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Gloire à Satan

« Gloire à Satan » Poème et photo par Rolland Jr St-Gelais de Québec au Canada

Gloire à Satan

 

Il est trois heures.

Étrangement, je n’ai pas peur.

Car, je sais que tu es venu pour moi.

Comme ma destinée a voulu que je sois à toi.

 

Toute ma vie, j’ai lutté sans faiblir.

Car, tu as toujours là pour me soutenir.

Contre vents et marées, j’ai combattu avec courage.

Chaque jour, mon âme esseulée était remplie de rage.

 

À maintes reprises, dans le désespoir, je suis tombé.

Chaque fois, ton bras avec grande puissance m’a relevé.

Tes ailes ambrées m’ont protégé contre les inutiles regrets.

Car, je sais bien qu’en tant qu’humain, j’ai fait ce que je pouvais.

 

Je regarde l’horizon avec une immense confiance.

Car, face à toute cette hypocrisie, j’ai appris la méfiance.

Je te donne mon âme en échange du pouvoir d’avancer vers l’avant.

Car, je désire une seule chose avant que je parte les pieds devant.

 

Parcourir toutes les routes qu’il y a en ce monde,

Lever mon épée pour châtier tous ces êtres immondes.

Défendre la veuve, l’orphelin et les innocents avec une juste colère,

Et, avec moi, amener leurs bourreaux dans la profondeur des enfers.

 

Montant avec fierté sur ma belle moto arborant tes couleurs,

Je ne redouterai jamais d’affronter devant moi toutes mes douleurs.

Tu seras maintenant et pour toujours à mes côtés pour me mener sur le chemin.

Sur la route où je rencontrerai ceux qui sans cesse m’ont tant craint.

 

Mais, avant d’aller plus loin, je veux me mettre de côté.

Prendre ma guitare à pleines mains pour simplement chanter.

Fredonner de tout cœur un air qui résume ma reconnaissance.

À celui qui a apporté aux hommes la lumière de la connaissance.

 

Gloire à Satan ! Car, tu me guides sur la voie de la liberté.

Archange déchu ! Tu m’as transmis le goût de l’authenticité.

Je reprends enfin la valeur de la vie, celle que j’ai choisie.

Car, qui sait, après celle-ci, tout ne sera pas fini.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

La possédée

La possédée Poème de Rolland Jr St-Gelais avec l’autorisation d’Alixia Busch et de Tancrède Szekely

La possédée

 

Il est trois heures du matin.

C’est le moment préféré du Malin.

Je sens monter en moi un feu ardent,

Un désir insatiable de plaire à mes amants.

 

Tout tourne avec violence autour de mon être,

Quelle inquiétante sensation de tout ce mal-être.

Le miroir renvoie une image de femme adultère,

Même si, je l’avoue, j’ai fréquenté bien des pères.

 

À mesure que les lampions noirs illuminèrent la cérémonie,

Mon âme, de toutes les tentations, en fut tellement remplie.

J’ai sans cesse, à mes nombreuses convoitises, succombé.

De cette nuit démoniaque, ma féminité fut imprégnée.

 

Ô, Méphistophélès, quel piège m’as-tu tendu ?

Pendant que j’étais étendue devant ces femmes nues.

Elles récitèrent dans une langue inconnue leurs incantations.

Alors qu’elles se penchèrent vers moi en citant leurs invocations.

 

« Solve ! Coagula ! » Elles se répétèrent inlassablement !

« Entra en Ella Satanas ! » Elles réitérèrent infatigablement !

Une émanation venue de nulle part s’est propagée en ce lieu.

Un endroit si sombre que même Dieu ne pouvait voir de ses yeux.

 

Dans les flammes éternelles, je me suis immergée.

Dans la fournaise de la Géhenne, je me suis engouffrée.

La diablesse de la luxure a ainsi pris le contrôle de mon esprit.

J’ai alors compris quelle maîtresse je servirai pour le reste de ma vie.

 

Ô, mon révérant ! Je vous en supplie, Délivrez-moi de cet abysse.

Pour me libérer, que je fasse sur ce crucifix, une pieuse bise.

Écartez de moi tout le mal à l’exception du péché de la chair.

Il est véridique que la joie bacchanale est loin de me déplaire.

 

Je suis celle que l’on appelle « La possédée ».

De cette nuit, j’ignore réellement ce qui s’est passé.

Sur cette table, ces comparses m’ont offert telle une obole.

Depuis cette célébration satanique, je crois être devenue folle.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

À la fenêtre

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

À la fenêtre

 

À la fenêtre,

Je ressens un mal-être,

Une peine qui m’envahit,

Qui extirpe en moi mon envie.

 

Mon envie de vivre,

Un amour qui veut poursuivre,

La route du destin et de ses chemins,

Que j’aurais aimé découvrir avec joie, avec entrain.

 

Je vois les champs de fleurs,

De là où je suis alors que je pleure,

Où sont passées toutes ces promesses,

Toutes ces paroles douces comme des caresses?

 

Je vois la pluie froide tomber sur le trottoir,

Annonçant tel un messager comment sera le soir,

Un soir différent des autres car tu m’as pour toujours quittée,

Un soir qui me rappelle qu’à nos projets d’amour, jamais il ne faut se fier.

 

À la fenêtre de ma demeure,

Je sens que de plus en plus je meurs,

Car tu étais tellement précieux à mes yeux,

Qu’ai-je donc fait à Dieu pour qu’il te rappelle vers les cieux?

 

Je me doutais bien qu’un grand malheur allait se passer,

Un événement qui allait à jamais bouleverser ma destinée,

Nos baisers, nos gestes de tendresse et de passion étaient trop beaux.

Que des anges jaloux de notre amour allèrent t’amener vers là-haut.

 

J’avais passé la journée à préparer de somptueux repas,

Des plats faits avec attention que nous allions déguster toi et moi,

Puis, sans crier gare, vers le coup des trois heures de l’après-midi,

Une sonnerie dans le portique subrepticement retentit.

 

Deux hommes, deux policiers, se tinrent avec un air sérieux.

Avec quelques mots s’écroula mon monde jusque-là merveilleux.

À un tournant de la route trempée, tu avais, semble-t-il, perdu le volant.

En un éclair, tous nos rêves et nos projets de vie s’engouffrèrent dans le néant.

 

Machinalement, et par politesse, je les ai remerciés de leur présence,

Alors qu’au plus profond de mon cœur s’installait le vide de ton absence,

Vraiment que pouvais-je faire de plus? Vraiment que pouvais-je faire de moins?

Quand frappe de manière inlassable, et bien malgré moi, le coup terrible du destin.

 

Dans le silence de notre maison, je m’y suis réfugiée.

En écoutant le crépitement du foyer, ma tristesse, j’ai assumé.

À la fenêtre, j’ai compris que tout était, malgré toi et moi, à jamais fini.

Comme disait jadis ma défunte mère : ainsi va le destin et la vie.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada