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La prisonnière

La prisonnière

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

La prisonnière

 

Née libre de famille noble,
Fière de porter riches bijoux et belles robes,
De descendance millénaire et tellement guerrière,
Où hommes et femmes apprirent à se servir des armes de guerre.

 

Guerrière mais avec un cœur généreux,
Afin que mon peuple puisse être heureux,
Ne craignant point mes lointains ennemis,
Ceux de toujours et ceux qui m’ont trahi.

 

Puis par une nuit sans lune ni étoile,
Ceux que je croyais fidèles me mirent un voile,
Et me vendirent comme esclave à vous gens sans foi,
Qui ne connaissent que l’immoralité en guise de loi.

 

Profitez de mon corps autant que vous le voulez,
Mais haut grand jamais mon âme vous réussirez à briser,
Abusez de mon intimité autant que vous le souhaitez,
Car je vous promets qu’un jour vous me le paierez.

 

Aujourd’hui, je suis votre esclave,
Mais bientôt, sur vous je serrerai mon enclave.
Et jamais vous n’échapperez à ma vengeresse colère,
Car en moi vit avant tout une femme de terre.

 

Un jour vos fils vous pleureront,
Pendant que les miens se réjouiront,
J’ai les yeux bandés et les bras attachés.
Mais un jour, tous vos crimes je vous ferai payer.

 

Reine trahie par les siens,
Guerrière surgira alors des enfers,
Et les y faire plonger fera mon plaisir,
Et, croyez-moi sur parole, je n’en aurai le sourire.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

Mon rayon de soleil

DeviantArt du photographe RickB. : https://rickb500.deviantart.com/ Pour acheter un exemplaire du portfolio, écrire à cette adresse email : rickB@arcor.de

Mon rayon de soleil

 

Seul, je marchais dans ma destinée

En me questionnant pourquoi j’étais né

Ma vie n’avait pas de sens, pas de raison

Pourquoi être sans amour? Voilà mes questions!

 

Portant la croix de mes péchés

Je ne savais en ce monde où aller

Existe-t-il un peu de lumière ?

Une lueur d’espoir dans cet enfer ?

 

Parcourant ce jardin où les amoureux

Marchèrent main dans la main le cœur joyeux

Je me suis assis sur ce banc en âme solitaire

Pour mieux comprendre, pour mieux me taire.

 

Qu’allais-je faire? Qu’allais-je devenir ?

Quelle pouvait être ma raison de vivre ?

Pouvais-je encore croire aux miracles et avec la foi?

C’est alors que bien calmement tu t’es assise près de moi

 

Sans dire un mot, je t’ai regardée et admirée

Irradié par ta beauté sous le soleil d’été

Magnifié par tes cheveux couleur de blé

Oserais-je faire les présentations et te parler ?

 

Contre toute attente, tu m’adressas la parole

Que la vie peut parfois être un peu folle

Car il m’a suffit de voir ton beau visage

Pour comprendre que la vie n’a pas d’âge.

 

Moi qui croyais tout connaître

Je me suis enfin senti renaître

Sentir en moi ce goût de croire

Et de la vie sa beauté la voir,

 

Tu me racontas un peu de ta vie

Cela m’avait grandement surpris

Sans cesse tu m’avais souries

Et mon cœur de toi s’est épris.

 

Et cette journée se transforma

En un de mes plus beaux souvenirs

Car tu me redonnas le goût de sourire

Avec ta permission, pour te remercier je t’embrassas

 

Jamais je n’oublierai comme tu étais belle

En me souvenant des chants d’hirondelles

Et comme l’espoir est un don sans pareil

Dès cet instant tu es devenue mon rayon de soleil.

 

De

 

RollandJr St-Gelais de Québec

Moment de quiétude

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Réalisation photo par RollandJr St-Gelais

 

Moment de quiétude

( Pour Victoria )

 

En ce matin d’hiver,

Où je n’avais rien à faire,

J’ai décidé de naviguer entre ciel et terre,

Pour de mes bien futiles pensées m’en libérer.

 

Sur le parcours de l’eau,

Comme le temps semblait beau,

Beau temps pour se laisser aller au gré du vent,

Au gré du vent qui me berce allègrement.

 

Saisir l’importance d’être,

Être là simplement avec la grâce d’un hêtre,

Regardant glisser doucement les glaces,

Allant chercher dans le néant inexorablement une place.

 

Pour une fois, mes idées se dispersèrent.

Étaient-elles parties brûler en enfer,

Afin que je puisse devenir homme nouveau ?

Pour que  mes humbles prières aillent tout là-haut.

 

Je n’ai point dit un mot,

Je n’ai fait pas un pas de trop,

Simplement assis pour contempler la vie,

En souhaitant de tout mon cœur qu’elle soit infinie.

 

Puis, j’ai remarqué au loin un clocher.

Sur lequel se trouvait une croix,

Symbole de mes ancêtres et de leur foi,

Je me suis rappelé cette parole de mon père adoré.

 

Souviens-toi, mon enfant que ta mère et moi,

Avons traversé bien des épreuves tant de fois,

Mais jamais nous avons perdu la foi en Dieu,

Alors inclus dans tes prières ceux qui souffrent si tu le veux.

 

Et souviens-toi mon enfant,

Qu’il n’y a pas de plus beau présent,

Qu’une prière faite dans le silence pour nos amis souffrant,

Car ils seront avec toi dans ton cœur à chaque instant.

 

C’est dans ce moment de quiétude,

Où je vivais une bienfaitrice solitude,

Que je me suis souvenu de cette parole de Sagesse,

Qui résonna avec émotion en moi telle une douce caresse.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Un grand honneur

 

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Un grand honneur !

Bon dimanche tout le monde,

J’espère que vous allez bien. Pour ma part, tout est magnifique dans ma vie. En effet, j’ai découvert un bon petit restaurant situé tout près de l’église de ma paroisse. Cela est vraiment extraordinaire car, après avoir nourri mon âme de la Parole des Saintes Écritures, je peux satisfaire mon appétit de gourmet, si ce n’est pas plutôt de gourmand. De plus, le petit-déjeuner y est tout à fait succulent et servi par de charmantes jeunes dames. Que puis-je demander de plus en ce monde ?

logo_ccgv_smallerCependant, la cerise sur le sundae consiste à une excellente nouvelle qui me fait plaisir de partager avec vous. En effet, J’ai l’immense privilège de vous informer que j’ai été choisi pour modèle nu au sein d’un atelier qui aura lieu à Montréal le 4 décembre prochain. L’endroit est renommé à Montréal dans le milieu des arts populaires dans la métropole du Québec. D’ailleurs, on m’a informé qu’il y aura entre 20 à 30 artistes amateurs pour cette occasion. C’est vraiment un honneur que l’on me fait en me choisissant en tant que dernier modèle vivant (nu intégral) pour clore la session de l’année 20018.

Qui plus est! Une autre honneur m’a été faite car votre humble serviteur sera le sujet principal d’un reportage qui sera réalisé à cette occasion. Ledit reportage sera publié au sein d’un journal du web. À vrai dire, et pour expliquer plus en détails les raisons d’un tel reportage, ce sera plutôt ma passion en tant que modèle vivant (nu intégral) pour les écoles d’arts et les ateliers en art qui sera présentée au grand public. Un tel reportage se rapportera à deux aspects précis. Il y a d’une part, mon cheminement semi-professionnel dans un milieu où l’aisance face à la nudité et l’acceptation de sa situation physique sont certainement des prérequis de la plus haute importance. Et, d’autre part, le déroulement d’une séance de nudité artistique où je participerai en tant que modèle vivant sera filmé afin d’alimenter . Ce reportage aura donc lieu à la fois sous formes d’enregistrement vidéo et d’interview.

Bref, tout s’annonce très bien au plan artistique dans les semaines à venir.

C’est à suivre …

Merci de m’avoir lu !

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Avis aux personnes intéressées habitants dans la région de Montréal.

Pour information :

https://www.ccgv.ca/formation/modele-vivant-ateliers-libres/

Astres dans le ciel

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Montréal le 15 août 2018

 

Astres dans le ciel 

 

Après les nombreuses agitations de la vie, 

De ma vie depuis trop longtemps au quotidien, 

Des journées où je lutte pour quelques sous et presque rien, 

Faisant tout pour celle que mon cœur a librement choisie. 

 

N’en pouvant plus de garder le silence, 

De ce silence qui me gruge depuis ma tendre enfance, 

Et de toutes mes questions sur la raison ultime de mon existence, 

Je suis allé me promener sur la plage à cette lueur d’incandescence 

 

C’est alors que je me suis rappelé grande vérité, 

Une parole prononcée par un sage depuis le début de l’éternité, 

“ Regarde les astres dans le ciel. Ils brillent depuis toujours. 

Et ce, qu’ils soient cachés par les nuages ou la lumière du jour.” 

 

Ainsi va le fil de nos chemins, 

Qui parait être sans lendemain, 

Qui nous semble être sans apparentes raisons, 

Mais ne nous y trompons pas. Ce n’est qu’une illusion. 

 

De la plus lointaine de toutes ces étoiles, 

Viendra une tendre lumière déposée sur une toile, 

Qui saura lentement dissiper nos craintes et nos doutes, 

Tel un filet d’eau d’un ruisseau en hiver coulant goutte à goutte. 

 

Astres dans le ciel sont là pour nous remémorer, 

Qu’à notre tour, il faudra bien de ce monde s’en aller. 

Afin de les rejoindre en toute sérénité dès le moment venu, 

C’est alors que nos peurs se dissiperont au plus haut des nues. 

 

De 

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

Repos de l’âme

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« Repos de l’âme » dessin réalisé par Juste Angèle de la France

Repos de l’âme

 

Fatiguée de cette vie, 

Épuisée de voir mes rêves brisés, 

De voir mes espoirs s’envoler et se fracasser, 

Pour ne plus les revoir en cet instant dès aujourd’hui.

 

Oui, je le sais trop bien. 

Tu n’étais certainement pas le mien, 

Car, avec certitude, je comprends ton désarroi. 

Je devenais ta grande reine sans que tu sois mon roi.

 

Était-ce trop te demander ? 

Qu’en tout temps simplement me respecter. 

Je désirais sentir sur moi tes tendres caresses, 

Sur chacune des parties de mon corps en détresse.

 

Que Dieu m’en soit témoin, 

Dès maintenant et sans lendemain, 

Ce que je t’aimais dès que tu m’adressas la parole, 

De tes mots d’amour devenus promesses qui s’envolent.

 

Je suis femme forte, 

Jadis peut-être un peu sotte, 

Mais de la fierté j’en ai gage de renom, 

Puisque de mes ancêtres j’en tire mon nom.

 

C’est pourquoi je me relèverai, 

Car resté couchée, jamais je ne le ferai. 

Devant l’adversité, tête haute je marcherai. 

Une fois le repos mérité à mon âme je donnerai.

 

De

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada

Tu ne me crois pas ?

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Magnifique dessin de Eri Kel de la France

 

(Poème dédié à Émylie)

Tu ne me crois pas ?

 

Ho mon bel et tendre amour !
Pour qui mon cœur bat depuis toujours.
Depuis que je t’ai vue je ne me reconnais plus,
Car mon âme divague et mon esprit est tombé des nues.

 

Pourquoi dis-tu cela? 
Pourquoi doutes-tu de ma parole?
Elle vaut son pesant d’or et point de farandole.
Tu es tellement magnifique mais au chérie tu le sais déjà.

 

Crois-moi qu’il n’y a pas d’autres que toi,
Qui ferait le plus beau des modèles nues.
Car ta sensibilité transparaît dans ton visage si menu.
Te voir ainsi est le gage d’une œuvre parfaite du nu.

 

Tu ne me crois pas?
L’artiste en moi le voit.
Ne vois-tu pas que tu es ma muse?
Et de mes larmes se remplit la Meuse.

 

De

 

RollandJr St Gelais

Québec (Québec)

Canada

Imaginaire

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Dessin de mon ami Eri Kel de la France

Imaginaire

 

Corps si tendre et fragile,

De cette femme autrefois fille,

Rêveuse couchée sur ce draps de satin,

Prisonnière de ses fantasmes interdits au petit matin.

 

De sa main caressante,

Croyant être de sa bonne vieille tante,

Peuplant ses moments d’incertitude d’adolescente,

Serait-ce celle de son amoureux si ça lui enchante ?

 

Qu’à cela ne tienne et peu lui importe,

Car la maison des songes elle lui a ouvert ses portes,

Portes sur des royaumes lointains aux peuples aux milles destins,

Où sur des mers agitées habitées par les fantômes de ces valeureux marins.

 

Femme si belle et vierge ?

Vous adresser la parole oserais-je ?

Sans vous offenser car respect vous le méritez,

Et sur votre tendre joue un baiser mon désir est d’y déposer.

 

Quelle grâce vous firent les dieux,

D’avoir un corps si pur et tellement radieux,

Quelle divinité si généreuse et si débonnaire ?

Qui possède à la fois tant de talent et d’esprit imaginaire ?

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Pourquoi me regarde-t-il ?

 

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Dessin réalisé par Eri Kel de la France

 

 

Pourquoi me regarde-t-il ?

 

Marchand calmement dans un magnifique jardin,

Je déambulais  parmi ces humbles gens tels des pantins,

Voyant au loin un modeste banc blanc esseulé qui m’attendit,

Comme on attend avec hâte un être cher, un parent, un vieil ami.

 

Quelques pas amplement me suffirent,

Pour m’y rendre avec gaité et avec le sourire,

Confortablement assis tel un César avec ses lauriers,

Mes pensées me firent plonger dans les songes des lointains étés.

 

De ces temps où féminité et coquetteries,

Allèrent si bien avec virilité et nobles galanteries,

Quel plaisir de courtiser jeunes dames afin d’être leurs élus,

Et de les accompagner dans ce lieu interdit où nous étions nus.

 

Soleil généreux de ses rayons,

Fit couvrir quelques têtes de chapeaux melons,

C’est alors que vinrent à moi les notes d’un piano jouées,

Qui ont voyagé par la douce brise d’un bistro et ses arômes de café.

 

De ces saveurs veloutées,

Et parfois corsées que je savourais,

Au lit avec celle que j’admirais et que j’aimais,

Ah ! Ce que nous étions heureux en ces temps reculés.

 

Perdu dans mes coupables pensées,

Je n’avais point vu l’étranger assis devant moi,

Me fixant du regard en silence et sans geste tel un roi,

Je voulais aller le trouver simplement pour parler, pour discuter.

 

Allais-je le déranger, l’importuner, le blesser ?

Car une simple parole peut parfois guérir ou  bien tuer,

Mais, au fait,  que me veut- il ? Pourquoi diable me regarde-t-il ?

C’est alors que glissa sur sa joue une larme de ses yeux tels des îles.

 

Point de mots pour exprimer ses douleurs,

Point de sons pour décrire la vie et ses couleurs,

Parfois l’instant saisi suffit à deux âmes pour communier,

Pour partager mille bonheurs qu’on ne peut ni nier ni oublier.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Une belle trouvaille

Une belle trouvaille :

Ils sont modèles vivants, et nous racontent : « La nudité donne de la puissance »

Par Chloé Pilorget-Rezzouk

Source : https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180115.OBS0618/ils-sont-modeles-vivants-et-nous-racontent-la-nudite-donne-de-la-puissance.html

Dans le murmure des ateliers, ils offrent leur corps nu aux fusains, crayons et pastels des artistes ou étudiants en art. Paroles de modèles vivants.

Un jour, un croquis a attiré notre attention. Le modèle, une femme aux cheveux blonds flamboyants, portait sur son corps nu un simple manteau rouge tombant sur ses jambes. Une forme de puissance se dégageait de l’ensemble. On s’est demandé qui était ce modèle vivant : on aurait bien aimé le retrouver, lui poser des tas de questions.
Il suffit de lancer le sujet autour d’une table pour aiguiser la curiosité, susciter une foule d’interrogations d’apparence triviale, mais qui trahissent bien l’aura de mystère, de fascination et d’incompréhension qui enveloppe souvent le modèle vivant : « Ça ne te gêne pas de te mettre nu(e) devant tout le monde ? » ; « C’est facile comme boulot, non ? »

Coups de froid, douleurs articulaires et musculaires… Prendre – et tenir – la pose n’est en réalité pas si simple. En 2008 et en 2014, les modèles vivants avaient manifesté pour faire entendre que poser nu était un « vrai métier », demander la reconnaissance de leur statut et une amélioration de leurs conditions de travail. Professionnels ou occasionnels, ils sont aujourd’hui payés de 20 à 30 euros de l’heure.

Il y a, comme dans tout corps de métier, des modèles courus plus que d’autres, des « stars » du milieu. Il y a d’ailleurs des « bons » et des « mauvais » modèles. Comprendre des plus inspirants que d’autres. Car pour ce qui est de l’art de la pose, l’enjeu ne réside pas tant dans la beauté du corps que dans le don d’une énergie, d’une créativité – celle de proposer, d’inventer des mouvements répondant aux besoins de l’artiste.

Dans « les Yeux nus » publié en 2016, Claire de Colombel, artiste et modèle, écrivait :
« Tant que le corps devant nous ne tremble ni ne transpire, on ne se dit pas que ce qu’il vit est éprouvant. Du modèle, on se demande juste parfois ce qui lui passe par la tête. A quoi tu penses quand tu poses ? »
On leur a soufflé la question, entre autres. Paroles de modèles vivants, d’habitude fort silencieux.

Maria : « Ma façon d’être modèle est très politique »
Maria Clark, 49 ans, 1,68 m, 58 kg. Artiste-plasticienne, et modèle vivant depuis 26.

Comment j’ai eu envie de faire ça

« La première fois, c’était pour mon compagnon peintre. J’avais 23 ans. Mais mes premières poses nues en école, c’était en 1997 aux Ateliers beaux-arts de Paris. C’est par la danse contemporaine que je suis arrivée à la pose. Depuis, j’ai toujours mené en parallèle mon activité de modèle et mon activité d’artiste.

Ce que je gagne
Pendant dix ans, j’ai été modèle professionnelle. Je posais entre 30 et 35 heures par semaine, une journée type se composant de deux séances de trois heures. Je gagnais environ 20.000 euros par an, avec un complément d’allocation chômage.

L’avantage, c’est d’abord une grande souplesse de planning et la chance de pouvoir choisir avec qui on travaille. Gagner ma vie ainsi m’a permis de rester libre pour mes projets artistiques. Au fil des ans, le corps trinque un peu. J’ai décidé de ralentir le rythme pour me consacrer à mon travail personnel.

Moi et mon corps
Je suis quelqu’un de tonique. Je me sens incarnée, engagée physiquement dans mon rapport au monde ; ça me plaît. Mon corps, c’est mon outil de travail, car j’ai également une activité de performeuse.
Je l’ai toujours considéré avec bienveillance. Bien sûr, il y a des parties que je préfère comme mon cou, mes épaules, et d’autres qui me plaisent moins, comme mes fesses.
Je me sens assez libre avec la nudité. Mais en dehors de la sellette, je ne me balade pas nue dans l’atelier. Je serais mal à l’aise. La nudité, c’est mon costume, un habit de peau. On pourrait croire que le modèle nu est vulnérable, mais c’est tout l’inverse : la nudité donne de la puissance.

Quand je suis en séance
16392383Pour m’imprégner de l’ambiance de l’atelier, j’arrive en avance. Derrière le paravent, j’enfile mon kimono de travail avant de l’ôter, une fois sur l’estrade.
Une, cinq, dix, 45 minutes… Je me renseigne sur les temps de pose, car on ne tient pas les mêmes postures en fonction du temps. La douleur vient se nicher dans différents endroits, selon la pose et son mouvement. Il ne faut pas se faire mal ! Le modèle possède une certaine fierté : il ne veut pas bouger, et tenir. Je me souviens d’un travail dans un atelier de dessin : pendant trois mois, quinze heures par semaine, je devais tenir la même pose assise. Au long cours, cette position est devenue douloureuse, les points d’appui finissent par faire souffrir. Je ne le referai plus. Lors des intermèdes de quinze minutes, j’enchaîne quelques étirements. Pour permettre aux muscles et aux articulations de respirer, j’effectue des micro-mouvements intérieurs pendant la pose. Un modèle qui souffre est tendu, et les élèves le sentent.
Durant la pose, je me concentre sur ma respiration, c’est un état proche de la méditation. Je peux passer 45 minutes sans penser à rien. Si les poses sont rapides, alors je pense à la suivante juste avant de changer.
Selon les cours, on est libre de proposer des poses inventives ou amusantes. Une fois, j’ai mis ma tête dans un seau ; une autre, j’ai utilisé des branchages, car la thématique proposée par l’enseignant était la forêt.

Ce que ça m’apporte
J’ai accueilli la pose comme une démarche philosophique qui nous questionne dans16392407 notre rapport au vivant, à ce que l’on est. Quand je pose, je suis Maria, avec mes spécificités ; mais j’incarne aussi, avec humilité, une représentation de l’humanité. Ma façon d’être modèle est politique ; ce qui me plaît dans la pose, c’est que par ma présence, les élèves et artistes peuvent s’épanouir. Je pense que l’art est un espace dans lequel chacun peut devenir qui il est. Or, je crois que c’est par l’épanouissement individuel qu’une société peut aller mieux.

Le regard des autres
J’ai tellement posé pendant dix ans que l’atelier est devenu mon terreau social ! J’oublie que cela peut encore choquer ou étonner les gens d’être nu. Cela plaisait moyennement à mes parents, je crois. Peut-être une peur du qu’en-dira-t-on… Mais ils ont fini par accepter, car j’ai développé, au fil des ans, une pensée artistique et engagée autour de cette activité. »

Christophe : « C’est magique de se voir dessiné par d’autres »
Christophe, 53 ans, 1,75 m, 58 kg. Consultant en environnement, modèle occasionnel depuis cinq ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Je ne suis pas devenu modèle par hasard. Ma mère était étudiante aux Beaux-Arts de Lyon, à la fin des années 1950. A l’époque, les cours de nus n’étaient pas mixtes. Parfois, il arrivait alors que les élèves prennent la place du modèle. Dans le carton à dessins de ma mère, on trouve ainsi à la fois des croquis qu’elle a réalisés et d’autres où c’est elle qui apparaît. Ça m’a marqué. Il y a toujours eu une sensibilité artistique dans la famille, dont j’ai hérité puisque je peins un peu à l’aquarelle.

Ce que je gagne
Avant je posais une journée par mois, ça représentait presque un treizième mois sur l’année. Mais depuis cet été, j’ai perdu mon emploi. Je me suis donné pour objectif d’en vivre. Pour l’instant, je gagne environ 500 euros par mois, en posant par-ci par-là. Je commence à être connu localement, mais il faut faire face à la concurrence, il y a beaucoup de modèles.

Moi et mon corps
J’ai un physique assez mince, plutôt apprécié dans les cours ou ateliers, car mes muscles sont bien dessinés. J’ai toujours fait attention à mon alimentation et, lorsque j’étais plus jeune, je pratiquais énormément de sport de plein air. Je ne pense pas être particulièrement beau, mais je suis bien dans mon corps. Petit, j’ai fait du naturisme avec mes parents.

Quand je suis en séance
Il faut trouver des poses confortables, du moins pas trop en déséquilibre. J’essaie16392311 d’avoir au moins trois points d’appui différents pour pouvoir basculer discrètement de l’un à l’autre afin de détendre un peu les muscles et faire circuler le sang. En plein hiver, c’est assez dur : il n’est pas rare d’avoir froid, malgré le chauffage. Dès que la pause survient, j’enfile mon peignoir. Je ne pose pas toujours à poil. Je viens parfois avec un chapeau, et même avec des vêtements originaux pour les cours de croquis de personnages. Un pantalon à motif écossais ou rayé permet aux élèves de travailler le pli des vêtements en plus du mouvement du corps. Ce que ça m’apporte
Je trouve cela magique de se voir dessiné par les autres, même si cela n’est pas toujours très fidèle. J’aime particulièrement lorsque les élèves sont peu nombreux et crayonnent par terre, à mes pieds, près de la sellette. C’est génial parce que je peux voir le dessin se construire au fur et à mesure.

Le regard des autres
En en discutant avec mes amis, j’ai découvert que l’une de mes copines avait envisagé de le faire quand était étudiante pour gagner un peu sa vie. Plus j’en parle, plus j’ai l’impression que ça choque de moins en moins. »

Sheraz : « Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien »
Sheraz, 38 ans, 1,62 m, 56 kg. Travailleuse sociale, modèle vivant occasionnel depuis bientôt trois ans.

Comment j’ai eu envie de faire ça
« Depuis très jeune, je dessine des nus d’après des reproductions ou mon imagination. Je trouve ça très beau, le nu. Il y a quelque chose de gracieux, d’inspirant. J’ai toujours beaucoup admiré les modèles. L’idée venait, partait, revenait… Je me répétais : ‘Quand je serai prête.’ À 36 ans, j’ai eu le déclic : ‘Faut que je fasse les trucs dont j’ai envie, sinon je vais le regretter.’ J’ai répondu à des annonces d’artistes indépendants. C’est comme ça que j’ai commencé.

Ce que je gagne
Je ne pose pas à temps plein, ça reste de l’ordre du plaisir. Le mois où j’ai touché le plus, j’ai empoché 300 euros.

Moi et mon corps
Poser nue ne me pose pas de problème, mais je n’irai jamais sur une plage naturiste ou me mettre « topless ». En séance, je me dis parfois que j’ai un peu de ventre, qu’il faut que je fasse gaffe pour être plus à l’aise devant les autres. En fait, les gens ne sont pas là-dedans. Entre mes 15-20 ans, j’étais très forte. Puis, je me suis affinée. Devenir modèle m’a permis de me percevoir autrement, de renouer avec un côté féminin. Ce beau regard porté sur vous, ça fait du bien, ça valorise. On me dit que je suis harmonieuse, que je dégage de la sensualité. Avant, je me voyais moins.

Quand je suis en séance
À chaque fois, j’ai le trac. J’espère inspirer. Dès le moment où l’artiste pose ses yeux16392309 sur moi, l’appréhension s’en va. Au début, j’avais besoin d’être guidée pour les poses. Il y en a certaines à ne pas faire : à genoux sur les orteils repliés, les bras levés au-dessus de la tête… Ça fait trop mal. Quand je pose, j’essaie de penser à autre chose. Je me remémore de bons moments pour ne pas penser, justement, au fait que je ne dois pas bouger. La douleur passe et revient, mais il faut tenir. En atelier, je n’écarte jamais les jambes. Ça ne se fait pas trop. Je me le suis permis seulement avec deux artistes, je me sentais à l’aise. Certains peuvent être un peu dans la séduction. Une fois, j’ai senti le regard changer : il devenait lubrique, pervers. J’ai lâché de manière ferme : ‘Ta façon de me regarder, ça ne va pas être possible.’ Au fond, j’avais hyper peur. Je suis partie.

Ce que ça m’apporte
Le fait d’être passée de l’autre côté, c’est fort. En entrant dans l’atelier d’un artiste, j’entre dans son monde. Chacun a son univers : ça m’a ouvert à des styles ou des œuvres que je ne voyais pas auparavant. Et puis, une sorte de co-création s’opère, alors qu’en regardant un tableau on ne pense pas forcément au modèle derrière.

Le regard des autres
C’est un peu compliqué avec les hommes. Le dernier, il fallait toujours que je le rassure sur la façon dont ça s’était passé. Beaucoup ne comprennent pas que le désir est sublimé par l’art, qu’on n’est pas dans une démarche de drague. ‘C’est obligé que le mec ait envie de toi’, me disent certains. En fait, je n’en parle pas, pas même à mes amis. Quand je vais poser, c’est mon moment, mon espace à moi. »