Une question de pudeur

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Une question de pudeur

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous avez passé un bon congé de Pâques, et ce, que ce soit en famille, avec des amis ou bien seul. L’essentiel est d’avoir pu prendre quelques temps pour se vous ressourcer afin d’être prêts pour la saison estivale qui s’annonce tranquillement. Ici, au Québec, l’été s’annonce plutôt bien, trop bien même, lentement.

Aujourd’hui, je désire vous donner mon point-de-vue sur un sujet des plus délicats. Il s’agit, en l’occurrence, de la pudeur dans le domaine de la nudité artistique. Un tel choix m’est apparu plus que nécessaire suite à la perte de référence de la moralité qui semble se dégager au sein de la société actuelle. Une telle situation proviendrait de la prépondérance, il va sans dire néfaste voire pathologique, des nombreux sites pornographiques de plus en plus présents sur le web.

Une chose doit être comprise: la nudité artistique ne peut être, et ce en aucune occasion, liée de prêt ou de loin à une sexualité, disons-le franchement débridée, telle que l’on voit sur lesdits sites. Et pour cause! Le fondement de la profession de modèle nu se retrouve dans deux types de pudeur. Il s’agit primo, de celle que le modèle doit éprouver à l’égard de son propre corps mais aussi, secundo, dans les regards qu’ont les artistes avec qui le modèle travaille. Il va de soi que l’on ne peut soustraire la masculinité et la féminité du corps nu. Par contre, une telle réalité doit être décrite avec les mots, les termes et les modalités propres à la nudité artistique.

Voilà pourquoi il est préférable d’utiliser des termes précis afin d’une part, d’éviter une quelconque forme de vulgarité et d’autre part, de mettre l’emphase sur les émotions vécues tant du côté des artistes que celui du modèle nu. Je dirais même à la limite que le fait d’utiliser des termes liés au monde médical serait le plus approprié pour décrire les différentes parties du corps nu. C’est ainsi que l’on doit privilégier, à titre d’exemples, le mot « fessier » ou bien « postérieur » au lieu de … fesses. Il en est ainsi de buste au lieu de seins, surtout si cela se réfère au corps nu féminin.

Photo 3Cependant, le plus important concerne le sexe masculin proprement dit. Quel terme doit-on utiliser pour le décrire afin d’éviter toute allusion à la pornographie qui plus souvent qu’autrement renvoie une image très négative surtout de la femme en y incluant une forme plus ou moins avouée de violence à son égard. Ici, le mot pénis n’est pas celui qui convient le mieux car il renvoie de manière plus ou moins subtile à l’image précédemment décrite de la violence faite aux femmes. Il est donc préférable d’utiliser le mot «phallus» qui tire son origine du monde grec, berceau des arts mais aussi de la médecine en Occident.

Il en est ainsi du monde artistique puisque l’artiste doit regarder le corps nu de son modèle afin d’y déceler ce qui le rend si unique à ses yeux. Il ne s’agit certes pas d’y trouver une quelconque pathologie ou une difformité plus ou moins visible, mais plutôt de déterrer sous les multiples épaisseurs de peau, laquelle n’est en quelque sorte que l’habit de l’âme du sujet, l’essence même de la vie. Une vie heureuse?, moribonde?, précaire ou encore épanouie? C’est à l’artiste, et à lui seul, de le découvrir.  Quel est l’ultime moyen de la découvrir? Et bien, croyez-le ou non, c’est en respectant la pudeur propre à chaque individu qu’il est plus facile d’apercevoir les traces intérieures du vécu de la personne. Un vieil adage dit que «nos paroles peuvent mentir au monde entier, mais que notre corps nous trahisse tôt ou tard.» Il est donc préférable d’établir une limite entre ce que le modèle accepte de faire ou de ne pas faire et ce que l’artiste souhaite créer.

Tout ceci m’amène à vous parler d’un phénomène étrange lequel m’est apparu au fil de mon expérience. «Étrange» est bien le mot qui convient le mieux pour décrire la difficulté qu’ont la grande majorité des gens à dévoiler leur nudité alors qu’ils sont davantage enclins à raconter leurs secrets, parfois les plus intimes, sur les réseaux sociaux que l’on retrouve sur le web. C’est notamment le cas de Facebook, de Twitter et de Tumblr. Bien entendu qu’il en existe beaucoup d’autres. Toutefois, ces mêmes individus vivent une pudeur, que je qualifierais moi-même de maladive, face à leur corps.

Il va de soi que nous avons tous et toutes notre propre conception de la pudeur face à la nudité, la nôtre etPhoto 2 celle de «l’autre». J’ai demandé à mes amis de Québec ce qu’ils pensaient de la pudeur vis-à-vis de la nudité. Les réponses ont été aussi impressionnantes les unes que les autres. Fait intéressant à retenir, ce sont surtout des membres de la gente féminine qui ont eu la bienveillance de partager avec moi leurs opinions sur le sujet.  Selon ma grande amie Marlène, il semblerait que les hommes aient plus de facilité face à la nudité proprement dite que les femmes. Ces dernières seraient plus fragiles au plan émotionnel que leurs confrères masculins. Une telle fragilité est accrue de manière quasi-exponentielle par la crainte face aux esprits malsains sans oublier la possibilité de l’enfantement liée à leurs caractéristiques féminines. Tout ceci n’a qu’un seul but: le désir de protéger son intégrité tant physique que psychologique. Bien entendu que la notion du respect de soi-même et de la protection de sa réputation constituent aussi des éléments non-négligeables. Mais attention! Elle reconnaît qu’il faut être capable de respecter la personne qui a une notion, disons-le franchement, plus permissive de la pudeur. Comme on dit si bien: «Il faut de tout pour faire un monde.»

 Fait cocasse à retenir! Une de mes amies, prénommée Sophie et qui est aussi une artiste formidable, m’a avoué qu’elle est elle-même le genre de personne à raconter ses secrets, souvent les plus intimes, car malheureusement elle éprouve un grand  complexe à l’égard de son physique. Ceci vient-il confirmer mon raisonnement précédemment décrit? Peut-être si! Peut-être pas!

Selon mon amie Geneviève, qui est une artiste unique en son genre, je touche un sujet très sensible pour un grand nombre d’individus mais qui est néanmoins ancré dans le monde dit « actuel ». Voilà pourquoi qu’elle affirme avec justesse que «… nous somme tous un peu « voyeur » face aux corps des autres. Les gens se comparent souvent l’un à l autre puisque cela semble être notre nature aussi secrète qu’elle puisse être.»

Cependant d’un point-de-vue purement artistique, elle avoue d’emblée que le corps humain est la plus belle œuvre au monde. Par conséquent, il est primordial qu’on exploite sa beauté sous tous ses angles. Qui plus est!  Nous avons tous en quelque sorte notre façon de nous exhiber sous un angle que l’on peut qualifier d’acceptable. Ceci peut varier grandement selon les contextes. Par exemples, cela peut se manifester avec nos vêtements, les poses différentes que nous prenons sur les photos ou bien en public ou encore à la plage. Il y en a aussi des plus audacieux. Sous un note, un peu humoristique, elle avoue que même si certaines personnes se disent « choquées » par la nudité du modèle nu, elle est convaincue qu’au plus fond d’elles-mêmes, elles aiment regarder et ne se gênent nullement pour se comparer.

Bref, la pudeur est un élément fondamental non seulement dans le monde du modèle nu mais aussi dans toutes les sphères de la vie courante. Pas de pudeur! Pas de respect possible entre les individus. Pas de pudeur! Pas de nudité artistique qui soit digne de ce nom. Pas de pudeur! Pas d’humanité à proprement parler. Et vous?! Qu’en dites-vous?

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

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