Archive | 20 janvier 2023

Car je ne savais plus quoi jouer ensuite

Car je ne savais plus quoi jouer ensuite Poème de Rolland Jr St-Gelais Photo par G.B. d’Allemagne Modèle : Rosenduft Source : https://www.deviantart.com/gb62da/art/I-don-t-know-what-to-play-next-945253065

Car je ne savais plus quoi jouer ensuite

 

C’est pour moi une bien triste journée.

Mon bien-aimé m’a, à jamais, quitté.

Il est parti vers une si lointaine terre,

Qui ne m’est pas tout à fait étrangère.

 

Je me suis alors dirigé le cœur en peine,

Avec de l’amertume qui coulait dans mes veines,

Vers le grenier où l’on prenait tant de plaisir à chanter,

Des airs mélodieux qui nous faisaient tant vibrer.

 

Des chansons qui ont traversé l’épreuve du temps.

Des groupes que certains couples présentent à leurs enfants.

Pour leur rappeler qu’il y a eu une époque où l’on rêvait.

Pour leur dire qu’il y a eu une période où l’on espérait.

 

Sans prononcer un mot, j’ai enlevé mes vêtements.

Et d’un châle, je couvrais mes épaules délicatement.

Je me suis assise sur le plancher sur le tapis vert,

En me remémorant, les soirées romantiques en hiver.

 

Prenant avec douceur de la main droite mon précieux violon,

Et celle de la gauche, mon archet avec une noble passion.

Je me suis mise à interpréter les plus belles romances,

Que j’ai découvert lors de ma vertueuse adolescence !

 

Chaque note se transformait en sanglot.

Car, autour de moi, tout s’écroulait tel un château,

Une résidence construite par de simples cartes à jouer.

Ces morceaux qui ressemblèrent à mon âme abusée.

 

Je continuais inlassablement à faire danser mon archet,

Sur les cordes d’argent de mon violon sans cesse aux aguets.

Sans relâche, mes doigts parcouraient leurs chemins,

Alors que les notes frappèrent les meubles de pin.

 

Que ça fait du bien de verser toutes ses larmes !

Quelle libération pour notre être sans armes !

Au fil du temps, la fatigue m’a alors envahie,

Une impression bizarre m’a soudain remplie.

 

C’est ainsi que j’ai enfin compris le sens de la vie.

Qu’en ce monde rien n’est fait pour durer à l’infini !

Que le passé finira, un jour ou l’autre, par prendre la fuite !

J’ai ainsi tout déposé, car je ne savais plus quoi jouer ensuite.

 

De

 

Rolland Jr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada