Archives

Le pont

Le pont Poème par Rolland Jr St-Gelais Photo par Placi1 Source : https://www.deviantart.com/placi1/art/Untitled-899407807

Le pont

 

Que nous le voulions ou pas, un jour ou l’autre.

Un passage, court ou long, où nous attend un hôte,

Les sages conviennent que la vie est faite ainsi depuis l’aube du temps,

Les jours, qu’ils soient torrides ou solitaires, passent aussi vite que le vent.

 

Nous naissons sans bien et nus comme des vers.

Ayant des destins fort différents sur la terre.

De l’enfance parfois brisée par tant de mal,

À l’adolescence cheminant à travers les dédales.

 

Puis, vient la période de l’homme et de la femme.

Deux êtres à si différents emportés par la passion et ses flammes.

Chacun fera son chemin, son parcours de vie et son destin.

Chacun fera son possible avec ce qu’il aura dans les mains.

 

La vieillesse nous saluera avec ses cheveux d’argent.

Faisant au passage des traces sur les visages de tant de gens.

Ces traces qui témoignent de tant de joie, de peine en une vie.

Mais, quoi de plus beau qu’une aînée qui dit à la vie un grand merci?

 

Les parcours de l’existence sont différents les uns des autres.

Certains trouvent le réconfort en des mages et deviennent des apôtres.

Quelques réponses sont bonnes alors que d’autres n’ont pas toujours tort.

Face à tant de questions irrésolues sur le sens de la vie de la mort.

 

Toutefois, une question est entre toutes la plus cruciale.

Elle concerne aussi bien les nobles gens que les vandales.

Qu’y a-t-il à l’autre bout du pont une fois notre vie accomplie?

Peut-on espérer un monde meilleur ou bien que tout sera à jamais fini?

 

J’ose croire mes amis et connaissances,

Qu’il y aura selon notre parcours une renaissance,

Mais, d’ici là, pas de crainte nous devrions éprouver.

Envers le moment où nous allons revoir nos êtres que nous avons aimés.

 

Avant que ce moment inéluctable soit arrivé,

Apprenons à vivre ensemble avec respect et authenticité,

Ainsi nous aurons le cœur léger au jour où nous traverserons le pont,

Nous l’enjamberons alors avec un refrain et d’un seul cœur nous chanterons.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Chez ma grand-mère

Chez ma grand-mère Poème de Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/00-1674-899692858

Chez ma grand-mère

 

Je me rappelle, il y a de cela longtemps, lorsque j’étais môme.

J’étais, comme on disait jadis, pas plus haut que trois pommes.

Nous avions l’habitude, mes parents et moi, d’aller tous les dimanches.

Chez ma grand-mère qui rayonnait de beauté avec sa chevelure blanche.

 

Nous y restions pour le repas dominical,

Après être allé à la messe en l’église St-Pascal.

Quelques génuflexions, quelques prières apprises par cœur,

Nous allâmes à la sainte communion en écoutant chanter le chœur.

 

Après nos actions de piété et de dévotions,

Sans plus attendre vers la voiture paternelle nous y allions.

Attentivement ! J’écoutais les directives générales de ma mère.

Que dire et quoi faire et leur contraire avant notre arrivée chez grand-mère.

 

Que de bonnes choses à manger se trouvaient sur la table,

Des petits plats préparés avec amour elle disait avec un air aimable.

Avec un silence religieux, je savourais ces mets apprêtés avec soin.

Me régalant de ce qui s’y trouvait et en particulier son délicieux pain.

 

Après avoir mangé à satiété un tel festin digne des dieux,

Nous allions au salon où il y avait des tableaux merveilleux,

Des peintures réalisées par des peintres de grand renom,

Des photos de paysages et de lieux dont j’en ignorais le nom.

 

Quelques photos étaient dédiées à l’amour,

De ce sentiment qu’ils avaient l’un pour l’autre en ces jours,

Des jours de bonheur qu’elle nous racontait en parlant de grand-père,

Un homme courageux et passionné par la vie, mais, hélas, mort à la guerre.

 

Parmi ces vieilles, mais belles photos,

Il y en a une qui me gênait parfois un peu trop.

Je n’osais point poser quelques indiscrètes questions.

Soucieux de faire honneur à mes parents, silence requis avec raison.

 

C’est bien plus tard que j’ai appris par mon père cette noble vérité.

De nombreux ateliers d’art à une certaine époque utilisèrent sa beauté.

Pour des séances, au sein de la Ville lumière, auxquelles elle était immortalisée,

Par des artistes parfois célèbres parfois amateurs, mais toujours attentionnés.

 

Les dernières années sont passées inévitablement,

La grande faucheuse amena grand-mère silencieusement,

Mais, chose étrange, sa beauté si radieuse, elle lui a laissée.

Afin de nous permettre de toujours l’avoir en nos pensées.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Un jour, vous serez là

Un jour, vous serez là Poème de Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/Untitled-899608721

Un jour, vous serez là

 

Ô belle dame, nous le savons bien.

À l’heure fatale, face à vous, nous n’y pourrons rien.

Soyez sans crainte, je sais que vous êtes loin d’être méchante.

Même si l’instant de votre arrivée toujours trop tôt nous hante.

 

Parfois, on vous accuse de tous les maux.

Alors que vous faites que votre travail sans dire un mot.

On craint souvent votre venue, car un être cher, souvent vous emporter.

Parfois, on vous remercie de mettre fin à la souffrance d’un être que l’on a tant aimé.

 

Nul ne sait où vous nous amenez,

Vers un autre monde, l’on nous a enseigné.

Parmi les sages qui ont apprivoisé cette crainte insensée,

St François d’Assise est le premier à vous avoir appelé notre sœur bien-aimée.

 

Nul ne peut à votre présence inéluctable se défiler sans violence.

La vie est ainsi faite que c’est grâce à vous qu’elle prend toute son importance.

Belle dame à la chevelure argentée et à la peau blanche comme du lait.

Puis-je vous demander une modeste faveur, une humble requête, s’il vous plaît?

 

Laissez-nous encore notre merveilleux père,

Ne serait-ce que le Temps des fêtes sur terre,

Que nous puissions lui dire comme nous l’aimons,

Car c’est par son exemple, cette vie nous adorons.

 

Lorsque le jour de son départ sera arrivé,

Emportez-le avec le plus doux des baisers.

Il est comme tous les humains tout à fait imparfaits.

Mais, que son amour envers nous est plus que parfait!

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Elles sont espiègles mes copines

Elles sont espiègles mes copines Poème de Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/00-1668-899403102

Elles sont espiègles mes copines

 

Elles sont espiègles mes copines.

Elles sont aussi tellement coquines.

J’ai fait leur connaissance je ne sais où,

Dès que je les ai vues, j’en suis devenu fou.

 

Elles étaient tellement jolies,

Aussitôt, mon cœur en était épris.

Mon âme était ensorcelée par tant de beauté,

Et de leurs charmes rayonnant de toute leur féminité.

 

Combien de péchés ai-je faits en actions et en pensées?

Chose étrange! Je n’en éprouve pas de gêne d’avoir réalisé.

Car, avouons-le, le péché de chair est si plaisant à accomplir,

 Que de mots et de gestes que l’on souhaite ne jamais finir.

 

Elles sont tellement belles,

Belles comme des hirondelles,

Avec elles, je volerai au gré du vent,

Je les accompagnerais à n’importe quel moment.

 

Ne dit-on pas qu’à l’heure de notre départ vers l’au-delà,

Que tout ce que nous n’avons pas fait, on regrettera?

Alors, permettez-moi de vivre ma vie comme je le veux.

Que cela à vous déplaise, car je fais ce que je peux.

 

Merci mille fois à vous, ô charmantes dames.

D’avoir enlacé l’homme que je suis par vos flammes.

Que de beaux moments à la fois honteux et agréables,

J’ai passé avec vous des nuits qui seront à jamais inoubliables.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

À tes côtés

À tes côtés Poème de Rolland Jr St-Gelais Source : https://www.deviantart.com/appetitive-soul/art/00-1669-899403267

À tes côtés

 

En fouillant dans une armoire,

Lieu qui sert à raviver ma mémoire.

J’y ai découvert des photos d’une autre ère,

Une époque où je vivais avec mon père et ma mère.

 

Il y avait tant de photos de toutes les variétés,

Certaines m’ont fait rire, quelques-unes m’ont attristée.

La plupart d’entre elles m’ont rappelé de beaux souvenirs,

Fait étrange ! Une d’entre elles m’a fait tellement sourire.

 

Elle a été prise lors de notre voyage dans la ville de Paris,

Un séjour qui m’a fait découvrir comme tu es belle, ma chérie.

Nous avions parcouru les rues, vu tellement de gens.

Nous avions découvert des lieux si différents.

 

J’aimais entendre ta voix,

Alors que nous étions dans un café toi et moi,

Sur l’une des nombreuses terrasses qui jalonnèrent ces lieux,

Ces lieux où de pauvres bougres faisaient pour vivre de leur mieux.

 

Certains vendirent des cartes postales,

D’autres écrivirent des poèmes tant bien que mal,

Mais, parmi tous ces gens, un possédait un étrange appareil.

À ce que l’on disait à cette époque, il s’agissait d’une vraie merveille.

 

Je me suis approché d’un jeune homme.

J’ai demandé pour une photo, c’est quelle somme.

En lui expliquant que je souhaitais être photographiée avec mon amie,

C’était pour nous deux, la première fois que nous visitions une ville si jolie.

 

Portant alors son regard vers nous deux,

J’étais fort impressionnée par la douceur de ses yeux,

Des yeux bleus comme l’azur qui m’a transportée vers un monde pur.

Il répondit : « Avant de vous faire un prix, essayez-vous sur le banc près du mur. »

 

Ce que nous avons fait sans dire un mot comme il se doit.

Avec confiance, nous lui avons obéi à l’œil et au doigt.

J’avais placé mon bras sur tes épaules telle une voile,

Afin d’immortaliser cet instant sur une imaginaire toile.

 

Nos joues collées montraient notre profonde complicité,

Et, je le reconnais d’emblée, une si particulière amitié.

Quelques clichés réalisés faits par des mains expertes en deux temps,

Et quelques poses suggérées par notre hôte, nous avons fait en un mouvement.

 

Quand fut venu le temps de régler l’addition,

J’ai alors demandé, pour ce travail, combien nous lui devions.

Rien du tout, je vous offre cette photo, charmantes dames.

Car jamais de ma vie, je vous le jure, je n’ai vu de si belles âmes.

 

Avec délicatesse, il me tendit cette pièce précieuse,

Qui me rappelle maintenant comme j’étais avec toi heureuse.

Ce que je donnerais pour être en ce lieu en ce temps transportée.

La vie m’avait tellement comblée lorsque j’étais assise à tes côtés.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada