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Lettre à ma mère

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Ma mère m’a enseigné à ne pas avoir honte de mon corps.

Lettre à ma mère

Bonjour chère maman,

Cela fait maintenant plus de 21 ans que tu as quitté ce monde que tu aimais tant. Tu adorais entretenir ton jardin de fleurs, prendre soin de la demeure familiale, recevoir tes enfants partis depuis le jour de leurs noces afin de fonder à leur tour leurs familles sans oublier le cadet dont tu étais si fière. Fière d’avoir fait mentir les plus sombres pronostics à son endroit. Tu étais là dans nos moments de peines comme de joie. Tu partageais nos instants de bonheur tout en nous épaulant dans nos moments de tristesse. Tu nous as inculqué des valeurs chrétiennes si précieuses à tes yeux.

DSCN0257 (2)Ta foi en la vie, en l’amour et en Dieu est devenue mienne au fil du temps. Oui, j’ai foi en la vie car elle est de part sa précarité tellement précieuse que jamais je ne voudrais la perdre pour des futilités. Oui, j’ai foi en l’amour car qu’importe ce que nous sommes sur cette terre, vivant dans l’opulence ou bien essayant de survivre dans la médisance, savants au grandes connaissances ou petites gens aux humbles d’esprit, peau couleur d’ébène ou bien blanc comme de la crème, nous ne pouvons vivre sans amour. Oui, j’ai foi en Dieu. Celui que tu m’as fait connaître à travers tes gestes de bonté et de miséricorde, en ne pas jugeant autrui sur les apparences mais de tendre la main sans compter car nul trésor ne nous suivra dans la tombe une fois notre heure venue.

Pourtant, j’ai tant de choses à te dire, tant de secrets à te dévoiler, tantNew Image 43 de chagrins à te confier. Mais, par-dessus toute chose, j’aimerais avoir réponse à cette modeste question : pourquoi ai-je tendance à blesser les femmes qui m’ont aimé ? Je ne crois pas être une mauvaise personne et jamais, ne fut-ce qu’un seul instant, j’ai souhaité mauvais sort à autrui. Et pourtant, c’est la honte qui m’envahit dans la tournure de mes souvenirs. J’ai tellement désiré avoir une femme à combler, à chérir et à toujours respecter.

Pourtant, malgré mes gestes de bonté et mes marques de respect, j’ai si souvent blessé que je ne sais plus qui je suis. Tu sais. Je n’ai jamais rien refusé à celle qui allumait la flamme dans mon cœur, encore plus lorsque celle-ci me réchauffait dans le silence le plus complet. Je suis loin de regretter mes voyages, mes aventures et mes soirées avec toutes celles que j’ai réellement aimées. Bien au contraire !

20171130_135019 (1)Maintenant que l’automne tire à sa fin et que l’hiver installe son manteau blanc, je ne peux m’empêcher de revivre mes plus beaux souvenirs. Souvenirs qui me hantent dans mes rêves aux plus sombres de mes nuits. Me réveillant en sursaut, je t’appelle. Maman ! T’ai-je donc fait !? La douleur qui m’accable ne s’apaise que dans les strophes de mes poèmes.

Et, que Dieu m’en soit témoin, ce que je les ai aimées. Ce qui ne m’a pas empêché de les blesser. Malgré moi, malgré les valeurs que tu m’as transmises, je n’ai pas su être à la hauteur. À la hauteur de leurs attentes. Mais, ce qui m’accable le plus, c’est de voir que celle que j’ai en secret le plus aimée, est celle dont j’ai fait le plus souffrir.

Dis-moi maman, me répondras-tu la prochaine fois que je t’appellerai en pleine nuit ? Tu sais maman, j’aurais tellement de choses à te dire, de secrets à te confier et de péchés à te confesser. La prochaine fois, je t’en supplie pour l’amour de Dieu, réponds-moi.

Ton fils qui t’aime.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Dans l’œil d’un artiste

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Remerciement à Jerzy Rekas pour sa permission Source : http://jrekas.deviantart.com/

Dans l’œil d’un artiste

Bonjour tout le monde,

Je profite de cet instant pour partager avec vous mon opinion, aussiDSCN0257 (2) humble soit-il, sur un aspect précis du domaine de la nudité artistique. Un aspect qui, je le crois, n’a été qu’effleuré au fil de mes nombreuses publications sur les séances auxquelles j’ai eu la chance de participer depuis que je suis devenu modèle nu pour des écoles d’arts et des ateliers où le dessin était l’outil de travail des artistes présents. Cet aspect concerne le regard de l’artiste sur son modèle. Un regard qui est, vous devez vous en douter, très différent de ce que l’on retrouve au sein des magazines et, encore plus, au sein des nombreuses publicités où le corps, notamment celui de la femme et dans une moindre mesure celui de l’homme, est utilisé pour faire mousser la vente de tel ou tel produit.

1922236_910867815619763_7444781465202693521_nQuel est donc ce regard ? Je répondrai à cette question par une vérité enseignée par les plus sages : Il y a autant de regards sur autrui qu’il y a d’individus sur terre. Ceci est bien évidemment le cas pour les artistes lesquels ont leurs propres expériences de vie, leurs valeurs, leurs degrés d’ouverture sur le monde et leurs interdits plus ou moins nombreux, ainsi que leurs préoccupations pouvant altérer leurs visions du sujet étudié. C’est un fait que les expériences de vie, et pas seulement pour les artistes, ont une influence énorme sur la manière dont tout-un-chacun perçoit le monde environnant. Par exemple, chaque lecteur d’un quotidien interprétera les nouvelles qui y sont rapportées à la lumière de ce qu’il a ou non vécu au cours de sa vie. Comme on dit si bien, tout le monde peut parler sur la guerre, mais seuls ceux qui l’ont vécu de près sont en mesure de saisir tout ce que cela comporte de cruel.

Il en est de même des valeurs personnelles. Dans le cas présent, lanew-image6 grande majorité des étudiants en arts pour qui j’ai posé nu dans le cadre de leurs formations académiques a semblé être emballée par le fait que je fus entièrement nu durant leurs séances. Je leur ai donné le meilleur de moi-même et, en contre partie, ils sont venus y puiser tout ce qu’ils pouvaient en tenant compte de leur savoir-faire. Or, certains élèves ont préféré ne pas assister aux dites séances pour des motifs qui leurs appartiennent et que les responsables des groupes se devaient de respecter. Ce qui est la moindre des choses en pareilles circonstances. N’est-ce pas ?

Le degré d’ouverture sur le monde, élément sous jacent aux valeurs personnelles en y incluant leurs interdits, peut aussi être un facteur déterminant dans la vision de l’artiste envers le modèle nu. Ici, je dois reconnaître que la quasi majorité des artistes, en incluant les élèves des écoles d’arts, ont une propension fort étonnante à découvrir le monde. Je parle bien du monde en général et non seulement du milieu environnant dans lequel ils vivent. D’ailleurs plusieurs d’entre eux ont voyagé en de nombreux pays enrichissant ainsi leur culture générale. Ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ?!

New Image1Et que dire de leurs préoccupations pouvant altérer leurs visions du sujet étudié ? C’est un fait indéniable que nous sommes tous marqués par les événements qui se déroulent dans notre vie quotidienne. Des factures à payer, des soucis de travail, des rapports houleux avec l’être aimé et bien d’autres aspects qui jalonnent le parcours de notre destiné peuvent obscurcir notre vision de la vie. Bien entendu que de tels aspects influenceront les artistes dans leurs démarches. Certains d’entre eux transposeront de manière plus ou moins consciente leurs préoccupations sur la vision qu’ils en ont sur le modèle nu qui se trouve devant eux. Dis-moi ce que tu penses et tu me donneras ainsi une bonne indice de ce que tu vois. Dis-moi comment tu le vois et je te dirai la couleur de ton âme. Il en est de même pour chacun d’entre nous.

Bref, le regard de l’artiste comporte des facteurs à la fois psychologiques et psychiques qui l’amèneront à mettre sur toile sa vision d’un instant précis de sa vie. Un instant figé par quelques coups de crayons ou de pinceaux ici et là sur une toile vierge. Un moment temporel couché sur une toile blanche pour le reste de l’éternité. C’est ainsi que de voir un modèle nu sur une toile quelconque, c’est d’abord et avant tout voir la profondeur de l’âme de l’artiste. Je conclue cet article en paraphrasant une parole d’un grand sage natif de Bethléem : « Qui me voit sur toile, voit aussi mon père ! »

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Moment de réflexion en ce jour spécial

Moment de réflexion en ce jour spécial

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien et que la saison estivale vous apporte joie et bonheur et que vous êtes entourés par ceux et celles que vous aimez. La vie est courte. C’est à nous d’en profiter au maximum en partageant nos joies et en aidant plus petit que soit. C’est d’ailleurs le fondement de la moralité.

18763018_10154940139913462_816691533_nComme vous l’avez peut-être deviné, je désire en cette journée un peu spéciale partager avec vous un moment de réflexion sur le sens de la vie, en l’occurrence de la mienne. En effet, cette journée est le 7 juillet 2017, soit le 7-7-17. Le chiffre sept revient trois fois tels que les sept jours de la création, les trois personnes de la sainte-trinité et le chiffre un tel qu’un seul Dieu. Bon ! C’est peut-être le fruit du hasard, mais un tel fait me porte à me questionner sur ma vie. Quel est le sens de ma vie ? Pourquoi suis-je venu au monde ? Que signifie ce monde à mes yeux ? Et, la plus importante de mes interrogations, de quoi suis-je le plus fier ?

received_10154940127618462Ma vie a un sens fondamental qui est de vivre tout simplement. C’est-à-dire de ne pas me lever à chaque matin en me préoccupant de ce que les autres diront ou penseront de moi. Je fais ce que je dois accomplir. Un point, c’est tout. Mais attention ! Une prière est toujours de mise dès mon réveil et à l’heure du coucher. Une prière mariale car, et je m’en aperçois de plus en plus au fil des années qui passent, la foi catholique que mes parents m’ont transmise a été plus que salutaire en maintes occasions. Rendre grâce d’être là après toutes ces années et ce, en dépit de tout le pronostic plus que défavorable de certains médecins à mon endroit quelques temps après ma naissance. Avoir la foi est le propre de l’être humain. Et être un humain, c’est d’abord reconnaître qu’il y a quelque chose qui nous dépasse malgré toute notre science, nos connaissances, nos découvertes et notre pouvoir lequel peut nos élever aux nues ou bien nous précipiter dans les abîmes.

Autre question : Pourquoi suis-je venu au monde ? Je vous dirais aprèsNew Image 90 mûres réflexion, qu’il existe trois raisons à cela. Tout d’abord, cheminer vers la lumière et ne jamais lâcher prise dans un tel cheminement. C’est un procédé loin d’être aisé puisque comme chacun d’entre nous, la possibilité de faire des erreurs existe bel et bien à chacune de mes décisions. Ne dit-on pas que la somme de nos décisions, de nos erreurs et de nos succès constitue l’expérience de la vie ? Accepter cette noble vérité, c’est faire preuve d’humilité. Ensuite, aimer et être aimé même si, parfois et bien malgré moi, cela peut en plusieurs circonstances être une source de souffrance. Mais, c’est aussi une source intarissable de bonheur et de joie. Aimer, c’est savoir être là tout simplement dans le silence de notre quotidien tandis qu’être aimé, c’est faire preuve d’un courage extraordinaire puisqu’on accepte de faire confiance à l’autre au point de se présenter tel que nous sommes réellement. Enfin, c’est aussi avoir l’aptitude de dire « oui » lorsque cela s’avère être nécessaire tout comme de dire « non » quand nos valeurs les plus profondes sont mises en péril. Ici, la survie de soi, de notre société et de nos modes de vie doivent impérativement être au premier plan dans nos prisses de décision. Oui, cela fait partie de mes raisons de vivre car sans une telle capacité, je suis semblable au grain de pissenlit apporté par le vent qui ne sait ni où il s’en va, ni ce qu’il deviendra. L’homme vaut plus que cela.

Autre question de grande importance : Que signifie ce monde à mes yeux ? Je vous dirais que rien n’est plus beau que ce monde. Nos dirigeants dépensent des fortunes colossales en armement, en subvention pour des entreprises dont le seul but est de toujours faire le plus de profit possible alors qu’il suffirait d’orienter toutes ces sommes dans des causes humanitaires pour régler des problèmes avant qu’il ne soit trop tard.

Oui, ce monde est magnifique et c’est à nous d’en prendre soin selon nos capacités personnelles. Oui, ce monde est extraordinaire avec tout qu’il contient. Pensez un seul instant aux rivières qui coulent, aux montagnes millénaires, aux milliers de fleurs qui nous offrent leurs couleurs et qui embaument l’air de leurs parfums sans oublier à toutes ces créatures, aussi grandes ou petites soient-elles, qui pullulent la terre. Cette terre qui nous offre tant et que nous maltraitons tant.

Oui, ce monde est précieux à mes yeux. Et, comme disait si bien un grand sage oriental : ce n’est pas la mort qui me fait peur, c’est de quitter la beauté de la vie qui m’attriste.

New Image25Enfin, voici la question qui me turlupine l’esprit. De quoi suis-je le plus fier dans mes réalisations ? Hé bien ! Croyez-le ou non, c’est d’avoir créé ce blogue puisqu’il témoigne à lui seul de mon parcours de vie. En effet, tout ce qu’il contient est une preuve irréfutable que la vie vaut la peine, je dirais plutôt la joie, d’être vécue. Je n’ai pas de mains, mais j’ai pu écrire des textes et des poèmes suscitant en certaines circonstances l’admiration de mes pairs. Il me manque certes une jambe et un pied, mais j’ai tout de même parcouru des lieux que bien des gens n’iront jamais. Je n’ai pas de langue, mais cela ne m’a pas empêché de dire à mon premier grand amour de ma vie que je l’ai toujours aimée et l’embrassant tendrement sur le front lors de notre rencontre après plus de trente ans de séparation. Oui, je pose entièrement nu pour des écoles d’arts et des ateliers de renommée internationale alors que l’on m’avait jadis condamné à être soustrait du regard d’autrui. Ce blogue est mon témoignage. Le témoignage que la vie est vraiment magnifique.

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Une présentation spéciale

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Une présentation spéciale :

Un entretien avec le modèle vivant Maria Clark

Bonjour tout le monde, J’espère que vous allez bien et que la vie soit bonne pour vous. De mon côté, tout va pour le mieux. En effet, j’ai eu la chance de visiter, une fois encore, la magnifique ville de Matane en Gaspésie. C’est l’une des régions à découvrir absolument si vous avez la chance de venir visiter mon beau coin de pays qu’est le Québec. Oui, Je suis fier de vivre au sein de cette contrée formidable où mes ancêtres ont bâti une nation forte et prospère et où il fait bon d’y vivre dans la paix et l’harmonie. Je profite de l’occasion pour souhaiter une bonne fête de la St-Jean-Baptiste à tous les Québécois sans oublier aux Canadiens-français qui célèbrent ce jour bien spécial.

Sous un autre ordre d’idées, et pour être dans la logique liée au thème central de ce blogue dédié à la nudité artistique, je vous présente une retranscription d’une interview réalisée avec le modèle nu Maria Clark. Il est important de retenir, en premier lieu, qu’un lien se trouve en bas du présent article afin de respecter le droit d’auteur et, en second lieu qu’une autorisation a préalablement faite auprès de madame Maria Clark laquelle a eu la gentillesse de l’accorder auprès de votre humble serviteur. Je lui en serai éternellement reconnaissant.

 

ENTRETIEN : « Quand je pose, je ne me montre pas. Je suis ! »

Modèle d’art professionnel, artiste, performeuse, auteure, réalisatrice et fondatrice d’association, Maria Clark se livre corps et âme sur son métier de modèle et la philosophie qui le sous-tend.

Modèle d’art. C’est ainsi que l’on nomme les muses et modèles qui posent pour des peintres, sculpteurs, photographes et autres artistes plasticiens. Il s’agit d’un métier ancestral, mystérieux, parfois méprisé, souvent fantasmé. Depuis toujours, le corps, réinventé dans l’œuvre, sublimé par la couleur, la lumière et le matériau, transmet une émotion universelle. Cette émotion puise autant son origine dans le regard de l’artiste que dans le talent du modèle à proposer, investir et garder la pose. Car malgré une apparente simplicité, poser est un art qui exige de réelles qualités physiques, mentales, artistiques et humaines. Maria Clark, modèle d’art expérimentée, et convoitée, du milieu Beaux-Arts de la Capitale, a accepté de lever le voile sur son métier, sa passion.

 

Maria, vous êtes modèle d’art depuis plus de dix ans. Pourquoi ce choix ?


J’ai commencé à poser à 23 ans pour un peintre avec lequel je vivais. Plus tard, en 1995, je suis devenue modèle pour les ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris, puis en 2006, j’en ai fait une profession. Mon parcours est très éclectique. Je suis née en Angleterre. Mes parents et moi avons déménagé en France, dans le Gard, quand j’avais six ans. J’ai fait des études d’arts plastiques au lycée. J’ai aussi étudié la danse contemporaine et le cinéma à l’université, à Paris, et la philosophie de l’art à la Sorbonne, puis j’ai suivi une petite formation en médecine traditionnelle chinoise. Cette année, je me suis réinscrite en thèse d’arts plastiques. C’est surtout la danse qui m’a amenée au métier de modèle. Le lien entre peinture et danse, c’est le souffle, le vivant. Je suis une passionnée, et derrière mon éclectisme se cache une réelle cohérence dont les fils conducteurs sont l’art et le corps.

 

Quelles sont vos affinités et préoccupations artistiques ?


J’aime ce qui a du sens, du poids dans les propositions artistiques. Longtemps, j’ai aimé la peinture expressionniste, tourmentée. L’œuvre de Bacon également. Maintenant, j’apprécie les transparences et la légèreté, ça m’apaise. J’aime aussi l’art contemporain, les installations vidéo, les performances, tout ce qui traduit l’existence et le spirituel humain. Notre civilisation est imprégnée d’une culture gréco-romaine axée sur la notion de beau, avec ses canons esthétiques. Je pense qu’il existe une autre façon d’appréhender le corps humain que la représentation du beau. Ce qui m’intéresse, c’est la représentation du vivant. L’art de la pose est une énergie censée inspirer pour créer de la vie, et non uniquement pour représenter une figure.

 

Comment se déroule une séance de pose ?


Souvent, j’arrive en avance sur le lieu de pose, chargée de ma vie quotidienne. Je pénètre dans la sphère de l’atelier comme dans une bulle, un autre espace-temps. J’ai un quart d’heure pour me changer. J’enfile mon kimono derrière un paravent. Ce n’est qu’une fois sur la sellette que je l’ôte. La sellette c’est un espace intime qui appartient au modèle, et à lui seul. Le travail est différent selon que je pose pour des élèves, ou pour un peintre en privé. Avec un peintre, nous développons une réelle collaboration. J’ai travaillé de longues années avec Daniel Riberzani par exemple. Il me donnait une piste de départ, par des mots ou des idées. Je lui faisais alors une proposition, un mouvement lent que je faisais évoluer, un peu comme du Qi qong. A un moment donné, il m’arrêtait et la pose était choisie. En réalité, les poses ne sont jamais complètement figées. Il y a toujours des micro mouvements, ne serait-ce que par la respiration. Une séance de poses n’excède pas quarante-cinq minutes. Elle est ensuite suivie d’un quart d’heure de repos légal. Puis s’enchaine une nouvelle session de quarante-cinq minutes, et cela plusieurs heures durant. Le modèle est auteur de ses poses.  Ma force de proposition doit alors être inventive. J’aime alterner des poses en tension et des poses relâchées et m’en amuser. C’est important aussi de s’amuser parfois !

 

C’est difficile de tenir la pose ?


Même si l’on vient de la danse comme moi et que l’on possède certaines qualités physiques, ce n’est pas évident. Au début, je pouvais prendre des poses compliquées, en torsion, difficiles à tenir. Les articulations trinquent. Avec l’expérience j’ai appris à mieux gérer mon temps et mon corps.  Pour éviter de se faire mal, il faut bien se connaitre. La pose la plus difficile que j’ai eu à tenir c’était dans une école : la même pose assise, quinze heures par semaine,  pendant trois mois ! J’avais terriblement mal aux ischions! Les poses longues en positions allongées sont aussi difficiles parfois, car tout le poids du corps repose sur les mêmes points sous l’effet de la gravité. Dans une pose debout, on peut plus facilement réadapter son centre de gravité, même si, sur la durée, ça fait mal à la plante des pieds. Poser nécessite un ancrage, une bonne perception de l’espace, du temps, de la lumière également.

 

Dans quel état d’esprit le modèle pose-t-il ?

 

Il faut une forme d’humilité, c’est un don de soi au profit d’un processus artistique. Il n’y a donc aucun exhibitionnisme dans mon acte. Je dois m’adapter à l’environnement,  ressentir l’ambiance générale. Quand j’entre dans une salle où l’énergie est molle ou électrique, j’ai envie, par ma façon d’être, d’apaiser et d’inspirer les élèves. A la différence de certains modèles plus « comédiens », je n’entre pas dans la peau d’un personnage. Je suis au contraire pleinement moi-même. J’oublie mon intellect pour entrer dans une sorte de cocon méditatif. Mais chaque modèle a son style, sa façon de poser ! Dans la plupart des ateliers, l’univers est bienveillant. En tant que modèle, on est plutôt bichonné. Personnellement, je suis dans l’accompagnement : de même que Socrate, en tant que philosophe, aidait les gens à accoucher de leur esprit, je suis le soutien silencieux et immobile qui aide les gens à accoucher de leur créativité. Ce qui me motive, à la base, c’est l’humain.

 

De façon paradoxale, ce métier, en apparence impudique, a traversé les siècles avec pudeur…


Le monde des ateliers d’art est un peu secret, hors du commun. Pour moi, il existe une éthique derrière l’acte de poser. D’une façon générale, je combats tous les préjugés. Quand je pose, je ne me montre pas. Quand je pose, je suis. Le tabou de la nudité, c’est juste culturel et éducatif. On vient au monde nu, la nudité c’est une chose simple ! Ceux qui considèrent ce métier comme impudique devraient essayer de dessiner d’après modèle vivant. Ils oublieraient vite la nudité. Ce que l’on voit en dessinant, c’est le corps dans l’espace, son architecture, ce sont des directions…

 

Vous parlez d’“espace hors du temps”, d’“instant plus-que-présent”. Êtes-vous portée par une spiritualité particulière ?


Dans un sens, oui. Quand j’ai suivi mon initiation en médecine traditionnelle chinoise (MTC), la pensée taoïste m’est apparue très familière, conforme à mes intuitions. J’y ai retrouvé par exemple l’idée que notre corps est notre propre pays, la correspondance entre les cinq organes et les cinq éléments, celle entre microcosme et macrocosme, la notion de méridien, donc de réseau. Quand je pose, je suis une partie du grand tout. De même que la goutte d’eau contient l’océan, mon corps, c’est le monde. Ma limite, pour adhérer vraiment à la pensée taoïste ou bouddhiste, c’est peut-être la « juste mesure », la « voie du milieu ». Je suis une femme émotionnelle, bien trop passionnée !


Vous avez créé une association de modèles. Pourquoi ?


L’histoire a commencé en 2008 avec la suppression du cornet par la Ville de Paris, qui amputait jusqu’à 20% des revenus à certains modèles. On a alors demandé une revalorisation des salaires, que l’on n’a d’ailleurs obtenu qu’en partie. Les modèles, jusqu’alors isolés, ont commencé à se parler, à se réunir. J’ai ensuite fondé la Coordination des Modèles d’art, une association qui compte pour l’instant une trentaine de membres et un réseau plus étendu de 200 modèles francophones. C’est une association collégiale et nous avons plusieurs pôles d’actions. C’est un espace de réflexion et d’engagement pour définir le modèle d’aujourd’hui, le valoriser et améliorer ses conditions de travail. Nous sommes cinq bénévoles à en assurer le collectif d’administration.

 

Vous venez de réaliser un film sur l’art de la pose. Quand sortira-t-il ?


Le DVD de mon film, Le Modèle vivant déplié, sortira en septembre prochain. En 2012,j’avais déjà publié un livre, À bras-le-corps, qui parle entre autres de mon activité de modèle.  Là, j’ai eu envie d’éclairer ce métier autrement. Il s’agit d’un documentaire d’art qui aborde des thématiques essentielles comme le temps, l’espace, le nu, l’immobilité, l’histoire, l’univers des ateliers… J’ai réalisé six interviews de modèles de profession (trois hommes, trois femmes, de 30 à 70 ans), puis j’ai intégré une dimension plus esthétique de l’image, en y incluant une relation à la pose et à la peau. Je souhaitais re-contextualiser ce métier au sein de l’Histoire et lever le voile de l’ignorance. Que les gens découvrent les valeurs existentielles de cette activité et du processus de création qui l’accompagne.

 

Pensez-vous jouer un rôle dans la sauvegarde des valeurs humaines de notre époque ?


Le rôle de l’artiste est crucial. Je considère que la condition d’artiste constitue en soi une forme de résistance, de contre-pouvoir. Je me suis impliquée dans le combat sociétal par mon travail personnel. J’ai réalisé pas mal de performances et d’installations artistiques, en particulier sur les thématiques de la frontière et de l’exclusion. Aujourd’hui, je reviens au dessin et à la peinture, et mon propos est plus axé sur l’intimité et « l’insularité » de chacun. Ma préoccupation c’est l’être humain avant tout, son épanouissement, sa liberté et son positionnement dans la communauté. Ce qui me motive, c’est finalement la quête du bonheur de chacun… Tous les moyens, tous les médias, sont bons pour prôner ces valeurs.

 

Propos recueillis
par Marlène Eliazord

Source : http://redacsante.blog.lemonde.fr/2017/06/19/quand-je-pose-je-ne-me-montre-pas-je-suis/

Envers et contre tout

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Envers et contre tout

 

Envers et contre tout,

Je me tiendrai toujours debout,

Contre vents violents et marées sombres,

Je saurai garder vives les mémoires de tous ces hommes.

 

Défendre leurs honneurs,

D’avoir sacrifié leurs vies en ces heures,

Pour leur foi en Christ leur unique Sauveur,

Et de mettre leur espoir en un monde toujours meilleur.

 

Levons l’étendard contre les tyrannies,

Qui de nos existences avec cruauté le nient,

Offrons nos bras meurtris aux indigents de cette terre,

Sur cette terre où tant de gens ignorent que Dieu est le Père.

 

Protégeons en tous temps nos valeurs,

Celles que transmirent nos ancêtres de bon cœur,

Sur ces quelques arpents de neige d’une blancheur si pure,

Et de ces arbres d’automne tellement fiers de leur si belle parure.

 

Pays du nord si froid en hiver,

Contrées sauvages si chaudes en été,

Patrie émerveillée par son automne coloré,

Terroir de mes aïeux dont éternellement j’en serai fier.

 

Héritage à nos futurs descendants,

Sans oublier à tous leurs précieux enfants,

Souvenez-vous de ceux qui plantèrent une croix,

En ce sol destiné à perpétuer notre sang et garantir notre foi.

 

Se souvenir de tous nos nombreux frères morts au combat,

Rien de plus valeureux pour la liberté que de passer de vie à trépas,

Déposons ces gerbes de fleurs sur ces pierres témoins de leur courage,

Afin de perpétuer en souvenir leurs noms maintenant et d’âge en âge.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Testament

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Testament

« Transmets les valeurs que t’ont léguées tes ancêtres. Ce sera là le plus noble testament aux futures générations. »

RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

Je suis fier d’être un modèle nu 

 

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Je suis fier d’être un modèle nu.

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien et que la vie est belle pour vous. De mon côté, je suis en ce moment même à Montréal où je participerai à une séance de nudité artistique pour un groupe d’étudiants et d’étudiantes en arts. Ce sera la deuxième fois que je poserai nu pour cette classe et je souhaite être à la hauteur des attentes de la responsable du groupe.

Ceci écrit, j’aimerais vous exprimer jusqu’à tel point je suis fier d’être un modèle nu pour des artistes ou des écoles d’arts tant à Montréal qu’à Québec. Oui, cette fierté est bel et bien ancrée dans le plus profond de mon âme. Une fierté qui a pour origines d’une part, ma passion pour la nudité artistique car elle m’a permis jusqu’à maintenant de me surpasser tant au plan physique que esthétique et que d’autre part, cela a favorisé un dépassement dans mes objectifs. Des objectifs qui se voulaient somme toute bien modeste dont celui de démystifier la nudité d’un homme vivant avec un handicap physique dit « apparent » et celui de permettre aux artistes potentiellement intéressés de travailler avec un homme entièrement heureux de vivre avec son corps.

Oui, je suis simplement heureux de pouvoir réaliser mon rêve et, par le fait même, de favoriser l’émergence d’une vision plus authentique de la réalité. Une réalité qui peut à la fois être belle, dérangeante et provocatrice. Belle pour sa grande simplicité. Dérangeante pour sa diversité des corps et des mentalités. Enfin, provocatrice par le simple fait qu’elle nous invite à une remise en question de nos valeurs souvent les plus profondes.

Merci infiniment de m’avoir lu.

Rollandjr St Gelais

Montréal (Québec)

Canada