Archives de tags | digne

Les yeux clos

Yeux clos
DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Les yeux clos

 

Voilà déjà quelques jours que tu es parti,
Dans un lieu que l’on appelle le Paradis,
Tu es parti avec le calme et le sourire,
Tel que tu m’enseignas à bien vivre.

 

J’étais chez-moi lorsque le téléphone sonna,
Une voix féminine ton départ, elle m’annonça.
Retenant mes larmes autant que mon pauvre coeur,
Je sortis avec peine tant de ma demeure que de ma torpeur.

 

Prenant avec moi le stricte nécessaire,
Car dans le fond que pouvais-je de plus faire ?
Je pris le premier bus qui passa sur ma rue de nuit,
Que le temps défile lorsque du ciel tombent des gouttes de pluie.

 

Arrivée subitement devant ta dernière maison,
La même où ton épouse, ma mère, autrefois y vivait,
Ce lieu où des jours durant, avec joie elle nous recevait.
Maintenant c’est à mon tour d’aller te dire adieu avec raison.

 

Entrant par la porte tournante et coulissante,
Je sentais mes pieds fragiles glisser sur une pente,
Celle du désespoir malgré la foi précieuse que tu m’as inculquée,
De cette foi timide que tu t’efforças de faire grandir dès que je fus baptisée.

 

C’est alors que je me suis rappelé cette ultime promesse,
Que tu m’avais déjà faite et qui me fut douce telle une caresse,
Que le jour où ton corps en aura assez de souffrir et que ton âme vers les cieux partira,
Qu’en compagnie de ton épouse et de ma mère adorée, ensemble votre fille, tu veilleras.

 

Ayant décidé librement d’emprunter les escaliers,
Ce calvaire qui était le mien à pieds je l’ai monté sans rechigner,
Car je souhaitais que tu sois digne de ta fille en cet instant si crucial,
En cet instant où je voulais te manifester tout mon amour malgré en moi ce mal.

 

Devant cette porte signe de croix j’ai faite pieusement,
Afin de faire fuir à jamais de mon âme ces démons envahissants.
Avec légèreté en ce lieu je suis entrée, avec tes yeux bleus tu m’as saluée.
Nos présences furent suffisantes voilà pourquoi aucun mot en cette nuit furent prononcés.

 

Ayant senti en moi depuis longtemps le moment fatidique venir,
J’ai tenu ta main usée par l’âge et la vie témoignant de précieux souvenirs,
Ouvrant tes lèvres tu prononças le tendre prénom de ton épouse venue te chercher,
Le prénom de celle qui, vers en un jardin magnifique, t’a avec tout son amour amené.

 

Enfin, maintenant que tout est terminé que tout est bel et bien fini,
Que vos corps reposent pour toujours et à jamais en cette terre bénie,
Je prends le temps de revoir les moments passés ensemble où tout était si beau,
Une paix qui m’était inconnue jusqu’alors s’installe en moi dès que j’ai les yeux clos.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Libère-moi

libère-moi
« Libère-moi » Poème de RollandJr St-Gelais Photo par G.B. d’Allemagne Instagram gb62da et DeviantArt https://www.deviantart.com/gb62da

Libère-moi

 

Écoute-moi ! Libère-moi !
De mes craintes, de mes peurs,
De mon innocence et de mes pleurs,
De ma folie de sans cesse penser à toi.

 

Libère-moi dès maintenant,
Pendant qu’il y est encore le temps,
Avant que vienne l’hiver de la vieillesse,
Avant que fuit le printemps de la jeunesse.

 

Libère-moi de l’inévitable,
De vieillir de manière inexorable,
De mes joies et de mes peines du passé,
De ceux et de celles qui ont malgré moi aimée.

 

Libère-moi de l’incommensurable,
Des coups avouables et des impardonnables,
Des mensonges qu’on m’a dit et ceux que j’ai fait,
De ce destin que j’aurais voulu si différent mais qui est.

 

Libère-moi de mes chaînes,
De tout ce qui en moi se déchaine,
De mes envies de tuer et de faire l’amour,
Qui me tenaillent au fond des entrailles depuis toujours.

 

Libère-moi de mon désir de semence,
Qui brûle mon âme jusqu’à la démence,
De ce souhait idiot de pouvoir tout réparer,
Ce que j’ai fait, ce que je n’ai pas fait, ce que j’ai brisé.

 

Libère-moi de mon humanité,
De mes faiblesses, de mes grandeurs,
De mes peines, de mes joies et de mes candeurs,
Du temps qui passe et qui me fait penser à ce qui n’a pas été achevé.

 

Libère-moi si tu oses, si tu le peux.
Mais, pour le faire, en es-tu si courageux?
Vas-y ! Prends les clés en or de ma libération.
Si tu en es à la fois digne et capable comme de raison.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Il y a des moments

DSC_1111A

Dessin réalisé lors de l’atelier de nu artistique Montréal le 15 septembre 2018

Il y a des moments

 

Êtres mortels que nous sommes,

Que l’on soit femme ou homme,

Ne peuvent échapper à la réalité,

Que l’on devra toujours vivre cette fatalité.

 

Nous sommes faits de sang et de chair,

Semblables à nos sœurs et à nos frères,

Nés de père et de mère en temps de paix comme de guerre.

Rêvant de découvrir terres étrangères et mille trésors des mers.

 

Il y a des temps forts,

Précieux comme de l’or,

Mais parfois d’une telle tristesse,

Que ne peut faire disparaître une caresse.

 

Il y a des moments inoubliables,

Ceux que l’on ne peut rien faire,

Pour ceux qu’on aime. Ô quelle misère!

Et que parfois on se sent bien incapables.

 

Mais c’est dans l’amour que l’on a reçu,

Qu’on trouve un peu de réconfort pour ce qu’on a vécu.

Être là et seulement là quand il le faut,

Est le plus digne des cadeaux.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Un précieux trésor

new-image21

Un précieux trésor

 

En cette journée exceptionnelle,

Où il entrevoit son prochain exploit,

Il en est fier et digne tel que le serait un roi,

De se savoir choisi parmi les plus beaux et plus les belles.

 

De sa nudité il en fera bon usage,

Sans honte, tel en ferait un vieux sage !

De son art, il prodiguera avec grand plaisir !

Partager sa passion telle est en vérité son seul désir.

 

Bras levés bien haut face au ciel,

Devant la beauté de la vie, quelle merveille !

Revoyant en mémoire tous les rejets de son enfance,

Il tire maintenant sans amertume une douce vengeance.

 

Des blessures d’adolescence,

Il peut en rire avec complaisance,

Car maintenant il est compté parmi les grands,

Et de ses pas hésitants, il en fit des bonds de géants.

 

Devant la foule irrésolue,

Il sera tel un enfant tout simplement nu,

Il lui offrira un corps possédant toute une histoire,

Où de ses yeux elle pourra le goûter tels les fruits du ciboire.

 

Goûtez-le ! Savourez-le !

Mais, avant toute chose aimez-le !

Car par amour pour son art qui vaut de l’or,

Qu’il vous offre une telle intimité tel un précieux trésor.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

P.S. Ce poème a été composé en pensant à ma prochaine prestation de nudité artistique qui aura lieu jeudi le 23 février au prestigieux musée des beaux-arts de Montréal dans le cadre d’une activité spéciale intitulée « Les jeudis des beaux-arts » où votre humble serviteur sera modèle nu pour cette occasion.

 

Plume noire! Plume blanche!

 

soldat

 

Plume noire! Plume blanche!

 

Sous mes doigts fragiles grugés par les affres du temps,

Se glisse une plume prête à raconter le récit de ma vie.

Une histoire peu banale que je désire partager avec vous mes amis.

Une existence éphémère qui disparaîtra bientôt sous le vent.

 

Quelle plume devrais-je choisir pour vous raconter?

Quelle plume devrais-je apprivoiser pour un tel partage?

Plume noire ou plume blanche pour une histoire qui n’a pas d’âge?

Pour vous léguer mon vécu avant de vous quitter vers l’Éternité.

 

De mes pensées de cette enfance perdue dans mes lointains souvenirs,

Là où résident des magnifiques et tendres sourires.

De mes frivolités de mon innocente jeunesse

Jusqu’à cette soirée d’été où tu as aimé mes suaves caresses.

 

De cette journée où je fus appelé pour défendre la mère-patrie,

Alors que tu m’offris le plus beau des présents en cet être tout petit,

Je partais déjà rejoindre mes frères d’armes combattre l’infâme ennemi.

Et donner à notre enfant, un avenir meilleur de ce que j’ai eu jusqu’ici.

 

Sous le sifflement des balles et les coups assourdissant des mortiers,

Je vous gardais bien au chaud dans mon cœur sans répit.

Souvent nous affrontions le regard de la mort avec dépit,

En remerciant le Ciel, le soir venu, pour être encore vivants et en entiers.

 

Temps de guerre dura qu’un moment et fit place à une paix durement acquise.

Retournant auprès des miens, tu te jetas dans mes bras telle une marquise.

Tu me présentas alors notre unique fils, notre fierté, né de l’union de notre sang.

Il avait la dorure rutilante de tes cheveux et les yeux étincelants de mes parents.

 

Je le vis grandir à tes côtés avec sagesse et grande force,

Devenir un homme digne de ses ancêtres et rempli de promesses pour l’avenir.

Il sera, j’en suis convaincu, épris de liberté et devant l’adversité ne jamais faiblir.

Il ne saura que faire des tyrans à la gueule féroce.

 

Sous mes doigts mièvres soustraits aux plaisirs de la vie petits ou grands,

Se tourne et retourne une plume parée à révéler ce que je ressens pour mon enfant,

Quelle plume devrais-je préférer pour vous avouer candidement?

Que je suis heureux d’avoir versé sur les fronts ma sueur et un peu de mon sang.

 

De

 

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Poème composé à la mémoire des combattants de la Grande guerre (1914-1918)