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L’église de mon village

L’église de mon village Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par Rando-Unissuy Source : https://www.deviantart.com/rando-unissuy/art/The-Church-in-the-Morning-872226792

L’église de mon village

 

Je me souviens,

À tous les matins,

Je me levais pour aller prier,

En cette église par le soleil illuminée.

 

J’adorais tout le calme environnant,

Qui enveloppait mon esprit le jour durant,

Un calme qui m’accompagnait au gré du temps,

De ce temps qui passait bien gaiement.

 

Je me rappelle les rayons qui annoncèrent le début de la journée,

Qui festoyèrent allègrement autour du coq sur le clocher.

De ce coq à la fière allure silencieusement perché,

Qui attendait que sonne la cloche avec sérénité.

 

À chaque tintement fuyaient les ombres des enfers,

Qui firent place aux parfums des jardins qui agrémentaient l’air.

Et aux chants des oiseaux qui volèrent avec allégresse,

Afin de souhaiter la bienvenue à la vie remplie de tendresse.

 

Certes, ce n’était point un sanctuaire,

Mais, elle me comblait dans mes prières.

Ces prières que je récitais avec tout mon cœur,

Et de mes prières, j’en ai tiré beaucoup de bonheur.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Ce n’est pas un sein

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Ce n’est pas un sein

 

Cette œuvre faite de chair,

Qui a exaucé mes humbles prières,

Prières de réaliser cet ultime plaisir,

Et d’assouvir mon plus ardent désir.

 

Il me reste si peu de temps à vivre,

Car la maladie a grugé cette énergie de survivre,

Cette énergie que j’avais si longtemps entretenue,

Même si j’ai, depuis plusieurs années, mes souvenirs perdus.

 

Finirais-je cette journée?

Avant que je ne cesse de respirer.

Mes cheveux gris témoignent d’une vie remplie,

D’une vie parfois de solitude même en de nombreux pays.

 

De ces vastes pays que j’ai parcourus,

Sur des chemins parfois droits, souvent tordus.

Mais où j’y ai rencontré tant de gens ressemblants à des enfants,

Qui ont cherché de quoi apaiser leur faim pour un moment.

 

J’ai offert mes humbles services pour travailler,

Loin l’idée, n’aurait été qu’une seule fois demander la charité.

Jusqu’à une nuit, où belle dame, son seuil m’a fait franchir.

En silence, elle m’avait donné une soupe qu’elle avait faite bouillir.

 

Le calme des lieux aidant, elle me confia qu’elle avait perdu son mari.

Qui lui aussi était parti sur des terres étrangères en d’autres pays,

Elle me servait sans cesse une soupe et un bon vin à satiété,

Jusqu’au moment où mon esprit m’avait, hélas! quitté.

 

J’ouvris plus tard les yeux,

Devant une beauté digne des dieux,

Une femme aussi belle qu’une hirondelle au printemps,

Avec qui j’ai fait œuvre de chair jusqu’au soleil levant.

 

Nous ne nous sommes plus jamais revus,

Même si au plus profond de mon cœur j’aurais bien voulu.

En ces derniers instants que je puisse encore cette nuit me remémorer.

Ce sein est à celle qui pour une nuit m’a, je l’espère, sûrement aimé.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Promenade sous la pluie à la nuit tombée

Promenade sous la pluie à la nuit tombée Poème par RollandJr St-Gelais Peinture par Maryse Veyseyre

Promenade sous la pluie à la nuit tombée

 

Tout en marchant avec lenteur sous les réverbères,

Je me rappelle les paroles que m’a dites ma défunte mère,

Quand elle me raconta comme la vie était ardue pendant la guerre,

Une époque où bien des gens de mon pays connurent que faim et misère.

 

Je me remémore ces paroles afin de me donner un peu d’espoir

Alors que je me promène seule en profitant du calme du soir

Fuyant les médias et leurs nouvelles incessantes

Avant qu’ils parviennent à me rendre démente.

 

Quelle sérénité retrouvée en ces lieux,

Où jadis, des inconnus s’y promenèrent en amoureux,

Main dans la main, sourire aux lèvres, témoins de leur bonheur

Avant que n’arrivent ces tristes jours où tout semble être que des leurres,

 

Pluie glaciale et sans saveur du frais automne

Qui abreuve les âmes accablées par une douleur monotone

J’entends chacune des gouttes de pluie résonner sur le trottoir

Telles les notes d’un piano dansant sur ses touches blanches et noires.

 

Je réfléchis sur le sens véritable de ma vie

Je revois en pensées mes vilains coups et j’en ris

Quel étrange sentiment de bien-être soudain m’envahit

C’est sous les réverbères que j’ai compris que rien n’était fini.

 

Que chaque goutte de pluie apaise les âmes en peine,

De la terre endormie, elle sillonne ses invisibles veines

Pour lui permettre de se ressourcer avant que l’hiver soit arrivé

Et ainsi, face aux rigueurs hivernales, en être bien préparée.

 

Je garderai la foi bien vivante en l’avenir

Quoique l’on puisse écrire que l’on peut dire

Tel que m’a dit ma mère : Dans la vie tout ne fait que passer

C’est ce que j’ai compris pendant ma promenade sous la pluie.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

À la lumière de l’automne

À la lumière de l’automne Réflexion de RollandJr St-Gelais Photo par Artofdanphotography Source : https://www.deviantart.com/artofdanphotography/art/The-Light-Of-Autumn-860125327

À la lumière de l’automne

À la lumière de l’automne, j’ai appris bien des vérités. Toutefois, la plus grande d’entre elles c’est qu’il n’y a point de crainte, ni de honte, à avoir de vivre seul. En effet, être seul, c’est plus que vivre. C’est vivre dans la profondeur de notre être, de notre propre fécondité, de notre capacité d’être soi, de notre honnêteté envers nous-même. C’est là une richesse incommensurable bien souvent incomprise dans cette société où tout est axé sur la recherche éhontée de la complémentarité de l’autre. Mais, posons-nous cette question : cet autre nous complète-t-il vraiment?

À la lumière de l’automne, toute quiétude nous ramène à la beauté véritable, celle de l’âme à laquelle nous redécouvrons ses véritables couleurs. Celles qui, à l’instar des feuilles tombées aux pieds des arbres endormis à la veille de l’hiver, nous dévoilent la diversité qui réside en chacun de nous. Apprenons à aimer davantage toutes ces diversités car c’est ainsi que nous pourrons apprécier celles des âmes qui nous entourent bien au de-là des apparences.

À la lumière de l’automne, tout devient plus simple. À la lumière de l’automne, tout devient calme. À la lumière de l’automne, l’essence même de la vie devient limpide. À la lumière de l’automne, seul l’essentiel compte.

Merci de m’avoir lu.

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada