Je t’aime comme tu es.

Je t’aime comme tu es.

« C’est parce que tu diffères de moi que je t’aime; je n’aime en toi que ce qui diffère de moi. »
de André Gide

Bonjour tout le monde,

J’ai eu une envie irrésistible de partager avec vous mon opinion sur un aspect de plus en plus présent au sein de la société. Toutefois, l’aspect auquel je fais référence dans cet article a une double particularité car d’un côté, l’hyper sexualisation dans les médias et, d’un autre côté, les mouvements féministes qualifiés d’extrémistes ont détruit la noblesse de la masculinité et de la féminité chez les individus, notamment chez le genre masculin. En effet, j’ai de plus en plus la certitude que l’image de l’homme moderne est tiraillée entre d’une part, celle d’un eunuque socialement castré par les mandarins du politiquement correct et, d’autre part, par celle d’un animal incapable de retenir ses pulsions. Il va de soi qu’une telle image est aussi, et c’est triste à dire, bien présente chez les membres de la gente féminine.

Selon moi, il serait plus que temps de remettre l’homme et la femme à la place qui leur convient; celle d’une humanité pleine et entière où des qualités telles que  la compassion, l’altruisme, la spiritualité et la reconnaissance de la sexualité chez l’autre existe, sans pour autant en faire l’apologie, font des êtres humains pleinement … humains. Il va de soi  que bien d’autres caractéristiques propres à l’humanité, est-ce vraiment le cas?, existent en chaque personne. Pourquoi alors vouloir à tout prix naviguer entre ces deux extrêmes que sont une castration psychologique ou encore une bestialité tout azimut de l’Homme? Entre vous et moi, il s’agit-là d’une tristesse incommensurable qui témoigne de la dangerosité dans laquelle nous sommes tous plus ou moins individuellement engagés.

Je t'aime tel que tu es.

Je t’aime tel que tu es.

La société n’a jamais été autant sexualisée qu’à notre époque. Or, qui dit sexualité dit aussi la possibilité d’entrer en relation avec le sexe opposé. (Un tel exemple n’a pour objectif de simplifier mes propos et ne veut être en aucune façon discriminatoire envers les membres de la communauté gaie et lesbienne dont plusieurs sont parmi mes plus fidèles amis et amies.) Et, pourtant, le nombre de gens célibataires n’a jamais été si élevé. Peur de se blesser? Crainte de déplaire à l’être aimé? Déresponsabilisation de l’individu? Désir de satisfaire ses besoins sexuels primaires au dépend d’entretenir une liaison amoureuse? Le culte de l’égocentrisme absolu? Toutes ses causes potentielles méritent ici d’être développées afin de cerner de manière adéquate les fondements mêmes de la destruction de la sexualité au sein de l’âme.

Les blessures amoureuses sont certes les plus tenaces à se cicatriser et, avouons-le, certaines personnes ne s’en remettent jamais. Le rejet de la part de l’être convoité est non seulement un affront à soi mais il est aussi la base sur laquelle notre conception de sa propre personne s’établira au fil des années. Suis-je vraiment si indésirable, si laid, si insignifiant et si indigne d’être aimé? Pourquoi a-t-elle choisi un autre que moi? Viennent s’ajouter à de telles interrogations celles qui concernent les relations amoureuses ratées. Et, croyez-moi sur parole, elles sont légions. Le nombre élevé de divorces en est une preuve indéniable.

La crainte de déplaire à l’être aimé est un facteur à ne jamais sous estimer. Il est un fait reconnu que nous avons la fâcheuse manie d’adopter des comportements qui ne reflètent en rien ce que nous sommes réellement une fois que nous devenons amoureux. C’est là une erreur monumentale puisque tôt ou tard notre vraie personnalité ressortira brisant ainsi l’image que l’être aimé se fait de nous. Ne dit-on pas « fuyez le naturel et il reviendra au galop »? Attention! Je n’ai jamais écrit qu’il nous est interdit de vouloir s’améliorer et, encore moins, de ne pas tenir compte des besoins de l’autre. Ce que je veux vous faire comprendre c’est qu’une relation amoureuse solide se bâtie avant toute chose sur une transparence totale où les différences doivent être d’abord vues, reconnues et acceptées de part et d’autre.

Autre élément de la représentation éhontée de la sexualité se retrouve dans la déresponsabilisation de l’individu non seulement à l’égard de l’être aimé mais aussi, vous ne s’y attendiez sûrement pas à çà, à lui-même. L’amoureux doit, tel un artiste devant son œuvre, être d’une franchise absolue envers ses capacités et ses lacunes, ses forces et ses faiblesses, ses rêves, ses objectifs et finalement ses craintes les plus intimes. Faire l’amour n’est pas, et n’a jamais été, synonyme de baiser. Chaque geste posé dans les moments les plus intimes a son importance et sa signification qui lui sont propres. Il est d’autant plus vrai que le fait d’accepter l’autre tant au plan physique qu’émotionnel, voir spirituel, demeure la pierre d’angle de la responsabilisation dans toute relation amoureuse.

Que puis-je affirmer du désir de satisfaire ses besoins sexuels primaires dans une liaison amoureuse? Tout simplement que chacun d’entre nous a le droit de satisfaire adéquatement ses satisfactions personnelles mais que ce droit ne peut en aucun cas se faire au détriment de l’être aimé. Malheureusement, il existe au sein de notre monde actuel, un mal des plus pernicieux qui brise la beauté de l’âme de chaque personne qui en est atteinte. J’ai nommé ; le culte de l’égocentrisme absolu.

L'autre n'est pas un object sexuel.
L’autre n’est pas un objet sexuel.

 

Loin de moi l’idée de condamner le droit que chacun d’entre nous a de faire son petit bonheur personnel surtout si  cela ne fait pas de tord à qui que ce soit. Après tout, la société de consommation a du bon puisque notre capacité de satisfaire quelques-uns de nos plaisirs s’est tout de même accru au fil des dernières années. L’époque où nous devions nous contenter d’une orange en guise de cadeaux de Noël est loin derrière nous.

Toutefois, les droits des uns s’arrêtent là où ceux des autres commencent. La femme a le droit inaliénable au respect de sa personne, de ne point être cataloguée comme de la vulgaire marchandise sexuelle ou autre, que son travail soit pleinement reconnu par un salaire basé sur l’équité et qu’elle ne soit en aucune façon exploitée. L’homme a aussi le droit à sa pleine masculinité, de ne pas être vu comme un simple pourvoyeur de fond, qu’il soit reconnu comme un être vivant aussi des émotions et qui possède une sensibilité à l’égard des êtres qui l’entourent. Il a le droit à démontrer sa virilité comme sa partenaire a aussi le droit de vivre sa capacité de plaire.

En résumé, l’homme et la femme doivent accepter de se compléter l’un et l’autre. Qu’ils n’ont jamais été l’ennemi l’un envers l’autre et que les images tant véhiculées au sein des sociétés occidentales doivent être revues sous un angle beaucoup plus réaliste. Qui est prêt à relever le défi?

Épilogue

Les photos que vous pouvez admirer dans le présent article m’ont fortement influencé dans ma rédaction. En effet, elles témoignent à elles seules de la complexité des rapports modernes qu’il y a entre les personnes de sexe opposé. Opposé? Je dirais plutôt « imbriqué » car, voyez-vous?, nous sommes tellement reliés les uns aux autres que le simple fait de faire perdre un caractère propre à un sexe en particulier, et ce pour le remplacer par celui d’un autre qui lui serait semblable à un corps étranger envahissant son hôte, amènerait tôt ou tard à la disparition de l’humanité toute entière.

C’est un pensez-y bien. N’est-ce pas?!

Rolland St-Gelais

Québec (Québec)

Canada

2 réflexions au sujet de « Je t’aime comme tu es. »

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