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Son Rosaire

Rosaire
Poème par RollandJr St-Gelais Photo avec la permission de Aakoran Source : https://www.deviantart.com/aakoran/art/Rosary-621958015

Son Rosaire

 

Comme je n’avais rien à faire,

Et que cela ne me convient guère,

J’ai voulu faire le ménage dans mes affaires,

C’est alors que j’ai trouvé quelques souvenirs de ma grand-mère.

 

En ouvrant une vieille valise toute poussiéreuse,

Remplie de choses qui me paraissaient bien mystérieuses,

Des objets d’une autre époque tellement différente de la nôtre,

Dire que de ces nombreux souvenirs mon petit grenier en est l’hôte.

 

Découvrant avec précaution ces objets tel un trésor,

Qui étaient bien plus précieux que de l’argent et de l’or,

Ils témoignèrent de l’expérience d’une dame ayant jadis vécue,

À une époque où les valeurs de la jarretière sont à jamais révolues.

 

J’ai trouvé une photo où elle souriait,

À côté de mon grand-père ! Comme elle l’aimait.

Elle l’aimait encore plus que la prunelle de ses yeux si bleus,

Avant qu’il soit appelé loin à un âge vénérable tout là-haut dans les Cieux.

 

J’ai découvert bien des lettres remplies de mystère,

Des lettres d’amour et de secret échangées pendant la Grande Guerre,

Elle lui annonça qu’elle allait bientôt avoir leur premier enfant,

Mon père qui sera le présage de nombreux descendants.

 

J’ai trouvé des vieux livres écrits en une langue inconnue,

Je me suis dit qu’il est fort possible qu’elle seule les avait lus,

Sa robe de noces était toute pliée tout au fond avec grand soin,

Comme disait ma mère elle seule savait le faire avec ses délicates mains.

 

De tout ce que j’ai pu en cette valise trouvé,

Une seule à mes yeux et en mon cœur pouvait vraiment compter,

Ce fut ce chapelet de noir et d’argent avec lequel elle récitait ses prières,

De ce Credo, ces Ave Maria et Noster Pater quand elle disait son Rosaire.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Une fois que je fus sauvée je souhaitais être damnée

Une fois que je fus sauvée je souhaitais être damnée
Réalisation photographique par David Hobbs Model is JenovaxLilith on DeviantArt Avec la permission de JenovaxLilith. https://www.deviantart.com/jenovaxlilith/art/once-I-was-saved-I-wished-I-was-damned-793007073

Une fois que je fus sauvée je souhaitais être damnée

 

Illusion ! Illusion ! Illusion ! Tout n’est qu’illusion.

Illusion démasquée à la recherche du pardon,

Cette vérité enfouie sous les dunes de sable,

Du sable de ces mensonges si coupables.

 

Fautifs de leurs existences éphémères,

Condamnables de leurs destinées si amères,

À la saveur insipide les incitant à se jeter à la mer,

De cette mer aux vagues déferlantes tels les cris de leurs mères.

 

De leurs cris de douleur ou de joie,

À en perdre leurs âmes, à en perdre leurs voix.

Voix guidant leurs progénitures à travers cette immuable voie,

Voie faite de chair, faite de sang ! Leurs ordonnant d’aller tout droit.

 

Que pouvais-je faire pour remédier cette situation?

Mendier les gens tel le ferait le dernier des vagabonds?

Ayant décidé de trouver remède à mes troubles à mes doutes,

De cette sagesse salvatrice j’atteindrai assurément coûte que coûte.

 

Mais alors comment pourrais-je être sauvée?

Comment pourrais-je un seul instant même le souhaiter?

Désirer être sauvée alors que tout me semblait définitivement perdu?

Que tout me paraissait être à jamais condamné, simplement foutu?

 

Après avoir tant cheminé sur la voie de la raison,

Avoir sans cesse appris mes leçons à force de répétitions,

Répéter encore et encore et toujours jusqu’à suffocation,

Les réciter telles des mantras ou des pieuses supplications.

 

Libérant enfin mon esprit de cette inutilité,

Comprenant de ces formules et prières leur futilité,

J’entrevois malgré moi tant de lendemains incertains,

Comprenant bien que malgré ma volonté je n’y peux rien.

 

C’est-là où en un éclair j’ai tout compris,

C’est le jour fatidique où mon esprit fut envahi,

Je me rappelle si bien le jour où l’on m’a sauvée,

Qu’une fois je fus sauvée je souhaitais être damnée.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Ma main sur ma poitrine

La main sur ma poitrine

 » La main sur ma poitrine  » Dessin par Eri Kel de la France

Ma main sur ma poitrine

 

Il y a dans cette pièce un drôle de silence,

Comme l’on peut vivre dans une église où l’on encense,

Le corps sacré, mais dont l’âme aurait fui, un fidèle défunt.

Celui d’un inconnu ou d’un illustre personnage ayant eu une vie hors du commun ?

 

Je me sens entourée par des êtres semblables à des cierges,

Qui désirent protéger de ce monde immonde une pure vierge,

Et de leurs grands yeux brillants tels des flammes éternelles,

Réchauffer avec prudence le corps dénudé d’une femme jeune et belle.

 

Parcourant les courbes tels les mystères d’un rosaire,

En récitant de leurs crayons sur le papier leurs humbles prières,

Et je dois m’en confesser, comme cela est loin de me déplaire.

Par mon expérience de maîtresse dévouée, je sais comment plaire.

 

Mais comme je suis en ces lieux que pour rendre service,

Rendre service à mon vieil ami que j’aime bien malgré ses vices,

Je vais garder une pose prude avec en moi-même une certaine amertume,

Une nostalgie du temps passé où mes exploits de coquine dissipèrent bien des brumes.

 

Aventurière de ces braves corsaires,

De ces flibustiers qui sur les océans bleutés naviguèrent,

Parcourant les eaux sur lesquels riches navires s’y trouvèrent,

Sans relâche, ni répit, sur les mers ils les poursuivirent et les détroussèrent.

 

Après avoir rempli leurs bourses de pierres précieuses,

Ils revinrent vers leur maîtresse bien-aimée aux lèvres si délicieuses.

Savourant chaque instant passé en sa compagnie grâce à ses mains d’experte,

Sans oublier tout son savoir-faire dans la luxure au risque d’aller à sa perte.

 

Mais assez rêvasser de cette époque imaginaire,

De cette période fabuleuse où peut-être je vivais naguère,

Et comme je suis présentée à ce banquet comme de la fine cuisine,

Je me laisse apprécier par les convives en déposant ma main sur ma poitrine.

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Proximité

Proximité
Superbe photo réalisée par James Fraser Voir son site sur https://www.deviantart.com/mtl3

Poème inspiré d’un fait vécu

Proximité

 

Depuis trop longtemps,

J’attendais ce merveilleux instant,

Où toi et moi, nous nous serions enfin retrouvées.

Depuis ce jour où par désespoir nous avons été séparées.

 

À une époque où par fausse pudeur,

Être mère célibataire faisait tellement peur,

De notre si jeune mère telle une criminelle notoire,

Qui alla nous céder tel une offrande à des femmes habillées en noir.

 

Je fus heureusement adoptée,

Par un couple qui chercha une fillette à aimer,

Et qui me prit sous son aile comme leur propre enfant,

En me prodiguant bonne éducation tout en m’aimant tendrement.

 

L’adolescence bientôt venue,

Ma différence avec eux se voyait à l’œil nu.

Différente en dehors mais si semblable en dedans,

Car avec reconnaissance, je les appelais cher papa et chère maman.

 

N’étant ni populaire, ni très fortunés,

Ils m’ont donné un bien que j’ai toujours estimé,

Des études pour un travail par lequel je serai autonome,

Dans une profession par laquelle je ne dépendrai pas d’un homme.

 

Les années se sont écoulées avec pour chacune de nous sa destinée,

Par grande chance, un beau et gentil homme j’ai rencontré,

Et comme il me trouva bien de son goût, il m’a épousée.

Si heureuse, que j’ai avec lui grande famille fondée.

 

Puis un jour, nombreuses questions en mon esprit apparurent.

Questions auxquelles réponses n’étaient point une parure.

 Qui était donc cette femme que je n’avais jamais connue?

Était-elle qu’une futile illusion tombée des nues?

 

Dans les journaux est apparu un avis de recherche,

En souhaitant ardemment voir celle que je cherche,

Bien des laudes et des vêpres allègrement chantèrent,

En accompagnant au Ciel chacune de mes nombreuses prières.

 

Puis, un jour que je ne m’y attendais pas.

Mon vieil téléphone tel un ami de longue date sonna,

Une douce voix de femme m’annonça cette grande nouvelle,

Était-elle celle que je recherchais car elle fut aussi séparée de sa mère si belle.

 

Éloignée de son unique sœur dès sa naissance,

Car on espérait ainsi qu’elles ignoraient l’une de l’autre son existence,

Elle me demanda avec trémolo dans la voix si je voulais bien la rencontrer,

L’instant d’un déjeuner? L’instant d’un dîner? L’instant d’un bon souper?

 

J’ai accepté avec toi de partager un bon repas,

Afin de bien commencer cette rencontre comme il se doit.

Le moment venu, mon cœur palpita tellement j’étais touchée.

De voir celle qui m’a été enlevée, celle que je n’ai jamais près de moi serrée.

 

Mais quelle fut notre surprise lorsque nous nous sommes aperçues en ce lieu,

Que nos prières, telle une seule voix, ont été entendues par les cieux,

Et qu’avec grand étonnement, en se regardant droit dans les yeux,

Que toi et moi, nous avions déjà vécu des moments si heureux.

 

À chaque début de journée de travail nous nous saluons,

À chaque fin de journée de travail chez soi nous retournions

Dans cette usine, où à chaque pause, avec toi j’aimais discuter.

Qui nous aurait dit que malgré notre destin nous vivions une telle proximité?

 

De

 

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

Le rejet

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Votre humble serviteur : RollandJr St-Gelais de Québec au Canada

Le rejet

(Merci à Victoria pour sa suggestion)

Bonjour tout le monde,

J’avais demandé à mes amis et amies sur le réseau social Facebook de me suggérer des sujets qui pourraient potentiellement les intéresser afin d’enrichir mon blogue artistique dédié à la nudité artistique, à la poésie et à la photographie ainsi qu’à des réflexions personnelles. En effet, il me semble être important de prendre connaissance de ce qui pourrait susciter chez bon nombre d’entre eux à poursuivre leur lecture de mon blogue. Après tout, il faut bien avoir des sujets intéressants afin d’avoir des lecteurs intéressés à les lire. N’est-ce pas?

Parmi mes connaissances, l’une d’entre elles m’a suggéré de développer sur un sujet qui en cette période de l’année m’interpelle beaucoup. En effet, en ce temps de réjouissances, plusieurs personnes passeront un réveillon du Jour de l’An dans la solitude la plus complète. Une solitude qui fut leur compagne de vie tout au long de l’année dernière et qui le sera fort probablement pour les douze prochains mois. Des personnes qui pour des causes souvent hors de leur contrôle ont connu que le rejet. Qui plus est! Un tel mot peut est synonyme d’une mort lente tant sur le plan émotionnel que spirituel sans oublier celui de l’être physique dans son entier.

Ce qui à la fois me rend triste et me fascine, c’est de lire dans les différents médias écrits à tel point le nombre de personnes qui passeront le jour de l’An seules et rejetées de tous est astronomique. Mais à cela s’ajoute le rejet qui a pour cause une apparence physique non conforme aux critères de beauté prévalant au sein de la société. N’allez pas croire que je n’aime pas admirer la beauté féminine lorsque ses attributs lui sont favorables. Après tout, je suis un homme comme bien d’autres et je n’en éprouve aucune honte à cela. Cependant, il est bon de voir un peu plus loin que les apparences. Et, je sais très bien de quoi je parle.

En effet, je me souviens d’une anecdote dont j’ai été témoin en 1993 lorsque j’étais resté à Québec pour une session d’été afin d’une part, d’avancer dans mes études et, d’autre part, de me familiariser à la belle ville où je vis actuellement. J’avais profité de mon weekend pour visiter la terrasse Dufferin tout en admirant le magnifique Château Frontenac. Au fil de mon parcours pédestre, je fis la rencontre de deux dames d’un âge assez avancé. Et comme j’aime beaucoup discuter avec les gens, j’en ai profité pour m’entretenir avec elles. Cette discussion m’a marqué au fer rouge pour le restant de mes jours.

Et pour cause, puisque l’une d’entre elles était atteint de la neurofibromatose. Une maladie qui déforme le corps de la personne qui en est atteinte au point de rendre celle-ci méconnaissable. Un seul mot peut décrire l’expression de son visage : tristesse. Une tristesse qui, il ne faut pas être le plus intelligent en ce monde pour le comprendre, est causé par une vie de misère et de rejet. N’allez pas croire que j’invente ce que j’écris puisque la dame qui l’accompagnait m’avait expliqué que cette dernière lui avait demandé d’être son amie lorsqu’elles étaient à bord du bus venant de Montréal pour une visite-éclaire à Québec.

Personnellement, j’avais beau essayé de trouver un quelconque sujet de conversation avec ladite dame en question, mais devant la tristesse qui émanait de son regard, j’en perdis tous les moyens. Vous savez, quand nous demandons à la personne si ça va bien et qu’elle répond avec la tête que ça va bien mais que nous voyons que son cœur répond tout le contraire, il est difficile de trouver les mots qui pourraient calmer les maux. Si je me souviens bien, j’ai allumé un cierge à l’office du dimanche qui a suivi notre rencontre en ayant une pensée spéciale pour elle et pour son « amie d’un instant ».

En résumé, nul d’entre nous est dans l’obligation d’ouvrir les portes de sa demeure pour recevoir les rejetés. Cependant avoir une pensée envers eux, leur faire un petit bonjour lorsque l’occasion se présente et avoir une simple oreille pour les écouter, tout cela peut faire une différence dans leurs vies. Certes, cela n’est peut-être pas grand-chose, mais pour ces derniers c’est énorme.

Merci de m’avoir lu.

Bonne et heureuse année 2020.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada