Comment se passe une séance?

Comment se passe une séance?

Bonjour tout le monde,

Comment allez-vous en ce début de semaine? Comment est votre moral? Que se passe-t-il de beau dans vos vies respectives? Que de questions! Je le sais trop bien. Mais, que voulez-vous?, j’aimerais recevoir de vos nouvelles de temps à autres. Malgré la distance qui nous sépare, c’est toujours un plaisir de savoir que vous lisez avec assiduité mes nombreuses publications et surtout que vous semblez les apprécier.

Sous un autre ordre d’idées, il m’est venu à l’esprit de rédiger un article sur le déroulement d’une séance de nudité artistique afin de démystifier les nombreux clichés pouvant circuler auprès du grand public, mais aussi pour vous expliquer dans la mesure du possible ce que moi-même je ressens au plan émotionnel lors d’une telle séance. Oui, il y a beaucoup d’idées préconçues entourant une séance de nudité artistique mais il y a aussi une gamme d’émotions que je vis de manière très intense. Des émotions qui resteront gravées au plus profond de ma personne puisque une certaine intimité se forme entre l’artiste et votre humble serviteur.

Tout d’abord, il est impératif de mettre les choses au clair. Je me prépare trèsDSCN0595 longtemps à l’avance tant mentalement que physiquement pour être en pleine forme pour la séance. Ce qui inclus une bonne nuit de sommeil, un bon repas pour le petit-déjeuner et avoir fait au préalable une bonne promenade dans les environs de l’atelier afin de m’oxygéner les poumons. Il va de soi qu’une révision de mes choix de poses est faite quelques jours, et parfois la veille, avant la rencontre. Une bonne préparation signifie aussi une hygiène corporelle impeccable. Ceci est fait dans un souci de respect mutuel entre les participants. Ce qui est tout de même normal dans les circonstances.

Ensuite, une bonne discussion doit être établie entre les personnes présentes tout en évitant d’entrer dans le vif du sujet. À vrai dire, il vaut mieux se présenter, bavarder de tout et de rien, voir à discuter de nos intérêts personnels et, en dernier lieu, à raconter nos parcours dans nos domaines respectifs. Rappelons-nous qu’il s’agit avant toute chose d’un échange entre deux êtres humains ayant leurs vies propres. En tenir-compte ne peut qu’enrichir la séance.

Pour ma part, je raconte les principaux faits saillants de ma vie lesquels m’ont amené à vouloir devenir un modèle nu. Des faits qui sont à la fois liés avec ma situation physique causée par la thalidomide mais aussi par les diverses rencontres que j’ai eu la chance d’avoir eu au cours de ma vie. C’est la réalité. Mon chemin de vie est assez particulier mais j’ai préféré le transformer en une force constructive qui favorise mon développement à la fois intérieure que spirituel et même physique. C’est, selon moi, beaucoup plus valorisant comme philosophie de vie. Toutefois, il est bon de retenir que j’évite autant que possible d’élaborer sur la thalidomide. Un tel sujet est à éviter car, voyez-vous?, j’ai fait les manchettes au sein de plusieurs médias de masse dans le passé. Bref, une présentation dans la cordialité est toujours appréciée de part et d’autres.

La séance peut alors débuter de manière tout à fait simple, c’est-à-dire que j’enlève mes vêtements dans un endroit prévu à cette fin pendant que l’artiste se prépare à réaliser ses ouvrages. D’ailleurs, je me rappelle bien que la grande majorité en profite pour installer tout ce qui sera utile pour mon bien-être durant la séance. Une attention très appréciée. Une fois les vêtements enlevés, les poses sont réalisées avec un degré de difficulté accru au fil du temps mais toujours en évitant de me blesser. Le plus bel exemple qui me vient en mémoire se rapporte à ma participation avec Dea Kazoku, une artiste extraordinaire dans l’art japonais du bondage, où nous avons respecté d’une part, le fait que je sois novice dans ce domaine et, d’autre part, les limites liées à ma situation physique. Et, ma foi, le résultat des photos a été fort impressionnant.

Les clichés photographiques peuvent se réaliser que je sois debout, assis, couché ou encore sur le côté. Tout est permis si, et seulement si, la recherche de l’excellence et de l’innovation y est présente. Il va de soi que le respect mutuel est de mise en tout temps. Dans ce cas, les contacts physiques peuvent être faits uniquement si cela est nécessaire et dans un cadre bien précis. Tout débordement y est proscrit. Ici, je me souviens de la tendresse avec laquelle Dea Kazoku se servait pour enlever les cordes qui enroulèrent certaines parties de mon corps après avoir pris les photos. Des gestes à la fois rassurants et calmants vu le caractère un peu spécial de ladite séance.

Ici, il m’est presque impossible de vous décrire toute la gemme d’émotions qui m’envahissent lors d’une séance de nudité artistique. En certaines circonstances, il m’est même arrivé de verser des larmes tellement cela venait me chercher en mon fort intérieur. Il est peut-être difficile pour vous de comprendre l’intensité du moment vécu, mais vous pouvez êtres certains que la chaleur qui m’envahie est réelle et perceptible auprès de chaque personne présente en ces lieux. Une chaleur à la fois bienveillante et réconfortante pour votre humble serviteur. Le degré de complicité entre l’artiste et moi-même y est sans doute pour quelque chose. C’est fort possible.

Une fois la séance terminée, le visionnement des photos peut avoir lieu. J’en profite alors pour choisir celles que j’aimerais utiliser dans d’éventuelles publications au sein de mon blogue artistique. Bien entendu que l’artiste a le droit de garder une copie de chacune d’entre elles car il s’agit bel et bien d’un travail d’équipe. Retenez bien que je remets tous mes vêtements dès que la séance est terminée, et ce par principe professionnel mais également par une question de pudeur. Un autre élément à retenir, et non le moindre, c’est que les artistes pour qui j’ai posé nu possèdent, pour une proportion considérable d’entre eux, une panoplie de logiciels, d’appareils photos et d’ordinateurs que je qualifierai de haut de gamme. Ce qui est tout naturel vu le champ dans lequel ils travaillent. Un travail? Vraiment? Je dirais plutôt une réelle passion et même une raison de vivre que je partage avec eux.

Que se passe-t-il une fois que tout soit bel et bien terminé? Cela dépend des jours. En ce qui me concerne, je profite de la chance d’être à l’extérieur de Québec pour visiter la ville où je me trouve. Et, vous pouvez me croire sur parole, j’y fais souvent de très belles découvertes lesquelles se retrouvent au sein de mon album-photos et, par conséquent, dans certaines publications liées à mes poèmes.

Je vous remercie de m’avoir lu.

Bonne semaine.

RollandJr St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

 

2 réflexions au sujet de « Comment se passe une séance? »

  1. Quelle belle idée tu as eu d’écrire ces lignes! Je n’avais aucune connaissance sur le sujet et je me demandais comment se déroulaient les premiers échanges entre le modèle et l’artiste. Pas de gêne? Jamais de malaise? En tout cas merci d’avoir répondu à ma question silencieuse!

    • Merci beaucoup pour avoir écrit votre commentaire à la suite de la publication de cet article.
      Pour répondre à votre question à savoir si il y a de la gêne ou un quelconque malaise, je peux vous assurer que cela n’a jamais été le cas. Comme affirme si bien le dicton, là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir.
      Continuer de lire mon blogue et ne vous gênez pas d’y écrire de nouveau vos commentaires.

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