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Déjà la fin

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Réalisation photo par Phylactère

 

Déjà la fin

 

Les jours raccourcissent, 

Alors que le temps rétrécisse, 

Dans le sablier au sable fin, 

Glissent les blancs grains.

 

Les couleurs vives de la vie, 

Sont remplacées la sombre nuit, 

À la chaleur de nos amours torrides, 

Prend place le froid de la solitude aride.

 

Les rires des enfants, 

Semblent se taire indéfiniment, 

Et le chant mélodieux des oiseaux multicolores, 

Quitte nos forêts boréales vers de lointaines aurores.

 

Et pourtant nous sommes immobiles, 

Figés dans l’encre du temps indélébile, 

Nus comme des vers surpris par l’arrivée de notre hiver, 

Mais en attendant, voici l’automne rougeâtre absent de vert.

 

C’est déjà le temps de se dire au revoir, 

À la pénombre mystérieuse du soir, 

Où se cachent farfadets de nos bois, 

Se cachant des animaux aux abois.

 

Dis-moi, chérie !  

Comment sera l’automne prochain ? 

Puis-je lire les lignes de ta tendre main ? 

Même si c’est la fin, rien n’est vraiment fini.

 

De

 

RollandJr St-Gelais 

Québec (Québec) 

Canada 

L’éveil

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L’éveil

 

Devant tant de gens qui me regardent
Sans que j’y prenne un seul instant garde
Je m’étire allègrement avec entrain et avec joie
Car je n’ai rien à cacher rien à avoir honte telle est ma loi.

 

Debout depuis déjà quelques temps
À vrai dire je ne sais plus si c’est aussi longtemps
Car voyez vous mes amis? Ma confiance en la vie
Rime avec la passion d’aimer toujours et à l’infini.

 

Debout ou bien couchée
Je ressemble à l’arbre de Jessé
Tendant mes bras telles des branches
Ou bien simplement appuyé sur mes hanches.

 

Je ne bouge plus
Car ainsi vous m’avez vue
Ouvrant mes yeux sur les vôtres
Qui deviennent au gré du sablier les nôtres.

 

Tel Bouddha au pied de son arbre sacré
J’ai longtemps cherché mon chemin déjà tracé
Pour comprendre que rien n’est plus important que d’être là
Voilà donc mon éveil que je vous offre de ce pas.

 

De

 

RollandJr St Gelais
Québec (Québec)
Canada

Pour toi mon frère

Mon enfant

Auteur de ce poème en hommage à son frère assassiné le 11 mai 1972

Pour toi mon frère

 

Tant de jours se sont écoulés,
Pour tant de larmes qui ont séché,
Malgré le temps qui s’égraine dans le sablier,
Et la vie qui poursuit sont cours dans nos souliers.

 

J’étais encore tout jeune enfant ,
Avec mes rêves de gosse innocent,
Ne connaissant que les rires et le bonheur,
Jusqu’en cette journée où nous frappa ce malheur.

 

Une foule immense en grande colère,
Un peuple assourdi par ces bruits de guerre,
Puis ? Soudain, une voiture fonça sans distinction.
Cherchant à détruire toutes vies sans aucune raison.

 

En ce jour de fête des mères,
On offrit une couronne de larmes,
Une gerbe de fleurs pour lui briser son âme,
À ma mère qui aimait ses enfants été comme hiver.

 

Encore aujourd’hui, et ce après tant d’années.
J’ignore pourquoi nous a-t-on enlevé notre frère aîné.
Les jours et les nuits ont poursuivit leurs longs chemins,
Et moi ? J’ai suivi les routes de mon existence et de mon destin.

 

J’ai vieilli moi aussi mais encore vivant et toujours là.
Parfois j’ai pleuré à en vouloir en terminer avec la vie.
Mais, je me suis souvenu de ma promesse faite devant l’Infini.
Que je vivrai pour deux. Pour moi et pour celui que l’on m’enleva.

 

Bientôt sera l’anniversaire de cet instant fatidique,
Où dit-on tu es parti dans un monde si paradisiaque,
Voilà tu es à jamais dans le cœur de ceux qui t’ont connu.
De ceux qui t’ont aimé malgré tout ce temps qui n’en finit plus.

 

De

 

RollandJr St-Gelais
Québec (Québec)
Canada

 

Poème composé à la mémoire de mon défunt frère qui perdit la vie le 11 mai 1972 lors de l’émeute intersyndicale à Sept-Îles.

Seule devant cette cruelle évidence

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Dessin réalisé par mon ami Eri Kel de la France

 

Seule devant cette cruelle évidence

 

Seule devant cette cruelle évidence,

De voir s’effacer les souvenirs de son enfance,

Des douces caresses de sa tendre mère,

De la voix réconfortante de son père.

 

Sachant qu’un jour ou une nuit,

Elle ira bientôt les rejoindre vers l’infini.

Sans oublier ses premiers amours longtemps interdits.

Qui lui donnèrent tant de plaisirs et de non-dits.

 

De son adolescence sous l’Occupation,

Dont souffrirent les enfants de la nation,

Jusqu’au jour béni de la grande Libération,

Que prit naissance en les terres divines d’Albion.

 

Puis vinrent les noces,

Et cette nuit où elle s’offrit à son époux,

Dans des ébats langoureux tels des fous,

Vécus par des êtres faits de chair, de sang et d’os.

 

Des nuits d’amour suivirent dans le temps,

Qui donnèrent naissance à de beaux enfants,

Qui firent fierté et honneur à ses entrailles,

Et à son époux bonheur d’avoir cette marmaille.

 

Puis vinrent le jour tant redouté,

Qu’ils allèrent à leur tour fonder leurs foyers,

Afin d’y répandre leurs amours à leurs enfants choyés,

Mais n’était-ce pas là leur ultime destiné ?

 

Puis le sablier du temps s’écoulant,

Elle vit partir son époux, son ami et son amant,

Dans ses bras fatigués après l’avoir soutenu,

Il est parti là-haut vers une terre inconnue.

 

Voyant grandir ses descendants,

Tout en les chérissant comme il se doit,

Elle comprit alors qu’ils vivaient sous d’autres lois,

Celles d’une autre époque loin de celles de jadis et d’antan.

 

Et pourtant elle ne redoute pas la fin de vie,

Car elle a su boire à la coupe jusqu’à la lie,

En savourant ses multiples saveurs en admirant ses couleurs,

Voilà pourquoi elle partira paix en son âme et joie en son cœur.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Être ou ne pas être ?

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Être ou ne pas être ?

 

Être ou ne pas être ?

Quelle est la question !

Disait ce noble du pays d’Albion.

J’en doute au risque de mal paraître.

 

Depuis longtemps j’y réfléchis,

Comme ferait un sage qui malgré lui,

Malgré le temps qui passe et qui s’enfuit,

Et voyant le fait accompli, il constate qu’il vieillit.

 

Il revoit le parcours de sa vie,

Rencontre en esprit ces anciens amis,

Aujourd’hui disparus dans le monde de l’oubli,

Enfouis dans le sable mouvant du sablier aux grains infinis.

 

Quelle serait donc le but de l’existence ?

Bien des philosophes en y songeant perdirent patience.

Être pour soi ou bien pour autrui et ne faire que de paraître ?

Seule vérité est de s’assumer depuis le jour qui nous a vu naître.

 

Pourtant ce n’est certes pas ce soir,

Où je boirai, malgré mon désir, dans cette coupe amère,

Cette coupe pour laquelle tant de nations se firent la guerre,

Une coupe si mystérieuse me rappelant le Christ buvant le ciboire.

 

Ô question aux sciences occultes,

À quelle divinité devrais-je rendre un culte ?

Ah ! Et puis ? Pourquoi donc sans faire puisque demain,

Cet autre jour qui deviendra hier voilà notre sort et notre destin.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada