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Un bête accident

Un bête accident Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par JRekas Source : https://www.deviantart.com/jrekas/art/miraculous-recovery-938795262

Un bête accident

 

Bonjour ou bien bonsoir

Je sais bien qu’il est un peu tard

Pour vous écrire ce présent message

Et, tout ça parce que je n’ai pas été bien sage.

 

C’est un fait véridique que je suis loin d’avoir encore vingt ans

La vie passe si vite que l’on ne s’en rend pas compte tout le temps

J’avais décidé avec quelques amis de sortir dans une boîte de nuit

Pour y fêter la victoire, en finale de la coupe du monde, de notre pays

 

Un verre et encore bien d’autres m’ont fait perdre la boussole

La soirée de notre joie est alors devenue de plus en plus folle

Tout ce dont je me souviens du peu de ce bête accident

C’est d’avoir traversé l’intersection des rues imprudemment

 

Quelques pas sur le macadam, sans avoir regardé au préalable

Une voiture arriva en klaxonnant et me voilà de mon sort coupable

La lueur des phares aveugla mes yeux fatigués de ce jour fatal

Puis, plus rien, j’ai vite sombré dans le néant le plus total

 

Je repris graduellement les esprits dans l’ambulance

Où l’on me fit avec raison quelques belles remontrances

Très vite,l’on m’a conduit à l’hôpital pour y recevoir les soins

J’ai fait la connaissance d’une charmante infirmière le lendemain

 

Elle m’a annoncé que j’y serai soigné pour encore plusieurs semaines

Qu’elle sera ma soignante attitrée alors que je me disais ; « Hé bien, quelle veine ! »

Elle me demanda alors, était-ce par hasard, ma profession, mon métier

Je suis photographe de nu que je lui ai répondu en toute honnêteté

 

Quelle chance inouïe, elle a alors rétorqué avec un sourire qui en disait longuement

Sur ce qu’elle désirait réaliser avec moi quand je sortirai de cet établissement

Grâce au ciel et à la compétence formidable de mon infirmière adorée

Une véritable guérison miraculeuse s’est prestement effectuée

 

Lorsque vient la journée de ma sortie et de lui dire un profond merci

Elle est venue me saluer tout en préparant avec attention mon lit

Dans ma valise, elle y glissa un papier avec grande délicatesse

Sur lequel étaient écrits son numéro de téléphone et son adresse

 

Après quelques rencontres et des séances de pose bien cordiales

Nous nous sommes ouverts sur nos sentiments devenus peu banals

Nous avons passé de liens purement professionnels à un amour profond

Certains ont dit, et nous n’en savions que faire, que nous ayons perdu la raison

 

Au pied de l’autel, nous avons prononcé les vœux sacrés du mariage.

Comme quoi, contrairement à ce qu’on croit, peu importe la différence d’âge

Ne dit-on pas que parfois le destin joue des tours fabuleux aux âmes esseulées

On doit simplement accepter, en dépit des langues de vipère, que l’on peut être aimé.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

 

Exploration

Exploration Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo de la collection de Appetitive-Soul Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/Img-937643868

Exploration

 

Bonjour ma chérie,

Tu m’as invité à passer la nuit,

En ta compagnie pour me faire savourer,

Un plat délectable que tu as longtemps préparé.

 

Tu as su le mijoter dans un bain finement parfumé,

Alors que tu frottais méticuleusement ton corps léger,

Fier symbole de la féminité dans ce monde sans repères.

Où l’on s’empêche de dire la vérité afin de ne pas déplaire.

 

Quoiqu’il en soit, tu as eu la gentillesse,

De m’inviter à manger ce repas avec délicatesse.

Une pièce succulente digne des plus grands festins,

Et qui épouse à la perfection mes désirs les plus coquins.

 

Un mets secret que tu partages avec de rares élus,

Lesquels savent bien apprécier à leur valeur tes seins nus !

Sans pour autant prendre ta chair fraîche et pure pour un jouet,

À consommer sans modération puis la jeter tel un vulgaire objet.

 

Voilà pourquoi j’adore avoir vraiment tout mon temps,

Pour déguster les parcelles de ton intimité lentement,

Y passer à répétition avec volupté ma langue humide,

Qui a satisfait tant de ces femmes autrefois timides.

 

Mes lèvres embrasseront les tiennes avec passion,

Jusqu’au moment où j’entendrai tes cris de supplication.

Mes mains appuyées sur les bras de la chaise de bois,

Je ferai mon possible pour te conduire vers l’ultime joie.

 

Tu goûteras à ma médecine en une véritable dévergondée.

Sans cesse, tu en demanderas à en avoir la respiration saccadée.

Au moment venu, j’avalerai sans réserve jusqu’à la dernière larme,

La sève amère qui sortira de cette zone lorsque tu poseras les armes.

 

Allez ! En cette nuit noire d’automne, laisse-moi faire !

De tes futiles appréhensions, je pourrai bien t’en défaire.

D’une authentique satisfaction, je saurai tellement t’en donner.

Pour cela, ô, ma chérie, il te sera inutile de me remercier.

 

Rien ne peut égaler une parfaite exploration,

Lorsqu’elle est réalisée avec une entière attention.

Ma dextérité est sans contredit une notoriété en la matière.

Installe-toi aisément mon amour pendant que je ferme les lumières.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

La fleur du délice

La fleur du délice Poème de Rolland Jr St-Gelais photo par Jrekas Source : https://www.deviantart.com/jrekas/art/The-flower-of-delight-933288151

La fleur du délice

 

Certains optent pour les Fleurs du mal,

Comme d’autres agissent tels des vandales.

De mon côté, j’ai choisi la délicatesse des femmes,

Qui chaque jour, chaque nuit, sans cesse m’enflamme.

 

Comment pourrais-je faire autrement ?

Devant leur beauté exquise, je deviens dément.

Toucher de mon regard chaque parcelle de leurs corps,

Rends mon désir de volupté et de luxure de plus en plus fort.

 

Que puis-je dire devant ces deux beautés ?

Elles furent mises sur mon chemin par la destinée.

Se tenant droit devant moi sans bouger sous la lumière.

Telles des statues de la Grèce antique inlassablement elles se figèrent.

 

D’un ciel de nuit sous la Voie lactée éclairant le firmament,

Je restais là à parcourir de mes yeux leurs courbes lentement.

Quoi de plus magnifique, en cette nature, que la divine pureté ?

Et deux femmes qui présentent en simplicité toute leur féminité.

 

Peut-on affubler le fait d’apprécier de telles créatures de vice ?

Ainsi, je n’arrêterai jamais de humer l’odeur de la fleur du délice.

Et je m’éloignerai pour toujours de ce monde rempli d’hypocrisie.

Qui ne fait que mépriser tout ce qui fait la splendeur de la vie.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Les deux comparses

Les deux comparses Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo choisie par Appetitive-Soul Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/1900-109-930333494

Les deux comparses 

 

J’ai, parmi mes nombreux souvenirs, d’un temps lointain.

Une époque où je jouissais d’une réputation d’être vilain. 

Je n’étais pas bien méchant, mais pas un ange, non plus. 

Sorti tout droit de l’adolescence, je croyais avoir tout vu. 

 

Jeune homme ! Je quittais à peine le collège. 

Diplôme en mains, maintenant que ferais-je ? 

Je ne voulais guère occuper un quelconque boulot. 

Subvenir par un maigre salaire équivaut à être penaud. 

 

Or, un jour, j’ai lu cette annonce dans le quotidien du quartier. 

« Homme recherché, de belle apparence n’ayant pas peur de travailler. » 

Griffonnant à la hâte sur un morceau de papier le numéro de téléphone.

Un grand coup de chance incroyable, cette idée, en ma tête résonne. 

 

En quelques secondes, arrivé chez moi, j’ai appelé.  

Une douce voix me répondit à l’autre bout du combiné. 

Elle me donna l’adresse où aller, située près de ma demeure. 

Et, le plus important, à ce rendez-vous, lui fixer une heure. 

 

Peu après avoir pris un bon repas au dîner.

Pour mes amis d’Amérique du Nord, c’est le souper, 

Je suis parti avec une grande joie à mon entrevue d’embauche. 

Sans me douter qu’il s’agissait d’une maison de débauche. 

 

Un établissement, haut de gamme, situé à proximité d’une modeste chapelle. 

Quoi de mieux pour aller se confesser après avoir connu de femmes si belles ? 

Car, des sept péchés capitaux, le plus pardonnable est celui de la luxure. 

En effet, le plaisir de la chair ne fait point de mal à l’être au cœur pur. 

 

Dès que je frappai quatre coups à la porte, un clapet s’entrouvrit. 

Une voix sucrée se fit entendre : « Mot de passe, je vous prie ! » 

« La France parle aux Français », j’ai immédiatement répondu. 

En pensant à mes quelques cours d’histoire maintenant révolus. 

 

Deux jolies demoiselles m’ont ouvert la porte de cet endroit mystérieux. 

Elles m’ont reçu de leurs sourires radieux tout en conservant leur sérieux.

Après tout, pour la première fois, je postulais ma candidature pour un emploi.

 Qui, je le souhaitais ardemment, allait réellement faire un homme de moi.

 

Outre le fait qu’elles ont agi avec une remarquable délicatesse.

Elles portèrent chacune une nuisette qui leur allait jusqu’aux fesses. 

Elles m’ont alors expliqué quel serait mon travail en évitant les détails.

Grosso modo, percevoir les sous des clients et veiller à l’ensemble des victuailles.

 

Mettre à la porte, si nécessaire, les récalcitrants,

En s’abstenant d’user d’une force inutile, bien évidemment.

Voir à ce que tout soit aux bons endroits et que tout soit en ordre.

Afin d’éviter l’apparition d’un Capharnaüm et d’un vulgaire désordre.

 

Elles me racontèrent tant de choses, tant d’histoires, au sujet. 

De cet endroit où viennent des hommes tantôt beaux, parfois laids.

Que d’anecdotes coquines et de secrets diplomatiques elles me dirent !

Ces deux comparses, tels des larrons en foire, m’ont bien fait rire.

 

Elles ont surpris tant de mecs en tout genre et de tous les styles.

Des bûcherons aux allures viriles voulant impressionner les filles.

Jusqu’aux efféminés qui désirèrent démontrer leur féminité.

Car, il faut l’admettre, il y a pour tous les goûts dans la société.

 

C’est avec honneur que j’ai accepté ce premier emploi.

Car, comme mon père disait, de son vivant, un homme de Loi.

Rappelle-toi mon fils de ceci : « Il n’y a point de sots métiers.

Il y a que de sottes gens. » Il a mainte et mainte fois répété.

 

De 

 

Rolland Jr Gelais 

Québec (Québec)

Canada

Fais-moi confiance

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Fais-moi confiance

 

Aujourd’hui, je suis allé voir un médecin.

Avec qui, je me sentirais entre de bonnes mains.

Cela faisait quelques temps que je ressentais des douleurs.

Et, j’en éprouvais à mon regret de plus en plus de peur.

 

La date de mon rendez-vous advint.

Prenant mon courage, j’y allai d’un pas certain.

Dans un cabinet privé, j’ai été accueilli avec respect.

Ne connaissant pas quoi m’attendre à ce qu’il m’arriverait.

 

Feuilletant un magazine, j’essayai d’occuper mes esprits.

Car, après tout, il est trop tard pour reculer à ce moment-ci.

J’ai remarqué que le décor avait un petit-je-ne-sais-quoi.

Une ambiance si chaleureuse qui me réconforta.

 

Les membres du personnel étaient légèrement vêtus.

Ce qui était loin de me déplaire à première vue.

Des femmes d’une beauté exquise œuvrèrent.

Elles se comportèrent telles des fourmis ouvrières.

 

Puis, l’une d’entre elles est venue me trouver,

Pour m’amener dans la grande pièce juste à-côté.

Elle me demanda sur le champ de retirer mes fringues,

Ce que je fis sans discuter, même si je me sentais dingue.

 

Soyez rassuré ! Je suis l’infirmière attitrée de votre docteur.

Elle arrivera pour la consultation dans un quart d’heure.

Elle possède une expertise médicale qui vous étonnera.

Sa connaissance, j’en suis certaine, vous médusera.

 

Une femme à la chevelure rougeâtre entra avec délicatesse

Elle portait des lunettes qui lui donnèrent une allure de déesse.

Un collier orangé pendu à son cou me faisait songer à l’automne.

Baissant sa monture, elle observa avec attention ma virilité d’homme.

 

Elle devina sans outre mesure le poids de mon célibat.

Et de ses mains expertes, de cette douleur, elle me soulagea.

Quand je pense que depuis des jours je m’en faisais pour si peu.

Et, maintenant, je peux dire que je suis un gars vraiment très heureux.

 

Elle m’a fait une ordonnance médicale.

Afin d’éviter de souffrir de nouveau d’un tel mal.

D’aller voir un établissement spécialisé dans ce domaine.

Elle me suggéra par écrit quelques endroits. Quelle veine !

 

Trois fois par mois seront, à mon avis, raisonnables.

Pas plus, car tout excès serait, à mes yeux, impardonnable.

Tenez mon cher ! Je vous donne mes honoraires pour aujourd’hui.

C’est avec un soupir de soulagement que je lui ai dit merci.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada