Une fois pour toutes!

Séance de nudité artistique

Nudité artistique galerie d’arts Du Belgo de Montréal

Une fois pour toutes!

 

Il me fait plaisir de partager avec vous ma passion pour la pose. Et quand je fais référence à la pose, j’y inclus bien évidemment la pose nue. Mais, pourquoi poser nu ? Pourquoi ai-je choisi de poser tout simplement ? Voilà des questions qui méritent d’être répondues avec franchise, sans fausse pudeur et, surtout, sans hypocrisie. C’est d’ailleurs la principale raison pour laquelle j’ai décidé de réaliser ce porte-folio afin de me faire davantage connaître en tant que seul modèle vivant (nu) ayant un handicap physique apparent. 

Je dois avouer d’emblée qu’une des raisons de vouloir devenir modèle vivant (nu) réside d’un certain besoin d’être vu, d’être perçu et d’être reconnu comme un être humain à part entière, et ce, bien au-delà de ma situation physique. Imaginez un seul instant où les premiers regards qui vous ont marqués, vous soient venus du corps médical ou encore des membres de la profession juridique, en particulier les firmes d’avocats. N’allez surtout pas croire que je me plains de cette situation car, je l’avoue sans contrainte, je sais bien que je ne suis pas le seul à avoir passé par cette situation. D’autres l’ont aussi vécue et d’autres le vivront à leurs tours. La vie est ainsi faite que nous le voulions ou non. Quoiqu’il en soit, il a fallu que j’accepte que tous ces regards soient portés vers moi afin de composer avec cette réalité qui est la mienne.  

Un choix de plus s’imposait au fil de mon existence : Je devais choisir entre me replier sur moi-même, ou encore, savoir profiter de tous ces regards pour entreprendre une liaison avec l’autre. Une liaison basée à la fois sur la complémentarité, le respect et sur une confiance mutuelle. Autrement dit, j’accepte que l’on porte un regard sur mon corps nu car il est unique comme n’importe tel autre corps. Serait-là la source même de mon plaisir de poser nu ? C’est fort possible. 

Il y a un autre aspect qui m’a incité à vouloir poser, et de surcroît, nu. C’est celui de corriger un fait historique qui s’est déroulé pendant le règne du nazisme en Europe, plus spécifiquement en Allemagne dès la prise du pouvoir par les nazis en 1933. En effet, peu de temps après l’accession au pouvoir du N.S.D.A.P., une politique eugénique a été mise en place pour d’un côté, éliminer les « indignes de vivre » dont la liste des indésirables était établie selon des critères médicaux et économiques et, d’un autre côté, pour glorifier la perfection du corps humain par l’entremise d’une propagande tous azimut. Il va sans dire que le corps humain qui répondait aux critères de la pureté raciale telle que prônait l’idéologie nazie allait occuper l’avant-plan de la scène. 

Puisque les premiers essais d’élimination de masse ont été faits sur des gens ayant des déficiences physiques et/ou intellectuelles, et ce, avec la participation active du corps médical allemand et selon des directives strictes établies dans un document officiel portant le nom de code de plan T4, il m’a paru plus que nécessaire de répondre d’une manière agressive, bien qu’un peu spéciale, aux principaux artisans d’une telle politique laquelle a été pensée, planifiée, perfectionnée et, enfin, réalisée sur l’ensemble du territoire allemand du 3e Reich. Ce sont-là, les victimes oubliées du nazisme.

À cela s’ajoutent deux autres éléments incitatifs dans ma prise de décision de poser nu. En premier lieu, étant une victime de la Thalidomide, molécule chimique ayant été, semble-t-il, découverte par un chimiste de l’armée nazie, je sais très bien tel aurait été mon sort si ma naissance avait eu lieu à cette heure sombre de l’histoire de l’humanité. En second lieu, la possibilité de voir ressurgir des politiques de tendance plus ou moins eugénique existe toujours au sein de nos sociétés modernes.

Poser nu est, pour moi, plus que simplement poser en tenue d’Adam. C’est avant tout un acte hautement politique : Dire «non» à toutes les menaces éventuelles à l’égard des gens qui ne cadrent pas aux normes sociales, aux plus faibles et aux «indignes de vivre». Il est aussi vrai que cela fait longtemps, je dirais même trop longtemps, que je n’ai pas travaillé avec des artistes dans cette optique. C’est pourquoi je réitère mon invitation à ceux, surtout à celles puisqu’elles sont moins nombreuses, qui aimeraient avoir pour modèle nu un homme réellement bien dans sa peau et heureux de vivre. Il va de soi qu’une telle proposition est faite, d’abord et avant tout, aux artistes du Québec. Ce qui ne signifie pas que je sois fermé aux artistes étrangers. Bien au contraire !  Je suis aussi disponible à la condition qu’ils, et elles, soient au Québec durant les sessions. 

Bien à vous 

Rolland St-Gelais

Séance de nudité artistique
Séance de nudité artistique

Une mise-au-point s’impose !

Je désire développer un sujet qui, j’en suis plus que persuadé, doit vous préoccuper. Il vrai que je parle assez souvent de la flaccidité du sexe masculin lorsque j’aborde le sujet de la pose nue dans plusieurs de mes publications. Pourquoi donc? Quelles sont les raisons qui m’incitent à rappeler  un tel sujet? Quels sont les objectifs recherchés? La présente section a justement pour but de clarifier une fois pour toute cette épineuse question. 

Le premier élément de la pose nue est de chercher à rendre grâce à la splendeur du corps humain, à sa sainteté, à lui rendre hommage et à partager ceci avec ceux et celles qui le regardent à leur tour. Pour sa part, le deuxième élément est d’y rechercher ce qui est beau et naturel. Tout doit être présenté, et ce, sans gêne et sans voyeurisme. Chaque partie du corps possède une unicité: les cheveux, les yeux, le nez, la bouche, les oreilles, la poitrine, le ventre, les bras, les jambes, le dos et les fesses. Selon moi, et c’est mon humble opinion, le sexe masculin doit aussi être présenté avec le même respect que l’on éprouve pour tous les membres du corps humain. Bref, il n’y a aucune raison de ne pas présenter cette pièce de l’anatomie. 

Le  troisième élément est de pouvoir le faire tout en évitant une quelconque vulgarité. Il est donc impératif que le sexe masculin soit dans une flaccidité totale bien qu’une semi-érection peut-être tolérée. À mes yeux, le fait de montrer un phallus en érection équivaudrait à une insulte à l’égard de l’auditoire. C’est un peu comme réaliser une peinture avec une femme de grande beauté qui aurait le front de  tirer la langue. Oui, j’en conviens, cela peut faire rire mais ce n’est guère artistique. Voir un phallus en érection peut certes susciter un sourire chez la personne qui regarde, mais cela ne l’invite pas à intérioriser la noblesse du corps humain tel que voulu par l’artiste et le modèle nu. 

En résumé, je me fais un devoir de poser nu sans rien cacher, mais sans vouloir provoquer un malaise chez qui que ce soit. Poser nu est un art véritable qui doit être fait dans les règles qui s’imposent. Des règles qui doivent être suivies à la lettre sans quoi le risque de verser dans la vulgarité, voire une obscénité flagrante, menace de détruire à tout jamais un travail de longue haleine.

J’ajouterais un petit bémol à mon propos. Oui, il est possible de poser nu avec une érection complète devant un artiste, qu’il soit artiste-peintre ou photographe ou dans tout autre domaine,  mais il faut tout de même le faire dans un cadre bien précis et avec des objectifs préétablis de part  et d’autre. Ici, c’est un peu l’exception qui confirme la règle

Je sais bien de quoi je parle puisque j’ai eu la chance de poser nu dans les deux situations, c’est-à-dire avec un phallus au repos et, dans une autre situation, que je qualifierais de plus « virile » laquelle a eu lieu lors d’une séance de nudité érotique où j’étais accompagné par une équipe extraordinaire. D’ailleurs, selon mes connaissances, je suis le seul homme vivant avec un handicap physique dit « apparent » à avoir posé pour un site érotique au Canada. Et, entre nous, j’en suis fier.

Et, maintenant ? 

Maintenant, il est plus que temps de vous présenter certaines des poses nues réalisées avec des artistes œuvrant dans différents domaines du monde des arts visuels. Bien entendu, chaque section est accompagnée d’une présentation explicative des différentes sessions. Les photos choisies peuvent apparaître au début ou bien à la fin de chaque section, et ce, dans le but de rendre la lecture plus agréable que possible. 

Je vous souhaite une visite des plus profitables.

Introspection
Introspection

La Genèse 

Pour moi, il est important de tout montrer pour la simple raison que nous sommes devant un dilemme ; voir une réalité telle qu’elle est ou se positionner derrière une hypocrisie sociale malsaine. Je suis convaincu, puisque les êtres humains sont ainsi faits, que la meilleure façon pour les faire réfléchir afin de permettre une évolution des mentalités est justement de tout montrer ; rien ne doit être caché, ni manipuler pour rendre plus beaux ou plus laid et, encore moins, d’agir par fausse pudeur. Le corps humain est ce qu’il est. Un point c’est tout!

Il est vrai que certaines personnes sont plus avantagées que d’autres, mais aucune d’entre elles ne peut échanger leurs corps. J’ai bien écrit « échanger » non pas améliorer. Ce qui est très différent. En effet, il existe une multitude de cliniques spécialisées dans la chirurgie esthétique. On y a recours soit par choix personnel, soit par nécessité. Que dire des programmes d’amaigrissement, de diètes et de salles de gymnastique qui polluent les ondes télévisées et les magazines? Les juger est ici hors propos.

Toutefois, je n’ai jamais rédigé à propos de mes techniques de poses nues, qui vont du choix du lieu où les photographies seront prises jusqu’à leur réalisation finale.  Le présent texte vient combler cette lacune. Les questions auxquelles je réponds sont aussi simples que ; où prendrais-je bien une photo?, pourquoi là et non ailleurs?, quelle pose suis-je prêt à faire et quel est le résultat recherché? Avec quelles caméras numériques dois-je travailler? Avec quels logiciels je peaufine mes réalisations et dans telles optiques et, la plus importante entre toutes, pourquoi ai-je décidé de la publier ? Il est primordial de retenir que je présente un tel sujet dans une seule optique ; l’aspect technique. Il est évident qu’il y a un certain côté émotionnel car cela concerne avant tout mon corps et non pas un vulgaire objet. En résumé, le fondement de ce texte est de décrire l’ensemble de la production technique de mes poses nues.

J’estime qu’il est nécessaire de répondre à toutes ces questions afin de faire comprendre aux personnes intéressées par la nudité et la pose nue que cela ne relève absolument pas d’un exhibitionnisme, mais bien d’un art qui s’apprend et qui se partage dans un but précis : rendre hommage au seul véhicule que le Créateur a permis aux âmes de communiquer indépendamment des barrières sociales ; le corps nu.

Séance de nudité artistique
Séance de nudité artistique

Partie 1 : La Genèse de la pose

Tout travail de réflexion, qu’il soit scientifique ou bien artistique, débute par la problématique de savoir quoi dire et, surtout pourquoi le dire d’une manière plutôt qu’une autre. L’utilisation de divers supports communicationnels est un pré requis pour partager les idées entre la personne-ressource et son auditoire. J’entends par supports communicationnels tout ce qui permet la présentation de données. Ce qui va de la simple  feuille de papier, en passant par des présentations en power point via des ordinateurs personnels, jusqu’à des montages vidéos. Tout peut être utile afin de faire passer le message.

Il existe tout de même un point à souligner ; « Le messager porte souvent le message en lui. » C’est-là que réside le défi qui me concerne de manière directe et sans équivoque. Je porte en moi la Genèse même de la photo que je désire réaliser. Il est alors important de bien choisir ce que je veux faire, comment le faire et pourquoi le faire. Comme toute personne  passionnée par son travail ou par une quelconque activité, je dois utiliser les outils appropriés pour débuter ma réalisation photographique. Or, ayant une capacité financière assez limitée, je dois me contenter de deux caméras numériques dont un est à l’épreuve de l’eau, des chocs, de la poussière et du froid extrême. Elle m’est très utile lorsque je désire réaliser des photos dans ma salle de bain. La seconde est de qualité moindre, mais je l’apprécie grandement pour les nombreux services qu’elle m’a rendus et pour m’avoir permis de développer mon amour pour la photographie. 

Mais, à quoi bon utiliser deux caméras numériques si je suis incapable de me placer dans l’œil de celui, ou de celle, qui me regarde? Dans ce cas, je m’imagine être nu devant une salle de cours en arts visuels où plusieurs dizaine d’étudiants-es doivent faire de nombreux dessins. Aimeraient-ils (elles) avoir pour modèle nu, un homme qui n’a aucune estime de lui-même dont sa propreté laisserait à désirer? Bien sûr que non! Voilà pourquoi l’ensemble de mes poses nus sont faits après avoir pris une douche ou mieux encore, un bon bain chaud. 

Je prends mes photos de préférence à la lumière du jour, surtout par un temps nuageux, bénéficiant du fait que mon appartement est situé loin des regards indiscrets et que plusieurs espaces me sont disponibles. Oui, je le sais. Je suis privilégié de pouvoir travailler dans un milieu tranquille où j’ai la chance de prendre les poses quand et où je le veux. Bien entendu, je dois respecter les lois canadiennes afin de ne pas être accusé d’actes de grossière indécence d’où ma préoccupation qui veut que la plus grande intimité des lieux soit respectée. 

Je crois qu’il est approprié d’utiliser l’une de mes photos de nu préférée, que j’ai intitulée Méditation, afin d’expliquer de la manière la plus efficace qui soit, la technique que j’ai employée pour créer une photo digne d’être publiée. Ladite photo servira subséquemment de modèle pour un montage visuel que j’ai nommé Rétrospection

C’est ainsi que pour la prise de photo, j’ai choisi la pièce la plus ensoleillée de mon appartement, qui est la salle à manger et de préférence entre 14:00 et 16:00 afin d’éviter tant les regards fouineurs que les commérages. Les deux sont souvent à la source des pires calamités détruisant une réputation difficile, voire impossible, à reconstruire. 

Après m’être assuré de mon intimité, je me déshabille totalement et me place devant l’endroit où je serai photographié. L’objectif est simple : tenter de découvrir ce qu’on œil artistique aimerait découvrir, un peu comme un alpiniste qui gravite une montagne pour y contempler le paysage unique qui s’offre à ses yeux certes fatigués par tant d’effort mais comblés par le résultat.  Tout doit être pris en compte : la clarté du lieu, l’ombrage, la pose choisie afin de ne rien cacher sans pour autant verser dans l’inconvenance, ni dans un exhibitionnisme pouvant alimenter les fantasmes d’individus mentalement déséquilibrés. 

Le nombre de photographies que mon appareil numérique peut faire avant que j’en arrive à une certaine satisfaction est phénoménal. Serait-ce 10, 20, 30 photos ou peut-être plus ?  Je ne saurais le dire, mais une chose est sûre : Ma satisfaction débute là où je crois que celle de l’autre. Cet « autre » étant celui qui le verra sur mon blogue.

Tout doit y être présenté ; de la tête jusqu’aux extrémités de mon corps. Les courbes de mon physique, mes cheveux, mon visage, les poils qui recouvrent mon corps, mes moignons qui sont, élément important à se rappeler, en réalité mes mains. À cela vient s’ajouter la primordialité absolue de ne pas porter de cache-sexe. Mon handicap physique ne fait pas de moi, ni un ange ni un être asexué. Ce qui ne signifie pas que l’esprit ne doit pas dominer le corps. Bien au contraire! 

Quelle pose aurais-je été prêt à faire et pour quel le résultat ? La limitation de l’endroit, ma capacité physique et le désir de faire le mieux sans chercher à impressionner qui que ce soit, ont été des facteurs incitatifs à choisir cette pose. Un adage populaire au Québec affirme que la modération a bien meilleur goût. Je l’applique donc avec joie, car le résultat final dépasse souvent ce à quoi je m’attends.

Séance de nudité artistique
Séance de nudité artistique

Partie 2 : L’emprise du numérique

Que puis-je écrire sur l’utilisation du numérique? Puis-je affirmer que je suis réellement un artiste si j’utilise des caméras numériques pour réaliser des photographies de nudité? Et, pourquoi donc utiliser de tels appareils? 

L’invention de la caméra numérique, tout comme celle des ordinateurs personnels et bien d’autres objets reliés au monde moderne, a été pour moi plus que bénéfique. Elle m’a permis non seulement de réaliser des photos extraordinaires, mais aussi de redécouvrir toute la beauté du monde qui m’entoure et de le partager avec mes amis-es et connaissances grâce à la création de blogues. Les 2231 photos contenues sur mon site DeviantArt, et sur les principaux réseaux sociaux tels que Facebook,  en sont des preuves incontestables. 

Qui plus est! Oui, je suis persuadé d’être un artiste car je transpose la vie, et la vie sous toutes ses formes, dans mes photos. Parfois, c’est fait avec une simplicité étonnante tandis qu’en d’autres occasions mon but premier est de dénoncer les préjugés.

Oui, je suis un artiste puisque je contribue, dans une proportion moindre que bien d’autres artistes qui, eux, possèdent un éventail de moyens beaucoup plus imposants que j’ai, à faire passer un message au sein d’une partie de la population qui désire voir autrement la nudité. 

Ceci m’amène à vous parler de mon désir de retravailler mes photos sans toutefois toucher à l’essentiel, c’est-à-dire de présenter la réalité tel quelle!

Séance de nudité artistique
Séance de nudité artistique

Partie 3 : Retravailler sans tricher 

Être posé nu est pour moi une véritable source de plaisir. Il va sans dire que j’en plusieurs autres, mais je m’en tiendrai à celui-là afin de ne pas déborder du sujet. Un tel plaisir est accru lorsque j’utilise mes logiciels préférés afin d’atteindre la profondeur recherchée. Nul n’est mon désir de corriger mes imperfections ou encore d’accroître certaines parties de mon anatomie. Entre vous et moi, j’adore le fait d’avoir encore un physique bien proportionné témoignant ainsi de mes années d’activités physiques, une chevelure entretenue avec soin et, oui je le reconnais sans aucune honte, un sexe qui a été circoncis selon mon désir afin qu’il corresponde à mon critère personnel de beauté. 

Pourquoi devrais-je retravailler une telle photo? Tout artiste qui  se respecte doit impérativement attirer le regard de l’autre, de cet « autre » qui lui dit : Pourquoi as-tu fait cela? Que veux-tu me dire? Et pourquoi le faire de cette façon plutôt qu’une autre? 

C’est en voulant répondre à ces questions susceptibles d’apparaître chez celui, ou celle, qui regarde, admire et, pourquoi pas?, est intrigué(e) par ma nudité que j’utilise mes logiciels. Je prends donc la photo présentée en première partie et, grâce à un logiciel gratuit que l’on retrouve sur l’Internet, je me la réapproprie. C’est-à-dire qu’elle ne doit plus exister mais plutôt faire place à un nouveau concept. C’est vrai ! On voit le même « sujet », mais sa présentation diffère puisque mon logiciel l’a transformé, un peu à l’image de la femme urologue qui enleva cette peau non désirée, le prépuce, et qui m’empêchait jadis d’être masculin au sens profond du terme, l’a amélioré sans pour autant détruire l’âme est présent dans mon corps. 

C’est qu’ainsi que ma rétrospection se manifeste du fait que mon âme soit capable de voyager de mon monde intérieur vers le monde extérieur, et vice versa. Le logiciel utilisé est donc l’un de mes outils indispensables pour rendre possible la création d’une telle image, laquelle témoigne de ma pensée artistique envers la nudité. 

Il m’est possible de refaire la photo aussi souvent que je le désire, de créer des effets qui dénaturaient le but recherché et d’y ajouter des éléments étrangers. Bref, tout m’est possible. Mais, tout serait-il convenable? Non! 

Le petit bouddha! The little Buddha!
Le petit bouddha! The little Buddha!

Une collaboration américaine

J’ai déjà eu la chance extraordinaire de travailler avec un photographe américain de la région du Maine. Il est venu expressément à Québec pour me rencontrer afin de réaliser quelques clichés dans lesquelles je suis son modèle nu. Il est à retenir qu’il n’est pas un photographe professionnel spécialisé dans le nu artistique. Par contre, étant lui aussi membre du site deviantART, et comptant parmi mes abonnés-es, il m’a offert son aide afin de réaliser des photos de plus grande qualité de ce que j’avais moi-même réalisées dans le cadre de mes expérimentations. 

Je lui serai toujours reconnaissant pour sa collaboration unique en son genre. D’ailleurs, sa grande gentillesse, sa spontanéité, sa diplomatie et sa belle humeur sans oublier son respect à mon égard ont favorisé une belle complicité entre nous. Il est vrai que la barrière linguistique pouvait quelques fois occasionner des interrogations de part et d’autre durant la séance, mais notre ouverture d’esprit mutuelle a facilement dissipé toutes mésententes potentielles. Ce qui prouve que la pose nu doit se faire dans une confiance complète.

Kenneth. W. Oliver est devenu pour moi un véritable ami.

Voici l'une des premières photos réalisées à Montréal
Voici l’une des premières photos réalisées à Montréal

Une assistance remarquable du Québec

J’ai eu l’opportunité de poser nu pour divers artistes œuvrant tant dans le domaine de la peinture que celui de la photographie, moderne et érotique. Il va sans dire que j’ai littéralement adoré mes expériences qui ont été au-delà ce à quoi je pouvais m’attendre. À cela s’ajoute la participation exceptionnelle d’une jeune cinéaste, sans qui il m’aurait été impossible d’avoir eu la chance inouïe d’être modèle nu pour des artistes qui ont su témoigner un  profond respect rempli d’humanisme à mon égard.

Il serait intéressant de retenir que ce fut à cette occasion que l’on accepta mes services lors d’une série de poses de nudité érotique. Cette série de poses fut réalisée ici même à Québec avec la collaboration d’une équipe qui m’a encadré de manière professionnelle tout au long de mon travail. Rien a été fait sans mon consentement libre et éclairé.

Expériences inusitées avec une dame de Québec

Vous le savez probablement déjà, j’ai eu la chance de rencontrer des gens tout à fait extraordinaires au cours de ma vie. Des gens, hommes et femmes qui ont accepté de partager de multiples secrets sans omettre quelques-unes de leurs passions avec votre humble serviteur. J’ai à titre d’exemple le souvenir d’un homme remarquable qui a été un accompagnateur incomparable durant mon adolescence. Un homme qui avait bien voulu me mettre sous son aile et de me faire découvrir l’amour de la connaissance, de la langue française tout en m’invitant à découvrir le monde. Non seulement le monde qui m’entoure mais également ce qui allait devenir, et ce sous l’influence grandissante du web, le village  global.

C’est d’ailleurs grâce à mes nombreux blogues que je fis la connaissance d’une femme remarquable qui, tout comme moi, est passionnée par la nudité artistique. Une nudité saine, sans préjugé et dépourvue de vulgarité. Bref, une nudité libre de toutes ces faussetés véhiculées au sein de notre société à la recherche de sensationnalisme et d’obscénités de tout acabit.

Bref, nous avons décidé d’un commun accord de réaliser une séance photographique de nudité artistique où elle et moi serions les modèles nus pour toute la journée. Ce fut-là, et je l’affirme en toute sincérité, l’une de mes expériences les plus profitables puisque d’une part, ladite séance a eu lieu en banlieue de la ville de Québec, un endroit de villégiature où il fait bon de prendre le temps pour … prendre son temps. Que puis-je dire de la beauté de tous ces arbres qui nous offrirent leurs couleurs automnales aux teintes majestueusement diversifiées? Cette journée a été réellement magique sous tous les plans; la chaleur humaine de mon hôte, la beauté des lieux, l’excellence recherchée en toute quiétude ainsi qu’un respect absolu l’un envers l’autre.

La galerie d’art contemporain Du Belgo de Montréal

Galerie d'art contemporain Du Belgo
Galerie d’art contemporain Du Belgo

Cependant, je dois reconnaître que le summum de mon expérience en tant que modèle nu se trouve lors de mon exposition, oui le terme convient bien puisque j’expose mon corps nu comme si c’était une œuvre d’art, à la galerie d’art contemporain Du Belgo de Montréal. Cette séance a eu lieu dimanche le 19 octobre 2014. Que de gens extraordinaires! Que de talents incroyables! Que de générosité en ce monde! Voilà ce à quoi se résume mon expérience vécue à Montréal en cette journée.

Je souhaite rendre hommage à toutes ces personnes qui sont venues passer quelques heures pour découvrir un homme réellement heureux et fier de ce qu’il est sans prétention aucune. Un homme bien dans sa peau, dans sa masculinité et qui vit sa nudité sans aucune gêne. Toutefois, un remerciement va tout spécialement à madame Sophie D. pour son implication dans le bon déroulement de cette séance, et ce en tant que mon accompagnatrice officielle et ma photographe officielle. J’ai envers elle un grand respect et je lui dis merci du fond du cœur.

Bien entendu que le fait de me retrouver à Montréal durant mon séjour m’a fait revivre quelques souvenirs. Je pense ici à mes nombreuses opérations et au travail de réadaptation physique qui ont été somme toute bénéfiques pour votre humble serviteur. C’est le moins que l’on peut dire. N’est-ce pas?!

RollandJr St-Gelais
RollandJr St-Gelais

Conclusion

Pourquoi vouloir poser nu? J’ai été frappé par cette idée, un peu comme la conversion de Paul sur le Chemin de Damas, c’est-à-dire par un beau jour où je ne m’y attendais pas. Une journée comme toutes les autres où je passais mes journées à la bibliothèque de l’université Laval de Québec parcourant des livres ayant pour sujet l’eugénisme. 

Or, un ouvrage entre plusieurs m’a profondément bouleversé puisqu’il s’agit du premier livre à avoir exposé toute l’horreur commise par les nazis par la mise-en-application du plan T4. Ledit plan visait ni plus ni moins l’élimination systématique des personnes «indignes de vivre»; les sourds, les aveugles, les mal formés. En bref, il s’agit de ceux et de celles que l’on appelle de nos jours, les personnes vivant avec un handicap physique apparent. Qui plus est! Un tel plan servait de prélude à l’extermination des individus que la politique nazie qualifiait de «sous-hommes» selon leurs propres critères de perfection. Ce qui inclut grosso modo la quasi-totalité du genre humain. 

Comment ont-ils réussi à faire accepter l’idée qu’une telle politique eugénique et raciale pouvait être appliquée au sein d’une population somme toute chrétienne, et ce, toutes dénominations confondues? Ici, les arts visuels ont joué un rôle fondamental. Que ce soit par l’entremise de la peinture, de la sculpture, du dessin et surtout du cinéma, tout était utilisé pour promouvoir la perfection physique et la destruction purement et simplement des gens qui ne correspondirent pas à l’idéologie nazie. C’est ainsi que d’une part, les nazis développèrent des centres d’exposition sur la pureté du corps humain et, d’autre part, présentèrent une série de films-documentaires, voire ici de la propagande, pour dénoncer l’inutilité des coûts liés aux soins prodigués aux personnes invalides et implanter l’idée que le problème serait vite résolu en les éliminant, tout en voulant se donner une bonne conscience à l’idée que cela mettrait dans les faits un terme à des souffrantes jugées inhumaines. 

Je revoie dans ma tête les monstruosités commises à la suite de l’application d’une telle politique au sein même de la population. Il y a, à titre d’exemples, la stérilisation massive et forcée de milliers d’hommes et de femmes qui avaient commis le crime d’être différents du reste de la population. Ce qui incluait les enfants nés de mères allemandes et de pères noirs. Il y a aussi les premières chambres à gaz dans lesquelles j’aurais été sans aucun doute y finir mon existence si j’étais né en Allemagne durant cette période sombre de l’histoire. Est-il utile de vous rappeler que plusieurs documents semblent prouver que, contrairement à ce qui est annoncé, la Thalidomide ait été réellement mise-au-point dans certains laboratoires pharmaceutiques nazis? Bref, je ne pouvais pas rester  insensible après avoir lu cet ouvrage.

Oui, la politique a servi, et sert encore de nos jours, de tremplin pour faire la promotion de certaines idéologies. Ce qui est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit de systèmes dictatoriaux. Un vieil adage ne dit-il pas que la fin justifie les moyens? C’est ce qui semble ressortir de telles politiques : éliminer tout ce qui nous dérange et favoriser tout ce qui favorise nos intérêts. 

La lecture d’un tel document m’a fait revivre plusieurs de mes expériences personnelles : Mon envoie en catimini dans un centre pour enfants déficients intellectuels peu de temps après ma naissance, la demande incessante de la part des médecins auprès de mon père d’annoncer le décès de leur fils à sa femme, l’absence de la déclaration de ma naissance aux autorités fédérale et provincial compétentes. En réalité, la liste peut encore s’allonger. 

Fort heureusement, la lecture de ce livre a fait émerger en moi l’idée de vouloir poser nu, un peu pour répondre à ceux et celles qui, semblables aux nazis, voulurent me faire disparaître. Cependant, il y a aussi d’autres faits, que je juge être trop personnels pour être ici énumérés, qui ont aiguisé ma volonté d’être modèle vivant (nu), connu et reconnu. 

FIN 

Laisser un commentaire