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Mon aventure

Mon aventure Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par G.B. d’Allemagne Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/Work-is-done-915256884

Mon aventure

 

Laissez-moi vous raconter.

Ce qui m’est arrivé au cours de cet été.

Je suis allé me promener à la belle campagne.

Avec, dans mes bagages, une bouteille de champagne.

 

Libre comme l’air, je parcourais les villages environnants.

En profitant du bon temps tout en découvrant des gens étonnants.

Toujours le sourire aux lèvres, ils témoignèrent d’une joie de vivre remarquable.

Puis, soudain, j’y ai trouvé une auberge où l’on y servait de mets savoureux aux tables.

 

Ventre affamé n’a point d’oreilles ! dit-on. Bel endroit pour y prendre un repas.

Pourquoi voyager si on ne peut pas déguster de ces régions leurs meilleurs plats ?

Ne pouvant résister davantage, j’ai succombé à la tentation de la gourmandise.

En ne me doutant pas que j’y allais y vivre une féérique surprise.

 

Aussitôt arrivé en ce lieu fort sympathique, je me dirigeai près du foyer.

Un feu abondant permit à l’humble visiteur que je suis de s’y réchauffer.

Une grande dame de belle allure vint alors à moi avec un je-ne-sais-quoi.

Pour m’offrir une boisson de cette contrée qui d’un bouquet exquis m’étonna.

 

En guise d’entrée, je pris un potage propre à cette adorable région.

Suivi par une tranche de viande de sanglier avec quelques lardons.

Le tout accompagné de légumes qui agrémentèrent ce festin de leurs saveurs.

Cependant, je ne prévoyais pas le dessert qui allait venir en pareille heure.

 

Dans un silence absolu, après avoir versé quelques rasades de ce nectar délicieux.

Mon hôtesse ferma à double clé les portes afin que nous soyons les seuls en ce lieu.

Se retournant vers moi, elle me fit signe avec sa main de la suivre sans plus attendre.

Jamais de ma vie, j’aurai pensé, en aucune occasion, connaître un moment si tendre.

 

 

Sur la paille fraîchement étalée, elle s’était étendue frêle et nue.

De toute mon existence, rien n’était plus beau que j’avais vu.

Dans un élan de passion, nous avons succombé à la luxure.

Comme il fait bon de vivre à la campagne avec cet air si pur.

 

Mais, toute bonne chose a une fin ! disait ma défunte mère.

En effet, je devais me rhabiller avec en mon cœur un goût amer.

Ma balade alla bientôt se terminer en cette admirable journée.

Un jour qui restera pour toujours, en mon âme, gravé.

 

Avant de partir, il allait de soi lui demander mon addition.

Elle me répondit que mon savoir-faire suffisait en une telle occasion.

Que ma notoriété dans l’art de faire l’amour est connue des alentours.

Et qu’elle se remémorera de cet instant magique à jamais et pour toujours.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Notre monde est à l’envers

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Notre monde est à l’envers

 

Je me suis réveillée en pleine nuit.

Il était depuis longtemps passé minuit.

J’entendais chez la voisine une douce mélodie.

Qui m’a fait penser à une prière tellement c’était joli.

 

J’avais une seule fois rencontré.

Cette voisine, une dame d’un âge avancé.

Elle jouait souvent d’un instrument venu de sa contrée.

Où la guerre l’avait obligée pour toujours quitter.

 

En cette nuit étrange.

Je croyais entendre chanter les anges.

Accompagnés en cette mélodie par les archanges.

Une chanson qui monta au ciel sans que rien ne dérange.

 

En un élan décontracté,

Je me suis jetée nue sur le plancher.

J’ai offert mon corps par un sentiment de culpabilité.

À Dieu en espérant que mes péchés soient pardonnés.

 

Oui, notre monde est devenu à l’envers.

À tel point, que je crois être depuis peu en enfer.

Tout ce que je peux faire c’est de réciter quelques prières.

Ces prières enseignées par une religieuse vivant dans un monastère.

 

Nue comme Ève dans le jardin d’Eden lors de la Création.

Où tout devait être pour toujours si agréable, si bon.

Mais, que puis-je faire de plus, de toute façon ?

Ce monde court à sa perte tel un vagabond.

 

Je n’en crois pas les yeux.

Tout était jadis si merveilleux.

Tout semblait prêt pour les amoureux.

Puis-je espérer encore des jours heureux ?

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Est-elle gênée ?

Est-elle gênée? Poème de Rolland Jr St-Gelais Dessin de Eri Kel de la France

Est-elle gênée ?

 

Nous étions, en ce dimanche, elle et moi.

Seuls dans une pièce sous mon toit.

Un endroit qui me sert d’atelier.

Pour que je puisse dessiner.

 

Jeune femme si gracieuse et si belle.

Et légère comme une tourterelle.

Elle s’est assise sur le tabouret.

Ne manifestant aucun regret.

 

L’arôme d’un encens vogue en ce lieu.

Que j’ai acheté dans un pays merveilleux.

Une contrée où les gens parlent une langue millénaire.

Et que puis-je dire de leur religion ? Quel grand mystère !

 

Face à face, subjugués dans nos pensées.

Elle me fixa tellement de ses yeux, j’en étais étonné.

De ma main confuse après cette période de confinement.

J’ai pris mon crayon et j’ai commencé bien lentement.

 

Nous pouvions entendre la mine glisser.

Sur le papier depuis trop longtemps inutilisé.

Quel plaisir d’immortaliser le corps dénudé d’une femme !

Quelle bienheureuse sensation remplit alors mon âme !

 

Bien que ce fut pour elle sa première expérience.

Elle est venue à mon atelier avec tant d’espérance.

Assise nue, en ce moment, devant un pur étranger.

Une question m’a dès lors envahi : est-elle gênée ?

 

Elle était un modèle parfaitement aguerri.

Elle concentra sans peine tout son esprit.

Dans ses pensées, elle s’était profondément recluse.

Elle était devenue, à mon grand étonnement, ma muse.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Maurice

Maurice Poème de Rolland Jr St-Gelais Peinture par Noble Roro de la France

Maurice

 

Je me souviens,

Enfin, je l’espère bien.

D’un homme que j’ai rencontré

Voilà plusieurs années en une lointaine contrée.

 

Il y avait chez lui tant de bonté

Que même les anges en étaient étonnés !

Il possédait dans son cœur une richesse

Celle d’avoir envers les pauvres tant de tendresse.

 

Il vivait bien modestement

Dans une maison avec sa maman.

Vieux garçon, il n’a jamais eu la chance

De faire belle fleurette ni de vivre de romance.

 

Pourtant, il rêvait souvent de connaître une femme à aimer.

Une âme sœur, avec qui il aurait, une famille heureuse, fondée.

Il n’a jamais eu l’occasion en sa vie de faire une telle rencontre.

Puisque le temps avait joué contre lui telle une mauvaise montre.

 

Né pendant la Grande Guerre,

Celle que l’on appelait « La Der des guerres ».

Il perdit son père sur le lointain front de Verdun.

Fier homme de sa patrie, courageux comme pas un.

 

Sa mère peu instruite se débrouillait comme elle le pouvait.

Afin que son fils ne manque de rien, divers boulots, elle occupait.

Ils vivaient sur une ferme bien modeste que leur avait léguée son père.

En une région où un soleil radieux se levait sur une magnifique terre.

 

Maurice, avec le temps, s’apercevait que sa mère vieillissait inévitablement.

Il avait alors fait le vœu de s’occuper de celle-ci en son cœur aimant.

Il a pris la relève tant sur la ferme que pour les petits boulots.

Car, pour sa mère admirable, rien n’était trop beau.

 

Les jours, les semaines, les mois et les années sont passés.

C’est pourquoi il n’a jamais trouvé une femme à épouser.

Mais, dans la profondeur de son âme, il y avait qu’une loi.

Celle de procurer à sa tendre mère du bonheur et de la joie.

 

À tous les Maurice qui vivent sur les mers et les terres.

Je vous souhaite une Saint-Valentin agrémentée d’un joyeux air.

Un air heureux, un refrain agréable, une chanson d’amour.

Qui vous accompagnera maintenant et pour toujours.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

Magdeleine

Magdeleine Poème de Rolland Jr St-Gelais Peinture par Noble Roro de la France

Magdeleine

 

Je suis allé passer tout l’été.

En vacances dans une région éloignée.

Un coin de mon Québec situé en pleine mer.

Un pays d’où proviennent les ancêtres de ma mère.

 

Un ciel bleu qui surplombe une terre aux couleurs de cuivre,

Sur laquelle les gens, petits et grands, ont appris à vivre!

Quelques îles reliées entre elles par des filaments.

Qui ont su résister contre le temps et les vents violents.

 

Des gens courageux issus de la légendaire déportation,

Perpétrée par les tuniques rouges de la divine Albion.

J’y ai rencontré tant de gens si beaux, si chaleureux.

Qui ont appris envers et contre tout à être heureux.

 

Une femme, par son allure européenne, m’a fort étonnée.

Une Française qui était venue faire connaissance de cette contrée.

Son accent si étranger trahissait sa présence en ce lieu situé à mille lieux.

Elle portait en ce jour un costume qui lui donnait un air si merveilleux.

 

À vrai dire, cette journée a une grande particularité.

Toutes les maisons étaient décorées pour des festivités.

Ce jour est dédié à Notre-Dame, protectrice des Madelinots.

Fiers descendants des déportés sur les mers agitées sur des rafiots.

 

De leurs ancêtres, ils ont appris à jouer du violon et de l’accordéon.

Contre mauvaise fortune, avec bon cœur, ils chantent de douces chansons.

Mais, en cette occasion spéciale, ils firent l’un de ces tintamarres.

Sortis des casseroles afin de rappeler aux touristes leur histoire.

 

Loin de vouloir se plaindre, ils ont appris à jamais ne rien redouter.

Mais, par-dessus tout, ils ont su aimer la vie, et leurs prochains, aider.

Alors, dites-moi! Ô, charmante Française. Ô, belle Magdeleine.

Comment trouvez-vous ce coin de pays, les Îles-de-la-Madeleine?

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada