre la main. 

Car c’est sur notre compassion envers les plus faibles que nous serons jugés, 

Non pas sur notre richesse que de notre vivant nous aurons accumulée. 

 

En cette journée bien spéciale, 

Je voudrais tant te serrer contre moi, 

Tu es dans les aurores boréales, 

Et dans mes prières car je pense souvent à toi. 

 

Joyeux anniversaire chère maman. 

 

Repose en paix! 

 

Ton fils qui t’aime. 

 

Rolland St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada  

La nudité et la prise de conscience sociale

Bonjour,

Nous vivons à une époque où les notions de beauté, de santé, de jeunesse et de bonheur semblent être un pré-requis pour l’ensemble

Rolland St-Gelais

Rolland St-Gelais

de la société. Nous sommes tous et toutes d’accord, enfin je présumes, que chaque personne a le droit au respect en tant qu’être humain. Droit qui ne peut en aucun cas lui être enlevé. Mais qu’arrive-t-il si la maladie, la vieillesse, les imperfections physiques et le malheur s’abattent sur celle-ci? Devienne-t-elle pour autant un être inhumain, un paria de la société ou bien un … intouchable? Qu’arrive-t-il si la maladie qui nous affecte est pour plusieurs synonyme de punition divine et un prétexte au rejet tant social que familial? Comment nous voyons-nous en tant que personne? Tel reflet de notre corps le miroir nous renvoie-t-il? Tel est notre lien face à la nudité, celle de l’autre, mais aussi la nôtre? Toutes ces questions sont liées de près ou de loin aux préjugés dont sont victimes les personnes atteintes du sida. D’ailleurs, rappelons-nous que la maladie quelle qu’elle soit ne plait pas à quiconque. Ce qui est tout à fait normal puisqu’elle nous renvoie à notre vulnérabilité laquelle est d’autant plus visible dans notre nudité.

La nudité face à la maladie

La nudité face à la maladie

En cette journée du 1er décembre, journée consacrée au Sida, j’ai décidé de vous parler de la nudité vu sous l’angle de la maladie. Non pas pour susciter en vous une quelconque forme de pitié, mais plutôt permettre une prise de conscience de notre propre faiblesse, de notre impuissance mais aussi de notre pleine et entière humanité à la fois face à la maladie et à notre nudité. Je reconnais que j’aurais pu rédiger un tel article à n’importe tel autre jour de l’année. J’ai tout de même choisi de le faire en cette journée unique qu’est le 1er décembre puisque d’une part, les préjugés abondent envers les victimes de cette terrible maladie et que, d’autre part, la majorité des maladies mortelles peuvent, fait étrange, susciter plusieurs préjugés à l’égard des gens qui en sont atteints.

La nudité nous renvoie souvent à ce que nous sommes réellement au plan physique avec nos forces et nos faiblesses, nos « avantages » et nos « imperfections », nos rêves et nos désillusions. Bien entendu que nous sommes tous et toutes soumis-es aux pressions médiatiques, aux modes plus ou moins éphémères, aux jeux de rôles liés à notre appartenance sexuelle. De plus, les critères de perfections et d’attirances physiques varient d’une société à l’autre et d’une époque à une autre. Nos beautés actuelles tant glorifiées dans les revues de mode, d’arts ou d’érotisme passeront certes tout à fait inaperçues en d’autres lieu et en d’autres temps. Une chose est tout de même plus que certaine: la maladie n’est pas, et ne sera jamais, un critère de beauté, ni d’attirance en quelques périodes historiques que ce soit.

Et, pourtant, une personne atteinte d’une maladie peut être aussi belle qu’une autre en santé. Je me souviens, à titre d’exemple, la

La vision de la nudité a plusieurs facettes

La vision de la nudité a plusieurs facettes

fois où j’allais faire du bénévolat dans un centre de personnes du troisième âge. J’avais remarqué toute l’attention que les membres du personnel prodiguaient aux pensionnaires, en particuliers aux femmes, dans leur soins de beauté, entre autres lorsqu’elles allèrent au salon de coiffure. Croyez-moi sur parole! Je ne me gênais aucunement pour les complimenter non seulement sur leurs coiffures, mais également sur leurs tenues vestimentaires. Et pourquoi ne l’aurais-je pas fait? Une femme a le droit d’être complimentée et d’être gratifiée peu importe son âge. L’âge peut certes faire son œuvre sur le corps de la personne, cependant cette dernière possède avant tout une âme et un cœur dont l’expérience de la vie peut, hélas, la rendre  aigrie. Voilà pourquoi une parole douce et sincère agit parfois comme un baume des plus efficaces sur bien des blessures invisibles pour l’œil, mais combien douloureuses pour celles qui en sont atteintes.

Question philosophique!

Question philosophique!

Toutefois, il y a des blessures qui sont bel et bien visibles et dont personne ne peut rester indifférente face à la souffrance qu’elles occasionnent, en particulier, chez les êtres qui leur sont chères. Je me rappelle, triste souvenir, les années où ma mère était allée suivre des traitements de radiothérapie dans un centre médical de Québec pour combattre un cancer des poumons vers le milieu des années 1990.

Son corps transpirait la souffrance, la douleur et la crainte face à la mort, à … sa mort. Comment percevait-elle sa nudité dans une telle situation? Quelle image son miroir lui renvoyait-elle? Pouvait-elle se trouver belle à ses propres yeux et, de surcroit, comment se voyait-elle dans les regards des autres? Ce sont-là des questions que j’aurais bien aimé lui poser de son vivant, mais que je n’ai pas osé le faire à la fois par un principe de respect et de pudeur à son égard.

Oui, vous avez bien lu! Le respect et la pudeur ont une place de choix dans la nudité absolue puisqu’elle renvoie vers un chemin quelque peu sinueux de notre conscience la plus profonde et qui nous invite à trouver un sens logique à cette question fondamentale que chaque être humain dit « évolué » est dans l’obligation de résoudre du mieux qu’il le peut: « Qui suis-je face à cette éternité? » Question que bien des philosophes grecques, pour qui la nudité n’était point un crime, ont essayé de trouver une réponse légitime et satisfaisante. Un défi colossal!

J’ai eu l’idée, vu que je ne peux absolument pas parler au nom de la gente féminine, de demander à ma chère amie et collaboratrice

Un point-de-vue féminin

Un point-de-vue féminin

Marlène de me donner son opinion sur la nudité face à la maladie. Une opinion qui, je le pense sincèrement, mérite amplement d’être publiée dans son intégralité puisqu’elle résume bien la complexité du sujet.

Elle affirme avec une grande sincérité que « la nudité est souvent et cruellement touchée par la maladie. C’est une réalité indéniable que très souvent le corps change et pas toujours pour le mieux. Alors, s’installent des complexes sur la nudité, sur sa nudité! Que ce soit pour faire face à son conjoint, pour simplement se mettre nue devant son médecin ou encore pire face à soi-même, le résultat est que ce corps ne semble plus être le nôtre. Nous en avons perdu le contrôle, surtout l’on pense à toutes les exigences que notre société a envers la perfection corporelle, et ce, sans oublier les critiques et les préjugés qui peuvent tuer une âme plus ou moins sensible. J’aimerais juste dire pour finir que si le monde savait et pouvait seulement essayer de comprendre, il y aurait plus d’amour, de compassion et de respect. Voilà! » Ma chère Marlène, je te remercie infiniment d’avoir pris quelques instants pour partager ton point-de-vue sur un tel sujet.

Avec la collaboration de mon ami américain

Avec la collaboration de mon ami américain Kenneth W. Oliver

Quelle image avons-nous de la nudité lorsque notre corps est atteint d’un handicap physique dit « apparent »? Peut-on seulement comparer les deux situations puisque l’on est pas forcément atteint d’une maladie grave lorsque l’on vit avec un handicap physique? Je vous répondrai, et c’est-à mon humble opinion, qu’il y a un certains lien entre les deux. En effet, il m’est arrivé en quelques occasions que certaines personnes me questionnent, sans aucune méchanceté, sur ma maladie connaissant fort bien la cause réelle de ma situation physique. Soyez rassurés-es! Cela ne me choque pas du tout. Bien au contraire! J’en ai plutôt développé un humour des plus particuliers.

Je me permets donc de répondre à cette question: « Comment vois-je ma nudité? Quelle image

Un ami et collaborateur K. W. Oliver

Un ami et collaborateur K. W. Oliver

mon miroir me renvoit-il? Comment vois-je le regard des autres sur mon corps? Et…. les médias? Quels rôles ont-ils joué dans la perception physique de ce corps… de mon corps? Comment les femmes le voient-elles? Comme un être asexué? Comment les hommes qui m’entourent le perçoivent-ils? Quelles leçons puis-je retirer de mon vécue? Ce sont des questions auxquelles il me fait grandement plaisir de répondre, non pas dans une forme quelconque de complaisance, mais plutôt par un souci de transparence et, par un effet de contrecoup, de briser des tabous encore présents dans notre société.

Miroir! Miroir!

Miroir! Miroir!

Comment vois-je ma nudité? Elle est tout simplement magnifique puisqu’elle témoigne à elle seule de l’apprivoisement que j’ai eu à accomplir à l’égard non seulement des autres, mais de moi-même. Il est très facile de mentir aux autres, mais il est pratiquement impossible de mentir à soi-même. Certes, il m’a fallu du temps à voir en moi une beauté. Or, cette beauté fait de moi ce que je suis, qui je suis et elle m’appartient en propre. Nul ne peut me l’usurper! Il en est de même pour chacun et chacune d’entre nous. Quelle image mon miroir me renvoit-il? Celle pour laquelle je veux bien qu’elle me renvoie. Non, je ne suis pas un Adonis grecque. Ce qui ne veut pas dire qu’il m’est interdit d’améliorer mon apparence. Une bonne douche, suivie d’un rasage et de beaux vêtements font de n’importe quel homme quelqu’un de présentable. N’est-ce pas?! Comment vois-je le regard des autres sur mon corps? À vrai dire, cela m’importe peu car il est futile, voir néfaste, de vouloir à tout prix plaire à tout le monde. Une telle futilité réside dans le fait que l’on ne peut pas plaire à tout-un-chacun. Il est aussi néfaste puisque chaque homme qui veut plaire absolument à tout le monde risque de perdre non seulement sa personnalité et son individualité mais aussi son âme.

Il est maintenant plus que temps de parler du rôle des médias dans la perception de ma différence physique. Un rôle qui a été

Merci à Nathalie de Bourget

Merci à Nathalie de Bourget

parsemé de haut, mais aussi à mon fort regret, de bas. Il n’est pas de ma volonté de ressasser certains événements de mon passé. Oui, il y a eu plusieurs éléments qui m’ont été somme toute plus que bénéfiques alors que d’autres, moins nombreux Dieu merci!, m’ont blessé. Oui, je suis au courant que d’autres publications sur la Thalidomide auront lieu dans les prochains mois, si ce n’est pas les prochaines semaines, mais je vais y penser à deux fois avant de m’y impliquer. La raison est simple: il est pour moi plus que nécessaire de préserver mon bien-être psychologique. Désolé! Je ne peux pas en dire plus. Cependant, tout ce que je peux vous dire c’est que j’ai le devoir de préserver mon corps contre toutes formes d’exploitation médiatique.

Voici maintenant des questions que je qualifierais de très intimes: Comment les femmes voient-elles ce corps? Comme celui d’un être asexué? Et, comment les hommes qui m’entourent le perçoivent-ils à leur tour? Ce sont-là des questions qui sont d’une complexité extrême pour le simple fait que je n’ai jamais pris le temps  de m’installer au coin d’une rue dans l’optique de réaliser un sondage sur le sujet. Je blague! À vrai dire, et blague à part, ces personnes peuvent voir mon corps comme elles le veuillent puisque de mon côté j’en fais tout autant. Bref, je n’oblige pas qui que ce soit de me désirer tout comme les autres ne me forcent en aucune façon de les vouloir dans mon lit. Il y a de tout pour tous les goûts en ce monde.

Ne pas se laisser écraser par les dictats sociaux

Ne pas se laisser écraser par les pressions sociales: une affaire de toute une vie

L’essentiel est de s’en tenir à notre ligne de conduite et surtout de ne pas se laisser interférer dans nos choix par les dictats sociaux. Être honnête d’abord et avant tout avec notre meilleur compagnon de vie, c’est-à-dire soi-même, c’est tout ce qui compte réellement.

Enfin, quelles leçons puis-je retirer de mon vécue? Je vous dirais tout d’abord, après avoir longuement réfléchi sur le sujet, que chaque personne est un être humain qui mérite la pleine reconnaissance de son humanité et ce, peu importe sa condition existentielle. Celle-ci est liée de manière intrinsèque à sa nudité puisqu’elle la suivra depuis l’aube jusqu’au crépuscule de sa vie. Elle lui rappelle constamment sa sensibilité, sa vulnérabilité et son caractère éphémère. Ensuite, que rien n’est acquis de manière définitive. Ce qui est d’autant plus vrai pour les éléments essentiels à notre bonheur dont la santé occupe une place de choix. Un vieil adage chinois affirme que l’homme gaspille sa santé pour obtenir de l’argent, mais qu’il sera un jour obligé de le dépenser pour ravoir sa santé. D’ailleurs, si mon vécue m’a enseigné une chose, une seule chose, c’est bien que la vie est tout-à-fait formidable et qu’il faut à tout prix la préserver. C’est, vous n’êtes aucunement obligés de me croire, ce que je me dis chaque fois où je me douche. Ma nudité me rappelle que je suis un être semblable à vous, comme vous l’êtes vous aussi envers moi.

Conclusion

J’ai choisi de publier cet article le 1er décembre à exactement minuit, 6 heures à Paris, pour souligner à ma façon la lutte non

Tunick Spencer

Tunick Spencer

seulement contre le sida, mais également contre toutes formes de préjugés et d’exclusion sociales liées de près ou de loin envers les gens atteints de maladie. Et, pour se faire, je me suis inspiré du photographe américain spécialisé dans la nudité de groupe du nom de Tunick Spencer. En réalité, je partage sa passion pour le nu artistique car il s’agit peut-être, et c’est-là mon humble avis, du dernier bastion d’une véritable liberté de conscience présente encore dans notre société, mais pour combien de temps?, contre toutes formes de domination venant des conglomérats formés par les médias de masse.

Cette journée mondiale de lutte contre le Sida me rappelle jusqu’à tel point notre société, dite moderne et hautement technologique, a réussi en un tour de mains digne des plus grands magiciens de tous les temps à médicaliser, à incuber et à mettre en avant-plan des machines sophistiquées tout en déshumanisant les rapports entre les bien-portants et les gens atteints de maladies incurables.

Par ailleurs, on réclame à grand cris l’addition de somme monétaire pour désengorger nos hôpitaux ou encore pour de meilleurs soins.  Je ne doute pas un seul instant de la bonne intention de ceux et de celles qui réclament de telles sommes additionnelles. Toutefois, je suis persuadé qu’un changement dans nos regards non seulement face à la maladie en tant que tel, mais davantage à l’égard des gens atteints par des maladies graves et souvent mortelles est un pré-requis pour trouver des pistes de solutions, disons-le franchement, plus satisfaisantes au plan humain que de simples appareils médicaux aussi utiles puissent-ils être dans les soins prodigués. Un tel changement peut se faire par une nouvelle perception de la nudité. Celle de soi, celle des autres et celle de nous tous en tant que membres de la communauté humaine.

Bref. la maladie nous éloigne certes les uns des autres. Par contre, une nouvelle vision de la nudité peut jeter des ponts entre chacune des personnes bien-portantes ou pas. Elle peut aussi nous aider à mieux nous connaître et à s’accepter davantage tels que nous sommes et, ainsi, d’être plus en mesure d’affronter des épreuves vraiment difficiles à vivre. C’est ce que j’ai voulu expliquer dans cet article.

Merci de m’avoir lu.

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada